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Ce qu’il faut savoir sur l’hyperconnexion en 2021

Ce qu’il faut savoir sur l’hyperconnexion en 2021

L'hyperconnexion en France

Ressentez-vous le besoin de consulter votre téléphone plusieurs fois par jour et de l’avoir continuellement sur vous ? Eprouvez-vous un certain stress à l’arrivée d’un nouveau mail, un nouveau message ou une nouvelle notification ? Avez-vous le besoin absolu d’ouvrir immédiatement le nouveau mail reçu et d’y répondre aussi rapidement ? Si notre activité en ligne cause des impacts environnementaux réels, la pollution numérique ne s’arrête pas là. L’accélération de notre usage du numérique nous met face à un nouveau phénomène. Il s’agit de « l’hyperconnexion », que nous pouvons considérer comme une nouvelle forme de pollution : la pollution numérique intellectuelle. Si une partie des français estime que l’exposition aux écrans n’a aucune conséquence sur la santé, la réalité est tout autre.

L’hyperconnexion : de quoi s’agit-il et quel est le constat ?

Les chiffres de l’hyperconnexion en France

L’hyperconnexion désigne l’utilisation massive et continuelle d’appareils numériques ou, d’après Doctissimo, le fait d’être connecté à Internet plus de 3 heures par jour. Nous pouvons considérer le Français comme un individu hyperconnecté avec une moyenne quotidienne de 4h22 passées devant un écran. Les chiffres décollent concernant les 18-34 ans (6h28) et les cadres (7h13). En effet, plus de 7 Français sur 10 se disent incapables de se passer d’outils connectés pendant une journée. En parallèle, le même nombre pense qu’il serait bénéfique pour leur santé de limiter leur temps de connexion.

Prise de conscience

Les Français ont conscience que l’hyperconnexion peut engendrer des conséquences négatives sur leur vision (76%), leur activité physique (57%) et leur sommeil (56%). Ils affirment d’ailleurs qu’ils profiteraient de leur temps déconnecté pour lire (54%), se promener (43%), passer du temps avec leurs proches (41%) et faire du sport (36%).

L’esprit de contradiction

Pourtant, le temps d’écran par personne a augmenté de 8 minutes depuis 2018. De plus, 1 Français sur 4 possède 3 écrans (ordinateurs, tablettes, téléphones…) par personne et n’hésite pas à passer facilement de l’un à l’autre ou de les utiliser en même temps. Les Français sont ainsi hyperconnectés et suréquipés.

L’impact de l’hyperconnexion dans notre quotidien personnel et professionnel

La qualité du sommeil

Tout d’abord, l’hyperconnexion a des conséquences sur la qualité de notre sommeil. S’exposer à la lumière bleue des écrans avant de se coucher envoie une mauvaise information au cerveau. Le soir, face à notre smartphone, cette lumière vive nous stimule et dérègle notre horloge biologique interne. Cette exposition nocturne sollicite notre cerveau, qui ne comprend pas qu’il est l’heure de dormir, et perturbe ainsi notre cycle de sommeil.

Des changements sur l’alimentation

En outre, le développement massif des appareils numériques a engendré de nouveaux modes d’alimentation : les repas sur le pouce, les repas debout avec son smartphone à la main, les repas à son bureau devant son ordinateur… En mangeant devant un écran, nous portons finalement notre attention sur le contenu visuel de notre appareil plutôt que sur le contenu de notre assiette. Le cerveau est alors de nouveau sur-sollicité par les informations qu’il reçoit en ligne et n’est pas concentré sur nos aliments. Cette déconcentration nous empêche de ressentir la satiété ou, du moins, retarde ce sentiment. Nous continuons à manger plus que ce que nous devrions ce qui contribue à l’augmentation de l’obésité.

La baisse d’activité physique

Comme mentionné plus haut, plus de la moitié des Français profiterait de leur temps déconnecté pour faire du sport. Avec en moyenne 3 écrans en notre possession, nous sommes plus souvent statiques devant notre ordinateur qu’à l’extérieur à pratiquer une activité physique. En ce qui concerne les enfants, le constat est alarmant : une étude a démontré qu’un enfant de 12 ans en 1975 mettait 4 minutes pour courir 1km. Aujourd’hui, les enfants de 12 ans prennent 1 minute de plus pour parcourir la même distance. Par conséquent, l’hyperconnexion contribue au développement de la sédentarité de notre société.

