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Femmes dans le numérique : où sont-elles ?

La semaine dernière, je découvrais lors d’une compétition au MBA DMB, l’association Digital Ladies & Allies. A travers différentes actions, cette association lutte en faveur de la mixité dans le numérique. Jusque-là, je n’avais encore jamais pris conscience d’un problème : le numérique manque sérieusement de femmes. A l’heure où la transformation digitale prend de plus en plus d’ampleur pour la société et ses entreprises, comment se fait-il que les femmes n’en fassent toujours pas parties ? Des chiffres alarmants aux différents projets menés pour la mixité, voici pourquoi il y a si peu de femmes dans la tech et quelles sont les mesures requises pour y remédier.

Le constat : il n’y a pas assez de femmes dans le numérique

Avant de rentrer sérieusement dans le sujet, observons ces chiffres clés à propos des femmes et de la tech.

Les femmes et le numérique, les chiffres clés

Pourquoi il y a si peu de femmes dans le numérique ?

Le manque de profils féminins dans le secteur des technologies provient de différents facteurs. Mais il y en a deux principaux qui ont tendance à sortir du lot.

L’éducation des jeunes femmes

Le premier point qui n’incite pas les jeunes femmes à se diriger vers le numérique, c’est l’éducation. Selon Capital, à 11 ans, 72% des jeunes filles souhaitent exercer un métier dans les technologies. Pourtant, seulement 19% s’engage vraiment dans des études numériques à 18 ans. Il y a donc un premier manquement à l’adolescence. Aussi, il existe clairement un manque d’accès à l’information vis-à-vis des métiers et formations existants dans le secteur. Pourtant, l’adolescence est un moment clé pour ces jeunes filles à l’école, puisque c’est la période durant laquelle elles doivent déterminer le métier qu’elles souhaitent faire plus tard et donc faire leurs choix de formation après le bac.

Les stéréotypes du numérique

Un cliché qui perdure, ancré dans les esprits dès le plus jeune âge, c’est l’image du geek dans l’informatique. Le geek, c’est ce garçon qui se nourrit exclusivement de pizza et qui vit jour et nuit assis sur sa chaise de bureau, planté devant son ordinateur, à jouer aux jeux vidéo. Aussi, depuis les années 80 et l’apparition de l’ordinateur, on associe les métiers techniques aux hommes. Ainsi, certains pensent que les technologies et le numérique nécessitent des compétences pointues et se réservent donc aux hommes. Et ces croyances perdurent, à tel point qu’en 2020, elles sont encore ancrées dans l’esprit des femmes. Enfin, 7 femmes sur 10 déclarent avoir été victimes d’agissements sexistes. Ainsi, il n’est pas très surprenant que ces dernières excluent de nombreuses orientations dans la technologie.

Pourquoi le numérique a tant besoin de femmes ?

D’une part, parce que n’importe quelle entreprise qui commercialise des produits ou services à besoin de diversité au sein de son équipe, pour offrir une expérience client optimale. Sinon, cela voudrait dire qu’on envisage une société de consommation avec des produits uniquement pensés par des hommes alors que plus de la moitié des consommateurs sont des femmes selon le Journal du Net.

La diversité doit aussi être présente dans lintelligence artificielle. Et pour cause, seulement 12% des personnes travaillant dans ce secteur sont des femmes. Or, le but de l’IA est de coder des programmes ou des algorithmes qui remplacent le travail humain. Mais comment ce dernier ne peut-il pas être biaisé s’il est réalisé par plus de 80% d’hommes ?

Enfin, au sein des entreprises, une équipe mixte est bien plus performante et innovante puisqu’elle utilise sa diversité en termes de compétences, d’expériences, d’âge et de genre.

Quelles sont les actions à mettre en place pour que les femmes souhaitent exercer dans le numérique ?

Si l’on reprend le deuxième point avec les raisons pour lesquelles les femmes ne choisissent pas la voie du numérique, on retrouve l’éducation. Et c’est là tout l’enjeu de départ. On le sait, les clichés et préjugés apparaissent dès les plus jeunes âges chez les enfants. Le but est d’éduquer et de briser ces clichés le plus tôt possible chez les filles mais aussi chez les garçons. Ainsi, ils grandiront avec belle ouverture d’esprit au sujet du numérique et de la parité.

