C’est la principale question à laquelle les panélistes d’une table ronde organisée lors de la conférence de la NFT’a à Paris, fin janvier, ont tenté de répondre.

Commençons par ce que signifie démocratiser l’art. En termes simples, il s’agit de rendre l’art plus accessible à un plus grand nombre de personnes. Si nous avons généralement réfléchi à la manière de permettre à un plus grand nombre de personnes de consommer de l’art, nous devons également faire en sorte qu’un plus grand nombre d’artistes puissent créer leur art, le montrer et, pourquoi pas, le vendre et même vivre de leur art.

Les NFT’s peuvent-ils apporter une réponse à cette question ? La conférence de la NFT à Paris a invité quatre spécialistes qui représentent les acteurs les plus importants du secteur de l’art : Diane Drubay de AlterHEN, Micol Ap,  VerticalCoinCrypto Art; Pierre-Etienne Pommier, Arago et Kate Vass de Kate Vass Galerie.

Plus d’art, mais pour plus de personnes ?

Dans ce panel d’invités, plusieurs d’entre eux viennent de collectifs ou de galeries numériques dans lesquels ils ont eu des expériences et des échanges avec des artistes, non seulement de la NFT, mais qui ont le numérique comme support de leurs créations artistiques.

Pommier souligne que lorsque l’œuvre est numérique, il y a beaucoup de réticence à l’acquérir, car la reproduction devient très facile. C’est l’une des raisons pour lesquelles de nombreux artistes plus « traditionnels » ont opté pour les NFT comme moyen de garantir la paternité de leur œuvre. D’autre part, Diane Dubray nous dit que dans son collectif d’une vingtaine d’artistes, ils ont cherché à démontrer qu’il est possible de réaliser des NFT’s de haute qualité et qu’il est vraiment possible de combiner les pratiques artistiques traditionnelles et les nouvelles technologies numériques.

D’autre part, nous avons Micol AP, dont la résidence d’artiste à CryptoArt, mentionne que ce qu’ils ont cherché, c’est que les artistes créatifs du monde entier aient accès à ce nouvel écosystème en pleine évolution et ainsi les guider et les mettre en relation avec de nouveaux mentors qui peuvent les introduire à ces nouvelles opportunités et ainsi toucher plus de monde, en termes de public, d’acheteurs, de collectionneurs, etc.

La technologie donne la possibilité à un plus grand nombre de personnes d’y avoir accès a l’art, et aussi, un plus grand nombre d’artistes peuvent montrer leur art à un cercle beaucoup plus large que leur entourage immédiat.  Diane mentionne à titre d’exemple que, dans le monde des NFT’s, nous pouvons observer un grand mouvement d’artistes qui collectionnent les œuvres d’autres collègues, ce qui en fait même une activité sociale. Toutefois, n’oublions pas que nous parlons toujours d’un sujet qui est encore le domaine d’un groupe de niche de personnes.

Les NFT sur le marché de l’art

Kate Vass, qui nous apporte le point de vue des collectionneurs, mentionne que, bien que les NFT se développent et deviennent de plus en plus « normaux », la question de la valeur devra toujours être prise en compte, car la composante physique, même si l’ensemble de la pièce ou de l’œuvre est numérique, sera importante.

Pour sa part, Micol mentionne qu’il voit de plus en plus de jeunes collectionner des NFT, et qu’ils entrent dans ce mouvement de collection, en suivant leurs préférences et en les achetant, il pense aussi qu’à long terme cela peut aussi aider à créer une habitude de collection qui pourrait aussi être transposée au physique.Cependant, comme tout est si récent, nous devrons attendre et voir.

Pour finir, Pierre – Etienne souligne qu’il ne faut pas oublier qu’il y a une différence entre l’art et le marché de l’art, ce dernier étant plus compliqué, peut-être même impossible à démocratiser réellement, et c’est là que les technologies peuvent aider un peu, mais ce n’est que par l’éducation et la sensibilisation à l’importance non seulement de la consommation de l’art, mais aussi de la promotion et de l’aide à sa production, que le système de l’art changera petit à petit.

Ici, leur intervention dans le NFT Paris: