Une nouvelle carte d’identité à partir d’août 2021

La France va déployer à partir d’août 2021 la carte nationale d’identité électronique (CNIe). C’est le règlement européen du 20 juin 2019 qui impose cette date butoir aux pays européens. Cette nouvelle carte d’identité aura un format carte bancaire. Elle contiendra une puce sans contact dans laquelle il y aura une photo et deux empreintes digitales, tout comme le passeport biométrique.

Comparaison des CNI

Cette carte d’identité électronique permettra l’accès à de nombreux services publics et privés en ligne. Grâce à une authentification numérique, les Français pourront déposer plainte, effectuer les démarches liées à l’état civil, … Cette carte viendra compléter le dispositif existant France connect (12 millions d’utilisateurs).

Finalement, cette carte d’identité sera valable pour les authentifications physiques et numériques. Cela semble important dans un monde en pleine révolution digitale où la dématérialisation des procédures administratives grandit de manière exponentielle.

Un système pas si nouveau

La France ne sera pas le premier pays à mettre en place ce type de cartes. En effet, de nombreux pays en utilisent déjà : Allemagne, Belgique, Espagne, Italie, Luxembourg ou Portugal. En général, les retours des citoyens sont positifs. Certains récalcitrants y voient cependant une menace potentielle pour les droits civiques et le respect de la vie privée. D’autres individus doutent de la sécurité du dispositif.

En France, certains professionnels utilisent déjà cette technologie : magistrats, greffiers, gendarmes, … Mais l’objectif est ici de le généraliser à tous les Français.

Ce système permettra notamment de lutter contre l’usurpation d’identité. En effet, l’authentification sera plus sécurisée car double : d’une part il faut avoir la carte en sa possession, d’autre part il faut entrer un code confidentiel. Cette carte protégera également les données personnelles des citoyens.
En Belgique par exemple, les citoyens peuvent savoir qui a accédé à leurs données personnelles en toute transparence. Ainsi, dès qu’un fonctionnaire de l’administration accède au Registre national des données belge, cela est consigné. Le citoyen peut dans les 6 mois suivants connaître l’identité, le lieu de travail et la date de connexion du fonctionnaire en question.

Covid-19 & Municipales 2020 : une carte d’identité qui aurait pu être utile

En France, le 2nd tour des élections municipales devait se dérouler ce week-end. Dimanche dernier de nombreux citoyens se sont abstenus. Cette abstention record s’explique notamment par la crise sanitaire que nous traversons avec le Coronavirus.

Au lieu de reporter le 2nd tour, nous pouvons regretter l’absence de vote par Internet pour de telles élections. Ce type de vote pourrait en effet être une solution contre l’abstention et les risques de contamination.

Sondage vote par internet 2011
Sondage vote par Internet 2015

Attention, il ne faut pas confondre le vote par internet, préconisé ici, et vote électronique. Dans le premier cas, il s’agit d’un vote à distance. Dans le second cas, il s’agit pour le citoyen de se déplacer en bureau de vote et de voter à l’aide d’une machine. Ce type de vote est encore moins recommandé en ce moment (risque de transmission de la maladie).

Afin d’éviter toute fraude électorale et garantir les résultats de l’élection, la carte d’identité électronique pourrait constituer un moyen de s’identifier de manière sûre.

L’Estonie : une identité électronique qui facilite la vie

Un pays est en avance en la matière : l’Estonie. Ce pays est d’ailleurs surnommé « e-Estonie ». En effet, depuis la chute de l’URSS, l’Estonie, devenue indépendante, a tout misé sur le numérique pour plus d’efficacité et d’économies. Le pays est donc la référence mondiale du tout-numérique. Là-bas, il est possible de voter en ligne, mais aussi de créer son entreprise, de payer ses impôts, d’obtenir ses résultats scolaires ou ses ordonnances … en ligne. À l’exception des mariages, des divorces et des achats immobiliers, toutes les démarches administratives se font en ligne aussi bien pour les démarches avec les services publics qu’avec les entreprises privées. Toutes ces démarches sont effectuées à l’aide d’une carte d’identité électronique dont les Estoniens sont tous munis. Cela est synonyme de moins de paperasserie et de bureaucratie et donc cela représente au final un important gain de temps.

Il est à noter que l’Estonie a signé un accord de coopération avec la France. Celui-ci a pour objectif de collaborer entre les startups et les incubateurs des deux pays.