Ensuite, il faut mettre en places des programmes d’éducation dans toutes les écoles pour que les jeunes adolescentes, au moment de choisir leur carrière professionnelle, sachent que ce secteur passionnant existe et qu’elles ont toutes leurs chances d’y exercer leur futur métier.

Aussi, des campagnes de sensibilisation doivent être réalisées auprès des jeunes certes, mais aussi auprès des entreprises et des recruteurs. De cette manière, chaque entreprise peut s’engager à plus de parité dans son équipe et donc obtenir une image positive mais surtout, disposer d’une équipe performante et innovante.

Enfin, il existe de nombreux événements centrés sur le digital. Mais au cours de ces derniers, ce sont souvent des personnalités masculines qui interviennent pour évoquer leurs expériences. Des profils féminins doivent aussi être mis en valeur afin que les jeunes filles puissent s’identifier à certaines histoires et/ou situations. De cette manière, elles auront plus de faciliter à s’intéresser au secteur.

Vous l’aurez compris, on ne parle pas seulement de mixité dans le numérique, mais aussi de droit des femmes et d’égalité des genres. Aujourd’hui, de nombreuses associations s’engagent pour ces causes et de plus en plus de projets voient le jour. Selon une étude il faudrait encore 12 ans pour que l’égalité homme femme soit bien présente dans le numérique. Et si on réduisait ce chiffre ?

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La société numérique chinoise sous l’épidémie du Covid-19

À la fin du mois de décembre 2019, une épidémie soudaine a balayé la Chine et la lutte nationale contre l’épidémie a commencé. La prévention et le contrôle de l’épidémie ne sont pas seulement une bataille contre le Covid-19, mais aussi un test du niveau d’informatisation sociale. Les données épidémiques mises à jour quotidiennement affectent le cœur de tout le monde. Le Big Data, le cloud computing et les technologies numériques 5G ont des applications approfondies dans le flux actuel de surveillance du personnel, de suivi des patients, de déploiement, de matériel et d’autres domaines pour soutenir la recherche et le jugement de la situation épidémique et aider le gouvernement à prendre des décisions précises.

  • La numérisation des entreprises chinoises sous le Covid-19

À travers le pays, diverses entreprises de communication et de technologie ont pris des mesures pour utiliser la technologie de l’information au service de la prévention et du contrôle de l’épidémie.

Au Hubei, ZTE, Huawei et les trois principaux opérateurs se sont précipités pour aider Wuhan à construire le réseau 5G Xiao Tangshan de Wuhan en trois jours. La technologie de réseau double gigabit fibre 5G + a aidé des dizaines de millions de personnes à regarder simultanément la scène de la construction en ligne, permettant ainsi à des centaines de millions de superviseurs du cloud à travers le pays d’assister au miracle chinois. L’atterrissage accéléré du système de consultation à distance 5G + des robots médicaux intelligents escortera le personnel médical pour traiter les patients de manière plus sûre et plus efficace.

Le réseau 5G de l’hôpital Xiao Tangshan de Wuhan s’est achevé en trois jours pour aider les soins médicaux intelligents. Afin de tirer pleinement parti des avantages de la plate-forme Internet industrielle, Haier a lancé le 30 janvier une nouvelle plate-forme de collecte de ressources de partage d’informations sur le matériel médical épidémique de pneumonie infectée par un coronavirus. Fournir les garanties nécessaires pour l’appariement des matériaux antiépidémiques, de sorte que l’amarrage de l’approvisionnement en matériel médical de l’hôpital soit plus transparent, précis et opportun.

Le 3 février, le district de Lucheng, Wenzhou, a établi la première carte de combat numérique du pays, activé le système de prévention et de contrôle de l’épidémie et utilisé le cloud computing, les mégadonnées et d’autres technologies pour déployer et surveiller efficacement l’épidémie, et prévenir et contrôler scientifiquement l’épidémie de pneumonie causée par le coronavirus.

La flambée inattendue de l’épidémie a posé d’énormes défis à tous les horizons : comment trouver des opportunités à partir de la crise, et les entreprises ayant achevé leur transformation numérique face aux difficultés seront plus compétitives.

