Mamichou

Jeudi 21 janvier. Jour du Visionary Day. Une jeune alumni se présente et nous présente son projet Mamichou qu’elle a entrepris pendant son année au MBA DMB l’année dernière. Je décide alors de la contacter pour une interview, curieuse de découvrir son parcours entrepreneurial et son projet. Ainsi, j’ai le plaisir de partager aujourd’hui son interview au cours de laquelle j’ai découvert une femme remplie d’ambition et de joie de vivre.

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Victoria et j’ai 24 ans.

Je suis rentrée au MBA DMB en 2019 en part time et j’étais en alternance en tant que chargée de communication digitale chez BNP Paribas Épargne Retraite et Entreprises. Mes missions étaient tournées sur la refonte du site internet, des réseaux sociaux et des stratégies communication interne et externe.

Mes cours étaient en même temps et il fallait choisir un sujet de thèse de fin d’année. Nous avons eu la chance de pouvoir choisir un sujet de coeur. Donc, j’ai naturellement pris “Le digital au service de non isolement des personnes âgées”. Et c’est grâce à ce sujet que je suis là aujourd’hui.

Pourquoi t’es tu lancé dans l’entrepreneuriat ?

À l’origine, je ne me voyais pas du tout me lancer dans l’entreprenariat. C’est en écrivant ma thèse que je me suis rendue compte qu’il y avait des vraies problématiques. J’ai fait un constat : beaucoup de personnes entreprennent pour leur santé mentale mais très peu sur leur santé physique et j’ai commencé à avoir une idée !

La génération des “millénials” est beaucoup tournée vers elle-même. Si on ne se tourne pas vers nos aînés, qui va le faire ? C’est à nous d’agir !

Je trouve ça important de dire aux jeunes de se bouger et qu’on arrive ensemble à trouver des solutions. L’isolement des personnes âgées est un sujet qui me tient très à cœur. Avec Mamichou, nous sommes aussi en quelques sortes ambassadeurs et portes-paroles de notre génération pour faire bouger les choses !

Comment est né ton projet Mamichou ?

Comme je l’ai dit, tout est parti de la rédaction de ma thèse qui m’a permis par la suite de créer ce projet. Même si beaucoup entreprennent dans la silver économie, j’ai identifié des vraies problématiques.

Mais il n’y pas que ça. L’isolement de nos aînés me touche énormément, sur le point de vue personnel, ma grand-mère est en EHPAD et souffrait d’isolement depuis de nombreuses années.

Je suis également moi-même engagée depuis 2019 en tant que bénévole dans l’association Les petits frères des pauvres et j’ai travaillé en EHPAD.

Et puis, un élément important et déclencheur : la Covid ! L’isolement a été mis en lumière avec cette terrible crise. J’ai remarqué que beaucoup de médias commençaient à se pencher sur ce sujet, à en parler.

C’était déjà un sujet important à mon sens mais il n’est jamais trop tard pour prendre conscience de certaines choses ! Les français ont réalisé, et particulièrement les départements de santé, que les personnes âgées n’avaient plus de liens avec leurs proches et familles. Il y a eu des avancées comme l’installation de tablettes, des réorganisations dans les EHPAD, etc.

Cela m’a permis de mon côté de mieux travailler sur Mamichou et d’être encore plus motivée !

Victoria avec un dessin du projet Mamichou

Choisis 3 mots pour expliquer ton projet

  1. Application et solution digitale
  2. Contre l’isolement
  3. Personnalisation, goût et passion

T’es-tu confronté à des obstacles lors de la création de Mamichou ?

Il y en a eu pleins et il y en aura d’autres !

Le plus difficile, lorsque tu souhaites entreprendre, c’est surtout : par où je commence ? C’est un processus complexe, qui nécessite aussi de se renseigner et acquérir de nouvelles compétences.

Je rencontre des difficultés au quotidien, comme tous les entrepreneurs je pense !

Par exemple, il y a des compétences que je n’ai pas : la comptabilité, toutes les parties juridiques, le développement de manière général … Heureusement j’ai deux associés formidables qui m’aident et me soutiennent.

Quand on entreprend, il faut penser à tout : comment pitcher un projet ? Au niveau juridique, comment ça se passe ? Qu’est-ce que je dépose ? Les finances, comment je m’y prends ? Des choses auxquelles personne n’est vraiment préparé d’ailleurs !

Comment les as-tu alors surmontés ? 

La clé est de trouver les bonnes personnes au bon moment. Pour moi, ça a été mes associés.

