Article écrit par Alice Ung
Les entreprises sont confrontées à un paradoxe : comment innover avec des technologies toujours plus puissantes comme l’intelligence artificielle générative, tout en limitant leur empreinte environnementale et en respectant leurs engagements RSE ?
Ces questionnements, au croisement de l’innovation et de la responsabilité, ont été le point de départ de ma thèse professionnelle au MBA DMB : « IA (générative) et numérique responsable : comment peuvent-elles être des leviers dans les stratégies RSE des entreprises ? »
À travers cet article, je souhaite partager les raisons qui m’ont poussée à explorer ce sujet, les principaux enjeux que j’ai identifiés et les axes de réflexion qui ont guidé mes recherches.
Pourquoi s’intéresser à ce sujet ?
Le numérique représente aujourd’hui 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, avec une trajectoire de croissance qui pourrait doubler d’ici 2030. L’essor de l’IA générative comme comme ChatGPT accélère l’adoption de nouveaux usages et questionne les limites environnementales et éthiques.
Lors du Sommet mondial de l’IA ou du salon Viva Technology 2025, j’ai constaté combien ces thématiques devenaient centrales dans les stratégies d’innovation.
Mon intérêt est né de ce constat :
👉 L’IA et le numérique responsable ne sont pas des sujets séparés, mais deux leviers qui peuvent – ou doivent – être pensés ensemble.
👉 La capacité des entreprises à articuler ces enjeux conditionnera leur performance, leur attractivité et leur crédibilité.
Quels enjeux soulève cette problématique ?
Au fil de mes lectures, échanges et observations, plusieurs enjeux clés se sont imposés :
1️⃣ L’impact environnemental de l’IA générative
- L’entraînement d’un grand modèle de langage consomme des ressources considérables : GPT-3 aurait nécessité 552 tonnes de CO2, soit l’équivalent de 125 voitures sur un an (UMass Amherst).
- La généralisation de ces usages accentue la pression sur les data centers, déjà pointés dans mon infographie dédiée.
2️⃣ Les attentes des parties prenantes
- Les collaborateurs, les investisseurs et les clients attendent des engagements concrets.
- Selon Capgemini, 61 % des entreprises considèrent le numérique responsable comme un levier d’attractivité employeur.
3️⃣ L’équilibre entre performance et responsabilité
- L’IA peut être un levier de RSE si elle est utilisée pour optimiser les consommations, automatiser les reportings ESG ou développer des services plus sobres.
- Mais elle peut aussi devenir un alibi de modernité s’accompagnant d’un effet rebond.
Ces constats se retrouvent dans plusieurs de mes articles précédents, comme Impact écologique du digital et IA : entre hype, dérives et illusions.
Les principaux axes de ma recherche
Pour explorer cette problématique, j’ai choisi d’articuler mon étude autour de quatre grands axes :
✅ Axe 1 – Les représentations et perceptions
- Comment les décideurs perçoivent-ils les opportunités et les risques ?
- Quels discours émergent autour de la sobriété numérique et de l’IA responsable ?
✅ Axe 2 – Les enjeux éthiques et réglementaires
- Comment concilier innovation et conformité ?
- Quelles sont les attentes portées par les nouvelles réglementations (CSRD, Green IT, etc.) ?
✅ Axe 3 – Les leviers opérationnels
- Quelles pratiques concrètes permettent de réduire l’empreinte numérique ?
- Quelles méthodes d’évaluation et d’éco-conception peuvent accompagner les projets IA ?
✅ Axe 4 – Les perspectives stratégiques
- Peut-on considérer l’IA générative comme un catalyseur des ambitions RSE ?
- Quelles sont les conditions de réussite et les facteurs de risque ?
Ces questions ont guidé mes analyses et les échanges avec des professionnels engagés sur ces sujets.
Pourquoi je partage ces réflexions
Cet article est le dernier d’une série de publications réalisées dans le cadre du MBA DMB, qui m’ont permis de documenter et approfondir ces enjeux sous différents angles :
🔗 Fresque du numérique : agir pour un numérique responsable
🔗 Viva Technology 2025 : entre IA et sustainability
🔗 4 outils pour mesurer votre empreinte numérique
Mon objectif aujourd’hui n’est pas de présenter des résultats définitifs, mais d’inviter à la réflexion et à l’échange.