  • La numérisation financière sous l’épidémie

Dans le cadre de l’épidémie qui fait rage, les petites et moyennes entreprises subissent une forte pression sur la prévention et le fonctionnement de l’épidémie, et des problèmes tels que des difficultés de recrutement et de reprise du travail, une rotation difficile du capital, des audits comptables difficiles et le blocage de la divulgation des rapports annuels. Grâce à l’informatisation et à la technologie numérique, les entreprises disposent d’un équipement plus sophistiqué. Le service financier utilise le Financial Shared Service Center comme plate-forme pour réaliser une interconnexion complète en ligne et en temps réel, de la collecte de données au niveau de l’entreprise au traitement et à l’analyse au niveau financier, et promouvoir davantage du développement de l’automatisation financière et de la numérisation.

Pour les employés, réaliser un modèle de remboursement mobile et dématérialisé. Pour les fournisseurs, réaliser la confirmation de commande en ligne, la vérification des revenus, le rapprochement collaboratif, l’émission de factures électroniques et le règlement basé sur des plateformes de collaboration fournisseurs. Pour les clients, en ligne Réception de commandes, confirmation d’expédition, facturation en sortie et mise en correspondance intelligente des collections. Pour la fiscalité, les contribuables peuvent utiliser de nouveaux modèles de traitement fiscal tels que le bureau fiscal électronique, l’application mobile de traitement fiscal et la vidéo à distance intelligente pour réaliser l’automatisation et la numérisation de la gestion fiscale.

Sous l’épidémie, l’automatisation, l’intelligence et les capacités d’exploitation des entreprises numériques de la Chine assurent non seulement le fonctionnement stable et ordonné de l’économie sociale, mais favorisent également le fonctionnement efficace et conforme des entreprises. En tant que département central de la gestion des informations d’entreprise, les finances doivent aider les entreprises et leurs parties prenantes à établir une gamme plus large de connexions numériques, à réaliser une interconnexion complète en ligne et en temps réel de la transmission et du traitement des données et à mener à bien le changement papillon de la protection de la valeur à la création de valeur. Les services financiers partagés fournissent des conditions préalables à la transformation financière. Grâce à la réingénierie des processus et à l’innovation technologique, ils peuvent jouer un rôle efficace dans la réduction des coûts, la conformité et le contrôle interne, la gestion des risques et la promotion du changement.

Si vous souhaitez en apprendre plus sur la numérisation de la Chine, je vous propose à lire ci-dessous,

  1. http://www.etourisme.info/gestion-de-la-crise-sanitaire-lexperience-chinoise/
  2. http://www.slate.fr/story/186815/coronavirus-chine-wuhan-gestion-crise-sanitaire-reaction-autorites-parti-communiste-chinois
  3. https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/03/09/le-coronavirus-accelere-la-numerisation-de-la-chine_6032383_3234.htm

Je vous invite également à lire cet article, si vous voulez découvrir plus de l’information sur la transformation numérique.

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Retour en force des Anonymous : comment le collectif a refait parler de lui ces dernières semaines ?

Vous aviez peut-être oublié leur existence mais les Anonymous sont bel et bien de retour et ont décidé de se faire entendre. C’est suite au terrible meurtre de Georges Floyd, qui a provoqué une vague de manifestions aux Etats-Unis, que le mystérieux groupe d’activistes ressurgit en soutien au mouvement Black lives Matter. Après des années de silence, ils frappent un grand coup, vendredi 29 mai, en publiant une vidéo dédiée à la police de Minneapolis : « Nous exposerons vos nombreux crimes au monde entier ».

Un collectif qui fascine

Comment définir les Anonymous ? Geeks activistes ou hackers anarchistes, les membres du collectif se présentent comme des défenseurs du droit à la liberté d’expression, et utilisent leurs compétences en informatique dans un but généralement contestataire. Né il y a une douzaine d’années, le groupe s’est d’abord fait connaitre en lançant des attaques informatiques très efficaces contre les organismes de paiement qui bloquaient les dons au site WikiLeaks. Puis, ils ont acquis leur renommé avec le projet Chanology, une série d’attaques informatiques contre l’Eglise de scientologie qui a entrainé des manifestations pacifiques dans plusieurs villes réparties dans le monde.