Mon conseil : il faut trouver le bon équilibre. Pour ma part, je gère la partie marketing, communication et porte parole. Guillaume et Alexandre gèrent toute la partie : connaissance clients, la commercialisation, rédaction de contrats, partenariats, etc.

Il faut se compléter et bien s’entourer !

Mais surtout, il faut se lancer ! Il y a toujours des obstacles, mais je pars du principe qu’on a rien à perdre. Même si on a pas toutes les compétences requises, que ça prend du temps, il faut quand même essayer si on a une idée !

Et puis, si ça ne marche pas, ce n’est pas grave, mais au moins, on aura essayé !

Les deux choses à retenir sont de bien s’entourer et oser : ne pas avoir peur de parler du projet partout où l’on va !

Quelle est la partie que tu préfères dans ton projet en tant qu’entrepreneur ?

Le contact avec les autres et rencontrer de nouvelles personnes ! J’ai eu la chance de rencontrer des personnes au top qui m’aident encore aujourd’hui. J’ai également intégrée dans un cercle d’entrepreneurs. Ce sont toutes des personnes incroyablement passionnantes.

J’aime aussi être la porte-parole du projet, pouvoir le pitcher, avoir des retours pour rebondir et apprendre.

Tu participes à des concours pour les start-ups. En quoi ça consiste et en quoi cela t’a aidé dans la construction du projet ?

Le gros concours auquel j’ai participé et qui m’a marqué est Altern’up 2020. Un concours qui permet de creuser son projet et d’obtenir 10 000 euros pour le grand gagnant. Un vrai tremplin !

J’ai envoyé ma candidature en juin 2020. J’ai été sélectionnée en juillet. On a eu une semaine intensive cet été où il fallait pitcher notre projet devant un jury de 30 personnes. J’ai été admise en finale parmi les 10 derniers restants en octobre où j’ai pitché une dernière fois mon projet.

Et c’est donc en partie grâce à ce concours qu’en juillet, j’ai lancé Mamichou !

Les résultats seront annoncés en mars. On croise les doigts !!

Mamichou shooting photos

Au MBA DMB, nous apprenons à ne pas séparer l’humain du digital et du business. En quoi le digital fait la différence dans le social et précisément pour ton projet, dans la lutte contre l’isolement des personnes âgées ?

Je suis partie du principe en écrivant ma thèse que le digital est vecteur du lien pour les seniors. Sans le digital, ils n’ont aucun lien avec leur famille et particulièrement aujourd’hui à cause du Covid.

Mamichou prouve que le digital est vecteur de lien, mais aussi en crée et en construit. C’est un des outils pour garder contact et faire de choses qu’on aime.

Le mot d’ordre de Mamichou est de rompre l’isolement par rompre l’ennui. Comment le mets-tu en œuvre à travers l’application ?

L’idée est qu’une fois qu’ils sont sur l’application, ils auront un parcours ultra personnalisé en fonction des goûts et passions de chacun. Ne plus s’ennuyer et être occupé permet d’être mieux dans sa tête.

Il a été prouvé depuis longtemps que de pratiquer une passion ou faire des choses qu’on aime permet d’être plus détendu, réduit certains médicaments de type antidépresseurs, une meilleure qualité du sommeil, … D’être mieux et donc être plus autonome.

Quelle est la prochaine étape pour mamichou ?

Ce mois-ci, le site vitrine va être publié. C’est une grande étape pour nous dans l’avancement du projet pour pouvoir le partager et être visible auprès de potentiels partenaires. La construction du MVP.

Et pourquoi pas, lancer prochainement une campagne de crowdfunding et continuer à faire de la communication autour de Mamichou.

Quels sont tes conseils pour les étudiants du DMB et en particulier pour ceux qui souhaitent se lancer dans l’entreprenariat ?

En premier, je dirai bien choisir son sujet de thèse pour le mémoire : un sujet de cœur pour accompagner leur projet professionnel. C’est simple, à partir du moment où l’on fait quelque chose qu’on aime, c’est gagné !

Pour l’entrepreneuriat, si certains ont des idées, je dirai qu’il faut tenter et y aller au culot ! J’ai toujours fonctionné comme ça dans mes études et recherches de stages/emploi.

Ça peut paraître évident mais il faut y aller sans avoir peur.

Si vous avez une idée, faites le !

Merci à Victoria d’avoir partagé son parcours ! En espérant que ses conseils vous inspireront comme ils m’ont inspirés !

N’hésitez pas à suivre Mamichou sur Facebook, Instagram, LinkedIn et Victoria sur Twitter !

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