Ces dernières années, le Marketing d’Influence a connu un réel essor. En 2024, on estime que les dépenses marketing dédiées au marketing d’influence dépasseront les 24 milliards de dollars. 

Et si l’influence est déjà bien présente dans les secteurs de la mode et de la beauté, il n’en est pas moins vrai que la crise sanitaire mondiale a également aidé le milieu culinaire à faire son entrée sur le devant de la scène.

Certains agrégateurs de la livraison à domicile l’on bien compris et misent beaucoup sur ce nouveau canal marketing.

 

En effet, Uber Eats relance également en 2022 une opération d’envergure : son partenariat avec l’émission Top Chef.
Le menu gagnant de l’incontournable épreuve “La Guerre des Restos” était disponible sur l’application sur la période du 31 mars au 9 avril 2022, dans 9 villes (Bordeaux, Grenoble, Lille, Lyon, Marseille, Montpellier, Nantes, Paris et Toulouse) et ce pendant 10 jours. 

Permettant aux fans et amateurs de l’émission donc, de pouvoir profiter de l’expérience gastronomique Top Chef à la maison.

Le restaurant Philo Saucisse, un établissement signé Top Chef, imaginé et proposé dans le onzième arrondissement de Paris par les trois chefs gagnants de l’épreuve Arnaud, Mickaël et Wilfried se sont vus envoyer, en livraison et toujours par le biais d’Uber Eats, pas moins de 27 000 menus durant cette période. 

 

J’ai eu la chance de pouvoir interviewer Wilfried Romain, un des gagnants de l’épreuve « La Guerre des Restos » qui a pu me donner quelques détails sur le marketing d’influence depuis son apparition à l’émission Top Chef. 

 

As-tu été sollicité pour participer à l’émission Top Chef ? 

Je me suis inscrit de moi-même. Un ami à moi avait déjà participé à la saison 12, et avait travaillé avec moi il y a quelques temps. J’étais encore en Amérique du Sud quand je me suis inscrit. J’ai finalement fait le casting et j’ai été pris. 

 

Ton nombre d’abonnés a t’il significativement grimpé après ton passage dans l’émission ?

Oui. Et pendant la diffusion de l’émission particulièrement. Quand mon nom est sorti dans la presse, début février il me semble, en l’espace d’un quinzaine de jours j’ai gagné plus de 5000 abonnés. 

 

Aujourd’hui, combien d’abonnés gagnes-tu en moyenne ?

Ca depend. Ca depend si je suis actif sur les réseaux ou non. Et cela dépend surtout aussi de quel type d’événement auquel je participe, quel type de partenariat je réalise. Par exemple, j’ai fait un festival de Street-food sur Lyon, en une journée sur place j’ai gagné environ 300 abonnés. 

 

A partir de combien d’abonnés as-tu commencé les partenariats rémunérés ? 

C’est une bonne question. Je sais que la plupart des marques ne travaillent pas avec des personnes qui ont moins de 10 000 abonnés. Certaines marques 15 000 et d’autres 20 000. 

J’ai été en discussion avec une marque de montre qui m’a demandé d’acquérir une communauté de 20 000 abonnés avant de travailler avec moi. 

 

Es-tu régulièrement sollicité par des restaurants pour des partenariats ?

Je suis ici depuis 10 jours, à Cchateauneuf-du-Pape dans le cadre d’un partenariat établi entre nous. Il y a un restaurant à Los Angeles qui m’a sollicité depuis que je suis ici et un groupe de restaurants au Maroc, à Rabbat, CasaBlanca et Marrakech pour signer leur carte également. Donc je pourrais dire que oui. En ce moment d’ailleurs je signe la carte d’un hôtel sur Paris. 

 

Es-tu régulièrement sollicité par des marques ?

Je n’ai pas vraiment de chiffres, mais oui. Je m’accorde rapidement des marques hors alimentaire, si je le fais c’est pour le plaisir et parce-que la marque me plait vraiment. Mais je sélectionne vraiment. J’aime bien avoir une éthique dans mes choix de partenariat car ton image est forcément associée à celle-là. Par exemple j’ai refusé de collaborer avec une marque de miel qui n’avait à mon sens aucune éthique dans son production. Même si c’était un gros chèque, je ne voulais pas voir mon nom associer à ça. Mais le hasard a fait qu’une autre marque m’a contacté, qui fait des boissons à base de miel, certifiée bio et là j’ai accepté. La somme a été divisée par 3, mais pour moi c’était plus important l’éthique que le chèque. 

 

Comment les restaurants, ou particuliers doivent-ils s’y prendre si ils veulent travailler avec toi pour du marketing d’influence ?

En ce moment je suis en plein dedans. Je sais que je peux facturer et je le fais. J’ai une espèce de « packaging » quand je travaille avec quelqu’un : un post Instagram et 3 stories. On est sur une fourchette de prix entre 1000 et 2000 euros. J’ai monté une société avec mon frère d’ailleurs, c’est lui qui s’occupe de ce type de contrat, qui rédige tous les devis. « WR cuisine », c’est le nom de notre société. Mais je travaille aussi avec des agences de communication. Par exemple pour mon partenariat avec la Mère Germaine, c’est une agence de communication qui a pris contact avec moi après qu’eux-même l’ait contactée. C’est cette même agence qui nous a mis en relation. En ce moment je travaille avec deux agences et en septembre je pense signer une exclusivité avec une agence en particulier. Donc en général, c’est par le biais d’agence ou directement en me contactant sur Instagram.