 Insaisissable, le mouvement intrigue car il est capable, malgré son anonymat, de faire trembler les plus grandes puissances mondiales, tout en étant dispersé aux 4 coins du monde. Entre le fantasme de la cyberculture et de la lutte sociale, ils sont reconnaissables par le fameux Masque de Guy Fawkes, une voix trafiquée et une devise scandée d’un ton menaçant : « Nous sommes Anonymous. Nous sommes légion. Nous ne pardonnons pas. Nous n’oublions pas. Redoutez-nous ».

Les cibles sont diverses : le klu klu, les régimes autoritaires, les organisations terroristes… Ils refont surface aujourd’hui en menaçant la police de Minneapolis suite à la mort de Georges Floyde. 

Un retour remarqué

Depuis le 25 mai et la mort de George Floyd, tué par des policiers à Minneapolis, les Etats-Unis connaissent de violentes manifestations sous le mouvement Black Lives Matter qui lutte contre les violences policières. C’est ce moment qu’a choisi le collectif pour son grand retour. Le 29 mai, une vidéo de menaces est publiée sur Facebook : un homme, portant le masque emblématique du mouvement Anonymous, s’adresse directement à la police de Minneapolis et l’accuse d’avoir un « bilan horrifique de violence et de corruption », et conclut « Malheureusement, nous n’avons pas confiance en votre organisation corrompue pour rendre justice, alors nous montrerons vos nombreux crimes à la face du monde. Nous sommes légion. ».

La vidéo a très vite atteint 3 millions de vues avant même d’être repartagée sur d’autres réseaux. Quelques instants après, le site Web de la police de Minneapolis a cessé de fonctionner. Même si aucune revendications n’a encore été communiquée, beaucoup attribue ce hacking aux Anonymous, d’autant plus qu’une fuite de mots de passe, intervenue le lendemain de la vidéo, semble également venir du collectif.

Depuis ces actions remarquées, le groupe n’a pas refait parler de lui, mais rien n’indique que ces menaces ne seront pas suivies d’actes dans les semaines qui arrivent. Ce retour a malgré tout ranimé l’écosystème geek, et est devenu le sujet de conversation principal sur les réseaux sociaux pendant plusieurs jours.

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La parité digitale n'attends pas

2120

Selon un rapport récent il faudrait attendre un siècle avant d’atteindre la parité entre les hommes et les femmes. A l’approche de la Journée de la Femme du Digitale, la JFD lance sa campagne de sensibilisation en faveur de la parité dans le numérique : « JFD 2120 la parité n’attend pas ». L’occasion de faire le point sur les premières avancées des entreprises signataires du JFD Manifeste.

Vous pouvez lire l’intégralité de mon article sur la parité digitale sur mon profil Linkedin.

D’autres articles du blog traite de la parité dans le digital #WomenInTech :

Bonne lecture

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Infographie : Comprendre le scandale Facebook – Cambridge Analytica

[Infographie] Comprendre le scandale Facebook – Cambridge Analytica

scandale-facebook-cambridge-analytica


Dans le cadre de mon MBADMB, j’ai choisi de rédiger ma thèse professionnelle sur le sujet du big data électoral. Quelle meilleure entrée en matière qu’une infographie sur le scandale Facebook – Cambridge Analytica pour y voir plus clair sur le scandale qui a secoué la sphère politique en 2018 ?

Découvrir l’infographie.

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L’après-coronavirus : Vers une surveillance généralisée ?

Aujourd’hui l’heure est à la lutte contre le coronavirus, et l’urgence de la situation nous fait accepter toutes les mesures sécuritaires sans trop poser de questions. Nos données personnelles sont donc mises à contribution : suivi de notre géolocalisation, vidéosurveillance généralisée, la France a même fait savoir qu’elle réfléchissait à « l’opportunité de la mise en place d’une stratégie numérique d’identification des personnes ayant été au contact de personnes infectées ». Mais après la crise, la vie privée va-t-elle reprendre ses droits, ou ces mesures vont-elles durer dans le temps ? 

Quelle utilisation de nos données dans le cadre du coronavirus ? 

C’est d’abord en Chine, souvent critiquée pour son système de surveillance citoyenne, que l’analyse de données personnelles a été mis à profit dans la lutte contre le coronavirus. 

