L'auteur
Frédéric Bordage, auteur de l’ouvrage intitulé “Sobriété Numérique, les clés pour agir”, mais pas seulement. Il dispose de plusieurs cordes à son arc, tel que conférencier et expert en numérique responsable.
En effet, en plus d’être écrivain, Frédéric Bordage est un spécialiste français du numérique responsable. Il crée en 2004 la communauté GreenIT , qui est consacrée à la sobriété numérique.
En plus de cet ouvrage il a écrit:
- “Ecoconception web : les 115 bonnes pratiques” chez Eyrolles (2012-2019)
- “Empreinte environnementale du numérique mondial” (2019).
Frédéric, véritable pionnier de la sobriété numérique, croit en un avenir où le numérique serait éthique et respecterait l’environnement. Selon lui, notre avenir en dépend et il n’existerait pas d’alternatives à un futur décent si le numérique responsable ne devient pas une réalité.
C’est de cette réflexion qu’il crée la communauté GreenIT. Le Green (for) IT (information technology) “désigne une démarche d’amélioration continue qui vise à réduire l’empreinte économique, sociale et environnementale du numérique” (La Sobriété numérique, les clés pour agir).
Le contexte
Un monde de plus en plus connecté
"En 2016, les français de moins de 30 ans consultent leur smartphone en moyenne 50 fois et jusqu'à 220 fois par jour"
Remettons maintenant l'œuvre dans son contexte et remettons la sobriété numérique dans notre société aujourd’hui. On pourrait dire que c’est un oxymore puisque le monde est connecté 24 heures sur 24.
“En 2016, les français de moins de 30 ans consultent leur smartphone en moyenne 50 fois et jusqu’à 220 fois par jour” (Frédéric Bordage).
En effet, de nos jours, les grandes entreprises de la tech pensent plutôt Metavers, 5G, Big Data ou encore à l’ordinateur le plus puissant du monde envisagé par Meta, plutôt que de fabriquer de manière plus éthique et respectueuse de l’environnement.

On comptabilise aujourd'hui plus de 15 milliards d'équipements connectés en 2018, au niveau mondial.
Ce nombre comprend les smartphones, enceintes connectées, les ordinateurs, les montres connectées etc. Un nombre impressionnant et en croissance constante.
Toutes ces avancées technologiques montrent que les géants de la tech ne sont pas en alignement avec la sobriété numérique, au contraire.
Dans son ouvrage, Frédéric Bordage explique tout ceci et met en avant les bonnes pratiques à réaliser pour faire de la sobriété une réalité et non une utopie.
Les points saillants du livre
Apprendre & Agir
“La sobriété numérique, les clefs pour agir” porte bien son nom. En effet, tout au long du livre, l’auteur nous explique les différents principes qui influencent le numérique.
En effet, une explication des principes, des termes pour mieux comprendre, nous aide à comprendre le poids de nos actions au quotidien et ce qu’elles peuvent engendrer.
Frédéric Bordage explique que le numérique responsable ce n’est pas seulement des produits qui respectent l’environnement mais ce sont aussi des produits qui respectent la dimension éthique et sociale.
C’est donc dans une optique de pédagogie et de sensibilisation que l’ouvrage a été écrit.
1ère partie : l'apprentissage
Pour répondre à son objectif d’apprentissage, il dédie la première partie de son livre à l’explication de principes, classés par ordre alphabétique.
En effet, nous commençons la lecture par l’explication du terme “3P” (People, Planet and Profit) et nous terminons par WEEE (“Waste of Electrical and Electronic Equipment).
Tout au long de la première partie nous pouvons remettre à niveaux nos connaissances sur certaines thématiques et connaître tout ce qu’elles peuvent engendrer.
Pour ma part, j’ai trouvé les termes dépendance numérique et illectronisme très enrichissants.

