Une photo retouchée en dix secondes. Un croquis griffonné qui devient un visuel prêt à partager. Une pile d'articles qui répond à mes questions comme un collègue qui aurait tout lu.
Ce n'est pas de la science-fiction. C'est ce que j'ai vu le lundi 12 octobre, à la BnF Richelieu, lors du workshop Gemini organisé par Google France. Et en sortant, une question ne m'a plus lâchée : dans deux ans, est-ce qu'on ne parlera plus qu'à des robots ?
Créatrice et étudiante : deux regards sur l'IA
Si cette question m'a autant marquée, c'est parce que je vis l'IA des deux côtés.
Côté créatrice, je partage du contenu running auprès d'une communauté. Mon quotidien, c'est trouver des idées, tourner, monter, publier, répondre, et recommencer. L'IA m'aide déjà à gagner du temps sur tout ce qui entoure la création.
Côté étudiante, je suis en MBA Digital Marketing & Business, spécialisation IA & Data, à l'EFAP. J'y apprends à comprendre ce qu'il y a derrière ces outils : leur fonctionnement, leurs limites, et ce qu'ils changent pour les entreprises.
Ce double regard m'a fait aborder le workshop avec deux questions simples : qu'est-ce que ça change pour moi demain matin, et qu'est-ce que ça change pour le marché ?
Ma première surprise : tout va beaucoup plus vite que ce que j'imaginais.
Nano Banana : quand l'image suit la vitesse de l'idée
Le premier outil qui m'a marquée, c'est Nano Banana, le modèle de génération et d'édition d'images de Google intégré à Gemini.
Pour une créatrice, c'est un vrai changement de rythme. En quelques secondes, il permet de :
- modifier une photo existante, en changeant son style, son angle, son arrière-plan ou son format ;
- composer un visuel complet à partir d'une description et de ses propres images ;
- transformer un croquis en visuel clair, idéal pour poser une idée avant de la briefer.
Concrètement, ça change ma façon de travailler avec les marques. Proposer une idée de collaboration demandait jusqu'ici des heures de montage, ou beaucoup d'imagination de la part de l'interlocuteur. Avec ce type d'outil, je peux montrer une maquette crédible en quelques minutes et faire avancer la discussion bien plus vite.
NotebookLM : la veille qui travaille sur mes sources
Le deuxième outil, celui qui m'a le plus convaincue côté étudiante, c'est NotebookLM.
Le principe est simple : on importe ses propres sources (articles, PDF, textes, vidéos), l'outil les analyse, puis on l'interroge directement dessus. Ses réponses s'appuient sur les documents fournis et renvoient vers les passages utilisés. On peut donc vérifier d'où vient chaque information.
C'est là que se trouve, selon moi, la vraie différence avec un chatbot classique : l'outil travaille sur mes sources, pas sur tout Internet. Pour suivre un secteur qui évolue chaque semaine comme l'IA, préparer un mémoire ou faire une veille sur le marché du running et du digital, c'est redoutablement efficace.
Mon analyse : l'IA accélère, mais elle ne remplace pas l'idée
Ce que je retiens de ce workshop Gemini, c'est que les possibilités sont presque illimitées, mais qu'elles dépendent entièrement de notre créativité et de notre capacité à poser les bonnes questions.
L'IA n'a pas les idées à notre place, elle accélère tout ce qui les entoure. Le concept d'une vidéo, l'émotion qu'on veut transmettre, la relation avec une communauté, tout cela reste profondément humain. Ce que l'IA supprime, c'est la friction entre l'idée et sa réalisation.
Mon expérience de créatrice me pousse quand même à garder trois points de vigilance :
- L'authenticité. Une communauté suit une personne, pas une machine. Un visuel trop retouché ou généré sans transparence peut abîmer la confiance construite pendant des années. Le bon réflexe : signaler clairement quand une image est générée par l'IA.
- La vérification. Même un outil qui cite ses sources peut mal interpréter un passage. On reste responsable de ce qu'on publie.
- La compréhension. Savoir cliquer sur un bouton ne suffit pas. Comprendre ce que fait l'outil, ses biais et ses limites, c'est ce qui fait la différence entre l'utiliser et le subir.
Et pour le marché, le changement est tout aussi profond. Quand produire un visuel ou analyser une veille ne prend plus que quelques minutes, ce qui fait la différence n’est plus la capacité technique, mais la qualité de l’idée et la confiance qu’inspire celui qui la porte. Pour les marques, cela signifie collaborer avec des créateurs capables d’utiliser ces outils sans perdre leur authenticité. C’est peut-être la leçon principale de ce workshop Gemini Google : la valeur se déplace de l’exécution vers le jugement.
Alors, on ne parlera plus qu'à des robots ?
Non, je ne le crois pas. Mais l'écart va se creuser entre ceux qui subissent ces outils et ceux qui les maîtrisent.
Les profils qui sauront à la fois créer et comprendre l'IA auront une vraie longueur d'avance, pour lancer un projet, convaincre une marque ou piloter une stratégie digitale. C'est exactement pour ça que j'ai choisi de me former à la data et à l'IA tout en continuant à créer : l'un nourrit l'autre.
Merci à Google France et à Monet RP pour l'invitation à ce workshop.
Note méthodologique IA : https://blog.mbadmb.com/note-methodologique-workshop-gemini-google/