“Utilisez les données pour surveiller, identifier (les cas) prioritaires et prévoir efficacement l’évolution de l’épidémie en temps réel”, a ordonné mardi 4 février la Commission nationale de la santé aux gouvernements locaux. “Il faut renforcer le partage d’information entre (…) la sécurité publique, les transports, et les autres administrations”

Dans ce but, le dispositif le plus massivement utilisé a été la géolocalisation des smartphones, afin de détecter et reconstituer les déplacements des personnes, et avertir les populations susceptibles d’avoir été exposées au virus. Les principaux opérateurs ont donc fourni aux autorités de santé les données de localisation de leurs utilisateurs ayant transité par les provinces infectées, au début de la crise. 

Puis le smartphone est progressivement devenu, grâce à la multitude de données générées, l’indicateur de l’état de santé de son propriétaire. Le système de paiement mobile Alipay, utilisé par 900 millions de Chinois, permet désormais d’évaluer le statut sanitaire de son utilisateur, en fonction des contacts et des déplacements de son utilisateur. Ainsi, les géants chinois Alibaba et Tencent ont été sollicités pour mettre au point un nouveau système de QR code basé sur différentes couleurs dans l’optique de suivre l’état de santé des Chinois, et qui permet de passer les différents barrages si ce denier est satisfaisant. 

Des technologies de reconnaissance faciale, dotée de caméras thermiques, sont également mis en place (plus que ça ne l’était déjà) dans les espaces publiques, pouvant contrôler plus de 200 personnes par minute. 

Des populations inquiètes pour leur vie privée

Les populations mais également des ONG s’inquiètent des conséquences de cette crise sur la vie privée. D’après l’une d’entre elles, Electronic Frontier Foundation,

Ces pouvoirs pourraient “envahir notre vie privée, réduire la liberté d’expression et peser lourdement sur les groupes vulnérables”, continue-t-elle. “Les autorités doivent prouver que de telles mesures sont efficaces, scientifiques, nécessaires et proportionnées”.

Jusqu’à l’Elysée, où Emmanuel Macron réfléchit aux côtés du CARE (Comité Analyse Recherche et Expertise) à la mise en place de mesures du suivi des déplacements pour endiguer l’épidémie. Cette pratique se nomme « backtracking » et consiste à remonter les déplacements de personnes contaminées et suivre les contacts entre les personnes, comme avec l’appli CoronApp.

Des questions se posent alors : ces données seront-elles anonymisées ? Combien de temps seront-elles conservées ? Ce dispositif prendra-t-il fin en même temps que l’épidemie ? Il semble trop tôt pour répondre à ces questions, mais des associations préfèrent avertir :

Les données de localisation ne peuvent être collectées sans le consentement des personnes que pour lutter contre les infractions (et seulement les crimes les plus graves, d’après les juges de l’UE) et non pour lutter contre la propagation d’un virus »

Quadrature du Net

Le respect de la vie privée est donc un enjeu considérable en temps de crise. Même si le Comité Européen de la Protection des Données a fait savoir que le RGPD permettait aux autorités sanitaires d’utiliser les données personnelles dans le contexte d’une épidémie, certains ne manquent pas de rappeler que lorsque des mesures d’urgence, souvent contraignantes, sont adoptées, elles ont tendance à s’étirer dans le temps.

Conséquence : les autorités commencent à se sentir à l’aise avec un nouvel instrument de pouvoir. Puis, arrive le moment où l’urgence initiale passe : le coronavirus a disparu, le terrorisme n’est plus un problème majeur, etc. C’est alors que les gouvernements commencent à trouver de nouvelles applications, de nouvelles utilisations pour cet instrument de pouvoir. Ils se mettent alors à réfléchir à des moyens de ne pas l’abandonner, d’en faire un outil permanent, ce, même s’il faut voter des lois.

Edward Snowden

Ce fut le cas des USA en 2005 : un vote a rendu quasi-permanentes les dispositions sécuritaires prises suite aux attentas de 2001, quoique intrusifs pour la vie privée des américains. Aujourd’hui, les contrôles renforcés aux aéroports, ou la fouille de sacs en lieux publics ne choquent plus personne, et c’est bien ce qui effraie les défenseurs de la vie privée.

L’humanité se retrouve face à un dilemme insolvable. La pandémie est telle qu’il faut se servir de tous les moyens à notre dispositions pour la contrer. Mais doit-on pour autant limiter les libertés individuelles et se servir des données personnelles de chacun de façon pérenne ? L’histoire nous prouve que les évènements d’une telle ampleur changent le monde sur le long terme et donnent naissance à de nouvelles pratiques, cette crise suivra-t-elle le même chemin ?