De nouveaux comportements au travail

Cette obsession numérique a des impacts sur notre façon de travailler et sur notre organisation au quotidien.
Dans un premier temps, nous adoptons un comportement de « multi-tâcheurs », pensant pouvoir gérer tout en même temps : lire et répondre à un e-mail, finir une présentation PowerPoint, participer à une réunion en visio-conférence, répondre à un SMS etc. Toutes ces tâches peuvent aujourd’hui être réalisées de façon simultanée. Malheureusement, cette attitude favorise la distraction ce qui a des effets sur nos performances au travail. En effectuant toutes ces mini-tâches en même temps, nous devenons incapables de bien filtrer et de prioriser. La perte de mémoire est d’ailleurs l’une des conséquences du multitasking.
En conséquence, ces distractions répétées nous poussent à abandonner la proactivité pour la réactivité. Nous réagissons à chaque nouvelle notification ou information ce qui entraîne une baisse de l’attention, de la déconcentration, des oublis, des retards et finalement une mauvaise organisation.
En multipliant les sources d’information, nous finissons par faire face à une multitude de possibilités et d’alternatives pour un problème ou une situation donnée. De ce fait, la quantité de choix qui s’offre à nous perturbe notre capacité à prendre des décisions réfléchies.
Victimes de nos outils numériques, le besoin absolu d’instantanéité s’est exacerbé. Si autrefois l’e-mail était un moyen de communication asynchrone, aujourd’hui il est devenu synchrone dans notre esprit. Il existe d’ailleurs des messageries comme Teams, Slack ou Whatsapp qui, implicitement, nous incitent à donner une réponse plus rapidement voire dans l’immédiat. De plus, ces échanges virtuels peuvent impacter les interactions sociales et favoriser le conflit en raison de mauvaises interprétations et de l’absence du non-verbal.

De nouveaux phénomènes érigent notre quotidien

Sans même nous en rendre compte, nous avons adopté de nouveaux comportements et de nouvelles habitudes en ligne. Nous avons également accepté l’idée de ressentir de nouvelles formes de stress liées au numérique. En réponse à notre surconsommation digitale, de nouveaux phénomènes sont apparus :

  • L’infobésité : l’excès d’informations reçues par une personne qu’elle ne peut traiter ou supporter sans porter préjudice à elle-même ou à son activité.
  • La nomophobie : la peur excessive de ne pas pouvoir consulter son téléphone.
  • L’hypovibrochondrie : sentir son téléphone vibrer alors que ce n’est pas le cas.
  • Le phubbing : la combinaison de « phone » et « snubbing » (snober en français) ou le fait d’être concentré sur son téléphone plutôt que sur les personnes en face de soi.
  • Le blurring : la frontière, de plus en plus floue, entre la vie professionnelle et personnelle.
  • FOMO : « The Fear of Missing Out » ou la crainte de manquer une information importante.
  • Le stress de l’email : le besoin compulsif de regarder ses e-mails jusqu’à 40 fois par heure.

10 astuces pour apprendre à lutter contre l’hyperconnexion

  1. Désactiver les notifications (visuelles ou sonores) non essentielles.
  2. Activer la fonction « Night Shift » ou paramétrer une luminosité plus jaune sur vos écrans pour limiter votre exposition à la lumière bleue, surtout le soir.
  3. Essayer de changer vos habitudes en laissant votre téléphone dans une autre pièce au lieu de l’avoir toujours sur soi. Si vous passez l’après-midi entre amis, penser à l’éteindre, le mettre en mode avion ou en « Ne pas déranger » par exemple.
  4. Régler la fonctionnalité « Temps d’écran » pour vous avertir lorsque vous avez dépassé le temps d’exposition que vous vous êtiez fixé.
  5. Désactiver la lecture automatique sur vos comptes de streaming pour ne pas qu’une nouvelle vidéo se déclenche automatiquement à la fin de votre visionnement initial.
  6. Essayer de cesser la multiplication des écrans en simultané pour vous concentrer sur un seul uniquement.
  7. Se poser les bonnes questions quand vous vous apprêtez à regarder votre téléphone : est-ce vraiment important ? est-ce que ça peut attendre ? Ce mécanisme permettra d’utiliser son téléphone de façon plus consciente et non comme un automatisme.
  8. Accorder des temps dédiés à la consultation de vos e-mails dans la journée, 2 à 3 fois par jour maximum. Dans ce temps imparti, penser à trier et prioriser vos e-mails pour identifier ceux qui doivent être traités immédiatement et ceux qui peuvent attendre quelques heures voire une journée.
  9. Apprendre de nouveau à se concentrer : quand vous vous lancez dans une tâche, optimisez votre temps en désactivant toutes les notifications (couper ses e-mails, se mettre en « Ne pas déranger » sur Teams pour ne plus recevoir les notifications de vos conversations…). Sans ces distractions, vous serez beaucoup plus efficace.
  10. Lister les nouveaux loisirs que vous souhaiteriez davantage pratiquer et profiter de ce temps gagné pour vous divertir et vous reposer !

Par Noémie Maeso

Issue d’une formation Marketing et d’un parcours professionnel au cœur du monde de la Beauté chez l'Oréal, je me suis tournée vers le Digital pour finaliser mon projet de carrière au sein du MBA Digital Marketing & Business.

Actuellement en alternance pour La Roche-Posay, je me forme aux différents leviers digitaux : E-commerce, UX, CRM, Trafic Acquisition (SEO, SEA, Paid Social Media), Analytics.

Sensible à la protection de l’environnement et de nature très curieuse, j’ai été très rapidement conquise par le concept d’écologie digitale visant à étudier les impacts néfastes du numérique pour mieux le concevoir et le consommer.

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