Nous venons tout juste de commencer une nouvelle décennie : les fêtes sont passées, tout le monde en a profité, et les enfants ont reçu de nouveaux jouets. Il y a un peu plus de dix ans, à l’époque où je demandais encore des jeux de société au Père Noël et où je jouais toujours à la poupée, le début du mois de Janvier ne signifiait qu’une chose : quel jouet reçu à Noël allais-je casser en premier ? 

Et je ne suis pas la seule. Le site planetoscope.com retranscrit en temps réel le nombre de jouets jetés en France : en 2019, c’est presque 40 millions qui sont partis à la poubelle. Et le temps que j’écrive ces deux paragraphes, 120 jouets ont été jetés sans sommation. La raison principale : ces jouets sont cassés, ou il leur manque une pièce. Ils sont donc vus comme inutilisables.

Quand les nouvelles technologies rencontrent l’industrie du jouet

Source : Dagoma

Réparer plutôt que jeter, c’est l’initiative de la structure française Dagoma. Ses deux fondateurs, Matthieu Régnier et Gauthier Vignon, se sont rendus compte que l’impression 3D était encore trop inaccessible et coûteuse, alors qu’elle ne nécessite aucun intermédiaire dans le circuit de consommation. Leur but avec Dagoma : offrir à chacun l’opportunité d’utiliser cette technologie et de découvrir ses utilisations. C’est ainsi qu’est née la plateforme Toy Rescue en Décembre 2019.

Comment réparer mes jouets cassés ?

Pour reconstruire les pièces détachées de jouets le plus facilement et rapidement possible, Toy Rescue répertorie les éléments les plus cassés ou perdus des jouets les plus vendus des quarante dernières décennies : la patte du dinosaure Rex dans Toy Story, le bras de Barbie, la roue avant d’une petite voiture… S’il vous manque l’une de ces pièces, il vous suffit simplement de la retrouver sur le site.

Vous ne trouvez pas la pièce dont vous avez besoin ? Aucun problème : la plateforme est participative. Vous pouvez à tout moment demander une pièce spécifique directement depuis le site Internet, et l’équipe de Toy Rescue vous répond dans les plus brefs délais. Toute demande est importante, car ils continuent de mettre à jour leur liste de pièces rapportées.

« L’objectif de Toy Rescue est de donner à chacun l’opportunité de réparer un objet qui, avant, ne pouvait être que jeter » – Matthieu Régnier, co-fondateur de Dagoma

Bien sûr, tout le monde n’a pas d’imprimante 3D chez soi. Alors Dagoma met en relation les personnes possédant des imprimantes 3D avec celles n’en possédant pas. Cette communauté s’appelle « les Makers » et se base sur un principe fort de solidarité.

L’imprimante 3D est-elle une réponse écologique ?

Dans le cas de Toy Rescue, il est évident que cette initiative répond à un enjeu écologique de taille. Réparer des jouets, c’est éviter que du plastique ne soit jeté en pleine nature. A ce premier constat, Dagoma propose également l’utilisation de bobines Chromatik d’origine végétale (créées par leur soin) pour l’impression des pièces. Ces bobines de filaments constituent le matériau indispensable à la production d’objets 3D.

Nous vivons dans un monde de changements permanents, et l’évolution de nos technologies modernes doit désormais s’accompagner de réflexions écologiques. Dagoma et sa plateforme Toy Rescue sont un exemple fort de la tendance écologique au temps des nouvelles technologies. Allier les deux n’est pas quelque chose d’incompatible. Bien au contraire : nos techniques modernes seront le pilier de la transition écologique… A condition de se montrer créatif et solidaire.

Sources :