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Carte d'identité nationale électronique (CNIE)

Une nouvelle carte d’identité à partir d’août 2021

La France va déployer à partir d’août 2021 la carte nationale d’identité électronique (CNIe). C’est le règlement européen du 20 juin 2019 qui impose cette date butoir aux pays européens. Cette nouvelle carte d’identité aura un format carte bancaire. Elle contiendra une puce sans contact dans laquelle il y aura une photo et deux empreintes digitales, tout comme le passeport biométrique.

Comparaison des CNI

Cette carte d’identité électronique permettra l’accès à de nombreux services publics et privés en ligne. Grâce à une authentification numérique, les Français pourront déposer plainte, effectuer les démarches liées à l’état civil, … Cette carte viendra compléter le dispositif existant France connect (12 millions d’utilisateurs).

Finalement, cette carte d’identité sera valable pour les authentifications physiques et numériques. Cela semble important dans un monde en pleine révolution digitale où la dématérialisation des procédures administratives grandit de manière exponentielle.

Un système pas si nouveau

La France ne sera pas le premier pays à mettre en place ce type de cartes. En effet, de nombreux pays en utilisent déjà : Allemagne, Belgique, Espagne, Italie, Luxembourg ou Portugal. En général, les retours des citoyens sont positifs. Certains récalcitrants y voient cependant une menace potentielle pour les droits civiques et le respect de la vie privée. D’autres individus doutent de la sécurité du dispositif.

En France, certains professionnels utilisent déjà cette technologie : magistrats, greffiers, gendarmes, … Mais l’objectif est ici de le généraliser à tous les Français.

Ce système permettra notamment de lutter contre l’usurpation d’identité. En effet, l’authentification sera plus sécurisée car double : d’une part il faut avoir la carte en sa possession, d’autre part il faut entrer un code confidentiel. Cette carte protégera également les données personnelles des citoyens.
En Belgique par exemple, les citoyens peuvent savoir qui a accédé à leurs données personnelles en toute transparence. Ainsi, dès qu’un fonctionnaire de l’administration accède au Registre national des données belge, cela est consigné. Le citoyen peut dans les 6 mois suivants connaître l’identité, le lieu de travail et la date de connexion du fonctionnaire en question.

Covid-19 & Municipales 2020 : une carte d’identité qui aurait pu être utile

En France, le 2nd tour des élections municipales devait se dérouler ce week-end. Dimanche dernier de nombreux citoyens se sont abstenus. Cette abstention record s’explique notamment par la crise sanitaire que nous traversons avec le Coronavirus.

Au lieu de reporter le 2nd tour, nous pouvons regretter l’absence de vote par Internet pour de telles élections. Ce type de vote pourrait en effet être une solution contre l’abstention et les risques de contamination.

Sondage vote par internet 2011
Sondage vote par Internet 2015

Attention, il ne faut pas confondre le vote par internet, préconisé ici, et vote électronique. Dans le premier cas, il s’agit d’un vote à distance. Dans le second cas, il s’agit pour le citoyen de se déplacer en bureau de vote et de voter à l’aide d’une machine. Ce type de vote est encore moins recommandé en ce moment (risque de transmission de la maladie).

Afin d’éviter toute fraude électorale et garantir les résultats de l’élection, la carte d’identité électronique pourrait constituer un moyen de s’identifier de manière sûre.

L’Estonie : une identité électronique qui facilite la vie

Un pays est en avance en la matière : l’Estonie. Ce pays est d’ailleurs surnommé « e-Estonie ». En effet, depuis la chute de l’URSS, l’Estonie, devenue indépendante, a tout misé sur le numérique pour plus d’efficacité et d’économies. Le pays est donc la référence mondiale du tout-numérique. Là-bas, il est possible de voter en ligne, mais aussi de créer son entreprise, de payer ses impôts, d’obtenir ses résultats scolaires ou ses ordonnances … en ligne. À l’exception des mariages, des divorces et des achats immobiliers, toutes les démarches administratives se font en ligne aussi bien pour les démarches avec les services publics qu’avec les entreprises privées. Toutes ces démarches sont effectuées à l’aide d’une carte d’identité électronique dont les Estoniens sont tous munis. Cela est synonyme de moins de paperasserie et de bureaucratie et donc cela représente au final un important gain de temps.