-> La dépendance numérique :
Comme dit précédemment, les personnes dans le monde aujourd’hui sont hyper connectés “En 2016, les français de moins de 30 ans consultent leur smartphone en moyenne 50 fois et jusqu'à 220 fois par jour” (Frédéric Bordage).
De plus, la dépendance au numérique est considérée par le corps médical comme une réelle addiction et présentant les mêmes signes qu’une dépendance à la drogue.
Il est donc indispensable de temps à autres d’effectuer des digital detox.
"85% des utilisateurs de smartphones l'utilisent en présence d'un proche"
-> L'illectronisme :
C'est le phénomène qui exclut des personnes des modes de communication modernes.
15% des français connectés se trouvent dans cette situation et 32% ont renoncé à faire quelque chose sur internet car ils ne savaient pas comment s’y prendre.
Et loin de tous clichés, ce phénomène ne concerne pas seulement les personnes âgées mais bien toute la société française sans distinction de catégorie socio-professionnelle.
2ème partie : des gestes pour agir
Lors de cette deuxième partie du livre, on apprend les gestes simples et efficaces pour agir. Pour résumer cette partie, nous pouvons dire que l'auteur nous transmet plusieurs idées :
- Etre responsable dans nos usages au quotidien;
- Fabriquer moins et les utiliser plus longtemps.

En effet, il donne des exemples faciles à mettre en place et à la portée de tous. Ce sont aussi des exemples qui permettent des conséquences positives sur l’environnement. J’ai choisi de reporter deux exemples du livre, simples et efficaces.
"Si vous pensez que le Cloud c'est green, c'est que vous vivez sur un petit nuage"
- Une réduction de l'usage du Cloud Mettre des données sur le cloud, c’est faire des allers retours incessants avec lui. Le transport d’une donnée génère en moyenne deux fois plus d’impacts environnementaux que son stockage pendant un an. Cela donne donc à réfléchir.
- Favoriser le réemploi et l’occasion
Frédéric Bordage utilise une comparaison qui ne peut pas être plus vraie : “On a moins peur de rouler à 130KM/H dans une voiture d’occasion que d’acheter un smartphone de seconde main”.
En effet, nous préférons acheter un appareil neuf plutôt que de privilégier l’occasion.
En refusant de consommer des appareils électroniques d’occasion, nous favorisons en tant que consommateur l'obsolescence programmée.
AVIS
Réalité ou utopie ?
Tout au long du livre, l’auteur met en avant l’importance d’agir pour un usage raisonné du numérique. Pour lui, c'est une réalité vers laquelle nous devrions tendre. Mais est-ce vraiment une réalité ?
Nos comportements sont fondés sur le numérique
Notre quotidien est rythmé par le numérique et plus encore avec la crise sanitaire du Covid-19.
Le télétravail est devenu la norme et avec lui les visioconférences ainsi que tous les outils pour faciliter le travail à distance (Miro, Suite Office, Klaxoon et pleins d’autres).
Mais bien plus que le télétravail, toutes nos habitudes du quotidien vont avec les outils numériques. On ne pourrait plus partir en vacances sans GPS, sans notre application préférée (Waze, google maps…).
On ne pourrait plus se passer de notre smartphone, réel couteau suisse pour affronter la vie.
On a perdu l’habitude de vivre sans.
Effectivement de nombreuses externalités négatives vont de mise avec le numérique tel que l’illectronisme, la dépendance numérique, les troubles de l’attention, la pénurie des matières premières et les guerres qui vont autour. Un tableau qui ne fait pas rêver…
Mais il ne faut pas oublier que des externalités positives existent aussi : l’accès à l’information, de nombreuses innovations, des recherches plus poussées pour la médecine etc.
"On a moins peur de rouler à 130KM/H dans une voiture d'occasion que d'acheter un téléphone de seconde main"

Donc oui en effet, l’usage raisonné du digital est quelque chose vers lequel nous devons tendre, quelque chose que nous devrions faire pour notre planète.
Selon Frédéric Bordage, la sobriété numérique gravite autour de 3 principes :
- L’éco conception
- La mise en place d’une Low Tech
- La démocratisation du recyclage et du réemploi.
--> Un exemple de Low Tech inspirant :
Nous savons que l’intelligence artificielle permet de découvrir certains cancers très tôt. Les chiens aussi !
En effet, l’institut Marie Curie a mis en place un programme ou les chiens pourraient reconnaître certaines odeurs/ phéromones de la maladie et pourrait les détecter aussi tôt que les intelligences artificielles. Selon l’institut, le nombre d’erreurs des chiens serait semblable à celle de l’intelligence artificielle !
Pourquoi pas, commencer par agir autour de ces principes pour commencer à changer les choses ?
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