La Digital Twin Earth, jumelle numérique de notre planète

Dupliquer la Terre pour mieux l’observer et simuler les impacts du réchauffement climatique, c’est l’objectif du programme ESA Digital Twin Earth (DTE) lancé par l’Europe en octobre 2020.

On le sait, le mois de septembre 2020 qui a précédé le lancement de ce programme a été le plus chaud jamais enregistré dans le monde. Une température record qui rapproche dangereusement la planète du plafond fixé par l’accord de Paris.

Ainsi, les solutions pour mieux anticiper les impacts du réchauffement climatique se multiplient, à l’image de la création du « Digital Twin » : un jumeau numérique de la Terre.

L’Agence Spatiale Européenne (ESA) s’est vu allouer par l’Europe un budget de plus de 10 milliards d’euros pour mener à bien cette mission d’importance. Le programme ESA Digital Twin Earth (DTE) vise à stimuler des applications qui combinent l’intelligence artificielle (IA) et le Big Data de Copernicus Sentinels et d’autres données d’observation de la Terre (OT) pour fournir des prévisions sur l’impact du changement climatique et répondre aux défis sociétaux.

 

Les Digitals Twins, une pratique répandue

Un digital twin, ou « jumeau numérique », est un modèle ou une représentation virtuelle d’un système, par exemple la conception d’un produit, d’un processus ou d’une usine, qui va être utilisé afin de comprendre les performances, améliorer les processus ou créer des opportunités.

Dans presque tous les secteurs d’activités, les entreprises cherchent à mettre en œuvre une stratégie de jumeau numérique où une « colonne vertébrale virtuelle », qui couvre l’ensemble du cycle de développement des produits ou services, y compris la production et la fabrication.

Par ailleurs, il ne faut pas confondre cette technologie avec l’Internet des objets. L’IoT consiste à extraire des data d’un objet physique et son environnement grâce à des capteurs, alors que pour le Digital Twin, c’est la donnée qui est injectée dans un objet virtuel que l’on fait évoluer au fur et à mesure de son vieillissement.

Un programme technique et holistique qui repose sur la data

Pour l’ESA, créer un double virtuel de notre planète va permettre de simuler certains aspects de la Terre, et d’anticiper certaines réactions en chaine dont nous n’aurions peut-être pas idée.

Depuis plusieurs années, l’Europe s’est dotée d’un système d’observation satellitaire et d’observation « in situ » qui compte parmi les meilleurs du monde. Grace a ces satellites qu’elle a construit et qui sont régulièrement envoyés dans l’espace, l’Europe est une pionnière par son programme Copernicus (programme européen de surveillance de la Terre).

Copernicus est un programme leader en matière d’observation de la Terre qui permettra d’utiliser d’énormes volumes de données (300 Terra-Octet par jour). Cette réplique digitale de la planète pourra ainsi prendre appui sur les données récoltées par ce vaste réseau satellitaire. D’ici-là, le challenge est de pourvoir traiter correctement ces données et les rendre accessibles.

L’objectif pour l’organisme n’est donc pas de répliquer entièrement et ultra-précisément la planète, démarche qui serait impossible tant la complexité de celle-ci est grande. Il permettra plutôt de la découper en plusieurs segments pour mieux l’observer, en simulant les effets de la déforestation de l’Amazonie sur l’atmosphère à long terme par exemple. Vous l’aurez compris, grâce à la jumelle digitale de la terre, les scientifiques de l’ESA pourront modéliser toute les éventualités de la planète en changeant certains éléments, ou en inversant les paramètres. Ils pourront ainsi mesurer l’impact de ces changements sur les populations mondiales.

 

 

 

Pour plus d’informations sur les liens entre écologie & technologies, je vous invite à lire les articles suivants :

Peut-on construire un avenir durable avec les nouvelles technologies ?

L’Intelligence Artificielle va-t-elle sauver la planète ?