Il est à noter que l’Estonie a signé un accord de coopération avec la France. Celui-ci a pour objectif de collaborer entre les startups et les incubateurs des deux pays.

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Si les GAFAM sont le berger, suis-je le mouton ?

« Je suis perdu sans mon iPhone »

« Alexa, il fait quel temps demain ? »…

Ils nous facilitent la vie et pour y parvenir tout est permis : de la manipulation de nos biais cognitifs à l’analyse de nos actes d’achat en passant par une cartographie de notre réseau d’amis. 

Résultat : si j’étais plutôt bête hier et bah je le serai plus demain !!!

Qui sont ces bergers ?

On les appelle aussi les géants du numérique.

« Géants » et pour cause, voici leur capitalisation boursière au 18 janvier 2020 :

capitalisation boursiere des gafam et des batx avec le pays de rattachement

A titre de comparaison, voici les capitalisations boursières d’anciens ténors des indices boursiers que sont les entreprises pétrolières :

  • Exxon Mobil (USA) => 295 099 MUSD
  • PetroChina (Chine) => 10 433 MUSD

De quoi est composé le bâton de berger ?

Un berger a besoin d’un bâton, un géant du numérique a besoin de données.

Et des données, nous en produisons de plus en plus. Autrefois, sous forme de textes, puis d’images, actuellement sous forme de vidéos et demain via la voix.

l'explosion des data à venir

Pourquoi s’intéresser aux données ?

Car ils représentent qui nous sommes d’un point de vue factuel (sexe, âge, taille, poids, nationalité…) mais surtout ce que nous pensons. Elles sont l’émanation la plus concrète de notre vie virtuelle et du personnage que l’on se crée bon an mal an.

Les data sont un produit de notre cerveau, nous réfléchissons, nous vivons et nous produisons de la data… derrière nos écrans. L’idée non avouée pour les géants du numérique ne serait-elle pas de remonter jusqu’au cerveau ? Pour nous dire quoi penser !

Une fois parvenu au cerveau, on peut craindre une homogénéisation des data émises par l’ensemble de la population. Une population lobotomisée…

Aujourd’hui je joue au Sims et demain je serai un Sims…

Via la maitrise de nos biais cognitifs, les géants du numérique pourront établir notre jauge de bonheur en temps réel.

maison dans les sims 3 avec les jauges de suivi

Le New York Review of Books en avril 2017 rapportait que Daniel Kahneman a donné une master class sur le sujet en 2007 et 2008… à un public composé notamment de Jeff Bezos (Amazon), Larry Page (Google), Sergey Brin (Google), ­Nathan Myhrvold (Microsoft), Sean Parker (Facebook), Elon Musk (Space X, Tesla), Evan Williams (Twitter) et Jimmy Wales (Wikipedia)…

https://start.lesechos.fr/actus/digital-technologie/temps-de-cerveau-disponible-la-resistance-aux-gafa-s-organise-11106.php

N’est-ce pas là une volonté de contrôle inscrit dans les gênes des hommes ?

A travers cet or noir du XXIème siècle qu’est la data, les GAFA veulent le pouvoir. Pour y parvenir, rien de tel que contrôler ce que pense la population. Un grand classique !!!

On appelle ça de la propagande.

“ Le dialogue, relation des personnes, a été remplacé par la propagande ou la polémique, qui sont deux sortes de monologue “ Albert Camus

« L’opinion publique se fabrique et ceux qui veulent participer à sa formation endossent une responsabilité colossale vis-à-vis de la nation et du peuple entier » Joseph Goebbels

Steve Jobs Was a Low-Tech Parent

Les responsables des GAFA interdisent à leurs enfants les écrans. C’est un comble ? Comme si les responsables de Monsanto interdisaient à leurs enfants d’utiliser du roundup, mais voyons le produit est génial !!!

C’est le New York Times qui a révélé cette supercherie en 2014.

La féminisation est-elle le salut de l’Homme ?

