Fiche de lecture du livre « Réparer le futur » par Inès Leonarduzzi

Février 2021. Je suis impatiente de recevoir le livre que j’ai pré-commandé depuis des semaines. Cela fait plus d’un an et demi que j’ai découvert Inès Leonarduzzi et ses travaux pour un numérique plus responsable. Aujourd’hui, c’est la sortie de son livre « Réparer le futur » qui traite de la place du numérique dans le milieu du vivant. Comment évoluer avec le numérique tout en respectant les humains, la faune, la flore et la planète ?

Pour l’occasion, la fondatrice de Digital for the Planet organise une séance de dédicaces dans Paris. Aussitôt su, je réserve mon horaire en ligne.

Découvrez dans cette article ma rencontre avec une femme qui m’inspire au quotidien et un aperçu d’un livre tout aussi éclairant qu’alarmant. 

A la rencontre d’Inès Léonarduzzi, la femme de l’écologie digitale

C’est en 2017 qu’Inès Léonarduzzi crée Digital for the Planet, une ONG dont l’objectif est de sensibiliser à l’écologie digitale. Elle collabore alors avec de grands groupes et plusieurs gouvernements afin de concilier transformation numérique et écologique. De plus, elle fonde plus tard Preserve, une plateforme de masterclasses dédiée au bien-vivre.

La séance de dédicaces a lieu le 27 Février dans le 11ème arrondissement. La jeune entrepreneure a choisi un lieu doux et accueillant. Nous ne sommes pas plus de 10 à cette horaire ce qui rend le moment intimiste et chaleureux.  Nous sommes incroyablement bien accueillis. Des jus de fruits frais et des snacks nous sont proposés. Après nous avoir salué, l’auteure nous invite à nous assoir. Elle entame alors une lecture d’un passage de son livre. Nous découvrons avec intérêt et émotions les premières lignes de quatre années de recherches.

Après la lecture, nous partageons un moment d’échanges où chacun se présente. Nous profitons de cet instant pour discuter de sujets variés (le numérique, l’entreprenariat, le leadership au féminin…) et pour poser nos questions.

 

Enfin, nous quittons les lieux une quarantaine de minutes plus tard après avoir fait dédicacer notre exemplaire et avoir pris quelques photos souvenirs. 

A la découverte d’un livre qui répond aux enjeux écologiques actuels

Nous le savons, le secteur du numérique pollue. En effet, Internet est considéré comme le 3ème pays le plus pollueur, derrière la Chine et les Etats-Unis. Dans un monde où on compte aujourd’hui plus de 4 milliards d’internautes, 14 milliards de smartphones et 21 milliards d’objets connectés, nous ne pouvons plus fermer les yeux sur les impacts réels qui se cachent derrière ce secteur à l’apparence immatérielle.

Dans son livre, Inès Léonarduzzi passe en revue les différentes pollutions générées par le numérique (environnementale, intellectuelle et sociétale) pour nous éclairer, nous sensibiliser et peut-être, si le cœur nous en dit, nous pousser à agir. 

Un ouvrage empli de tristes vérités…

« Retour en 2000.(…). Un matin, la directrice de l’école me convoque dans son bureau. J’y rencontre une nouvelle élève (…). Elle arrive tout juste du Congo avec sa famille. Je l’ignorais encore mais cette petite fille qui se tenait devant moi avait vécu l’horreur. (…). J’étais loin d’imaginer que ce qui l’avait poussé à fuir son pays constituerait le cœur de mes engagements, quinze ans plus tard. » Extrait Partie 1 – Chapitre 1, la fabrication des appareils.

La pollution numérique environnementale

Tout d’abord, le livre débute sur la pollution numérique environnementale. On y retrouve l’histoire de la fabrication de nos appareils, en passant par les procédés super polluants nécessaires pour extraire les matières premières et par les conditions souvent inhumaines dans lesquelles les populations des pays en développement travaillent. On y parle aussi de nous, de nos usages au quotidien et de notre consommation d’électricité sans compter. Puis, on s’envole pour l’Afrique, poubelle mondiale des déchets électroniques, où on découvre que nous ne savons pas encore (ou que nous ne voulons pas) recycler nos appareils et que cela impacte les plus démunis.

La pollution numérique intellectuelle

Dans une seconde partie, nous découvrons le phénomène de l’illectronisme ou comment la fracture numérique divise de plus en plus les mordus du digital et ceux qui ne savent/peuvent/veulent pas intégrer le numérique à leur quotidien. On y évoque l’hyperconnexion qui a des impacts sévères sur notre santé, fortement liée aux algorithmes de l’addiction qui jouent de notre attention. L’auteur pointe du doigts les grands acteurs du numériques de la Silicon Valley qui ne nous ménagent pas, qui nous étudient et qui transforment notre plaisir en addiction puis en dépression.

La pollution numérique sociétale

Enfin, le numérique dévore notre société en nous isolant et en supprimant les différences. La pollution numérique sociétale n’est pas à négliger. Dans cette partie, l’entrepreneure nous parle de données, de confidentialité, de connaissances et de (e-)réputation. Nous comprenons doucement que si nous sommes responsables de ce que nous laissons comme information sur internet, nous avons aussi le droit, voire l’obligation, de contrôler nous-même notre identité numérique. Nos données nous appartiennent.

Si, à titre personnel, ces chapitres sont durs, ils sont surtout vrais. Chacun devrait avoir conscience de l’ampleur du numérique sur ces trois domaines. Bien sûr, il ne faut pas prendre peur, il faut reprendre le contrôle comme le conseille l’auteur. 

« Quand j’ai tout quitté pour m’investir pleinement dans la lutte écologique, je pensais qu’il s’agissait seulement de ‘faire le bien’. J’ai réalisé plus tard qu’il s’agissait aussi de ‘défaire le mal’ ». Extrait de la conclusion, Vers le progrès. 

… Mais aussi empli d’espoirs pour l’avenir

Ce livre n’est pas une diatribe du numérique. L’objectif n’est pas de condamner la technologie mais de nous donner les clés pour l’utiliser à bon escient et nous assurer un avenir prospère.

En effet, nous sommes constamment dans l’accélération, la croissance, la réalisation. Il s’agit aujourd’hui de s’arrêter un instant, d’observer et surtout de comprendre. Nous devons comprendre le monde qui nous entoure, l’écouter. Nous devons nous comprendre les uns les autres, nous écouter.

C’est pourquoi, l’auteur propose un projet de réinvention pour faire de l’écologie l’ambition de tous. La première étape est de construire une union et un esprit d’équipe car bien trop d’idées s’opposent. La deuxième étape est de développer une vision pour nous encourager et définir concrètement ce que l’écologie peut nous apporter (plutôt que ce qu’elle nous fera éviter). La dernière est, sans surprise, la technologie que nous pouvons et devons utiliser comme alliée.

 L’auteur conclut avec cette idée :

« Le numérique est tout sauf un ennemi : il est seulement le reflet de nos comportements. » Extrait de la conclusion, Réparer le futur. 

Il est ainsi primordial de se réapproprier le numérique et définir ensemble les bonnes actions à mener pour réparer le futur. 

Sources :

Réparer le futur – Inès Léonarduzzi

https://blog.mbadmb.com/le-digital-un-nouveau-defi-pour-lecologie/