Pour cette dixième édition, VivaTech a choisi un mot d’ordre qui résume parfaitement l’état d’esprit du salon : « Artificial Intelligence: Impact, Not Illusion ». Avec plus de 200 000 visiteurs, 165 nationalités et 15 000 startups réunies à Paris Expo Porte de Versailles du 17 au 20 juin, l’édition anniversaire a confirmé que l’IA générative devient une réelle infrastructure. C’est précisément ce que j’ai voulu observer au fil de ma journée sur place : comment les acteurs du digital conjuguent performance créative et responsabilité, entre les promesses technologiques et leurs limites.

Adobe x L’Oréal : l’IA générative comme nouvelle infrastructure créative

Mon stand préféré du salon n’a pas été un hasard : il touche directement à mes missions quotidiennes. Sur leur stand, L’Oréal nous a présenté CreAItech, une plateforme interne de génération de contenus utilisée par les équipes marketing et design pour accélérer la création d’images et de vidéos, intégrant désormais un estimateur d’impact carbone.

Du côté d’Adobe, la collaboration avec L’Oréal a été mise en avant lors du CMO Summit du salon où Adobe a montré comment l’IA permet de personnaliser des campagnes créatives en temps réel et de les décliner à grande échelle pour des marques comme L’Oréal. Une démonstration concrète de ce que l’IA générative peut apporter à la production de contenu, exactement les usages que je manipule au quotidien sur les visuels, les déclinaisons publicitaires et l’automatisation des formats.

Fair Patterns : l’IA au service de l’éthique numérique

Ma rencontre la plus marquante du salon a été avec Marie Potel-Saville, fondatrice de la startup Fair Patterns, présente sur l’espace de La French Tech Grand Paris et distinguée comme « Tech For Change » pour cette édition 2026. Son projet propose une lecture radicalement différente de l’IA pour que ce ne soit plus un outil de production de contenu, mais bien un système qui utilise l’IA pour détecter les interfaces manipulatrices, les relier aux réglementations qu’elles enfreignent, et générer des alternatives conformes au moment même où ces décisions de design sont prises.

L’idée fondatrice est simple et marquante : face aux dark patterns, Marie Potel-Saville a monté une plateforme d’IA multimodale capable de détecter la manipulation et le design addictif à grande échelle. Une approche qui pose une question essentielle dans mes recherches de thèse : et si l’IA était aussi un outil de régulation et de protection des utilisateurs ? Je suis ravie d’avoir pu échanger sur le sujet directement avec la fondatrice de Fair Patterns.

Gilles Babinet : une lecture macro entre opportunités et garde-fous

Sur le volet plus institutionnel du salon, j’ai suivi une conférence de Gilles Babinet, entrepreneur, ancien Digital Champion de la France auprès de l’Union européenne et président de la Mission Café IA. Sa position est nuancée. Il évoque les opportunités offertes par l’IA mais insiste sur l’importance de mettre en place des garde-fous pour éviter les risques associés. Une intervention qui invite à réfléchir à ce qui distingue encore l’humain de la machine, plutôt que de subir une automatisation passive des métiers.

Mon regard de marketeuse : performance et responsabilité

En reliant ces trois temps forts, le stand Adobe x L’Oréal, la rencontre avec Fair Patterns et la conférence de Gilles Babinet, un fil conducteur se dessine clairement. VivaTech 2026 n’a pas seulement célébré la puissance créative de l’IA générative, le salon a aussi donné une vraie place aux voix qui interrogent ses usages. D’un côté, des outils qui démultiplient la production de contenu marketing ; de l’autre, des acteurs qui rappellent que cette puissance doit rester encadrée, éthique et au service de l’humain.


VivaTech 2026

VivaTech : Pourquoi il fallait y être ?