Une chose est sûre, le monde du digital des USA à la Chine est masculin.

sexe et identité des ceo au sein des gafam des natu et des batx

Sans passer d’un extrême à l’autre, la juste voie se trouve entre les deux. La mixité sous tous ses angles (sexe, âge, culture…) est une clé de la réussite évidente dans les chiffres et si difficile à mettre en place. Cela signifie de renverser les codes du pouvoir actuel, de promouvoir les talents en fonction de leur unique valeur. Pour cela, les actuels puissants vont devoir apprendre à lâcher du pouvoir. Les femmes seront peut-être alors le salut de l’Homme.

D’après Viviane de Beaufort, professeure à l’Essec, fondatrice des programmes Women Essec et experte en gouvernance : « Les femmes se montrent particulièrement sensibles au droit et à l’éthique ».

Et donc ?

Vous êtes maintenant sensibilisé au rôle de berger des géants du numérique, à vous de choisir si vous souhaitez suivre le troupeau ou vivre en marge mais libre de penser par vous-même.

https://www.nationalgeographic.fr/sciences/2019/05/qui-profite-le-big-data


Dans cette idée que la société et les moeurs changent, Célian Maille aborde dans son article de décembre 2019 la place de l’IA dans la sphère politique au plus haut niveau de responsabilité.

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Toyota lance la ville d’après demain.

Ah 2020 ! Vous pensiez pouvoir vous déplacer en voiture volante ? Au lieu de ça, certains constructeurs automobiles annoncent seulement la sortie de leur première voiture 100 % électrique. C’était sans compter sur Toyota et son annonce au CES 2020 ! La marque Japonaise a pour projet de construire une ville autonome au pied du mont Fuji.

ville autonome toyota

Woven city (la ville tissée), sera habitée par 2 000 volontaires triés sur le volet, parmi eux figurent des employés de Toyota Motors Corporation et leurs familles, des couples de retraités, des commerçants, des scientifiques en visite et des partenaires industriels. Ces derniers vivront sur 71 hectares de technologies. En effet, les habitants feront passer ce laboratoire technologique au statut de laboratoire vivant. Une ville ne peut être qualifiée comme telle s’il n’y a pas d’âmes pour l’animer. Enfin, toutes les personnes, les véhicules et les bâtiments de la ville seront connectés et pourront communiquer entre eux.

ville autonome toyota

La cité sera alimentée uniquement par des panneaux solaires et des piles à combustible, elle est donc écologique et autosuffisante. Cette ville sera le laboratoire de l’intelligence artificielle, de la mobilité humaine, de la robotique, de la science des matériaux, des énergies renouvelables… De ce fait, elle permettra de nombreuses évolutions (ou révolutions) dans de multiples domaines scientifiques. Seules les voitures « zéro émission » seront autorisées à la circulation, les réfrigérateurs se réapprovisionneront automatiquement et les poubelles se jetteront toutes seules (non ce n’est pas le scénario d’un nouvel épisode de Black Mirror). Les habitations seront principalement en bois et équipées des dernières technologies d’aide à domicilie. Enfin, la santé des résidents sera analysée en temps réel par une IA basée sur des capteurs, ce qui évitera aux habitants de consulter Doctissimo à 1h32 et de se faire des frayeurs.

ville autonome toyota

« Construire une ville entière à partir de zéro, même à une petite échelle comme celle-ci, est une opportunité unique de développer des technologies futures, y compris celle d’un système d’exploitation numérique pour l’infrastructure de la ville » a déclaré dans un communiqué Akio Toyota, le président de Toyota. Le début des travaux est prévu pour début 2021.

Sur le plan technologique cette ville nous fait rêver et nous redonne espoir pour l’arrivée de nos voitures volantes ! Sur le plan humain, la surveillance permanente des habitants et la data récoltée grâce aux outils déployés fera-t-elle l’unanimité ?

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Woven City : la ville futuriste nipponne de Toyota


Il y a quelques jours, Toyota Motor Corporation a dévoilé son projet visionnaire de ville intelligente, “Woven City“. Le concept : créer un “laboratoire vivant“ afin d’y tester les technologies du futur. Véritable incubateur urbain, cette smart-city devra faciliter le quotidien ainsi que la mobilité des habitants. Et cela de manière éco-responsable et sans émission. Plutôt prometteur…

Mais alors, à quoi cette ville utopique va-t-elle ressembler ?

Réponse dans mon article Linkedin…