Transparence IA · Note méthodologique
Note méthodologique IA, « Les entrepreneurs écrivent des livres, et c’est le format qui est intéressant, pas le contenu »
Comment l’intelligence artificielle est intervenue dans la production de cet article, et sur quels points elle ne l’a pas fait : outils et versions, séquences de prompts, hallucinations rencontrées, décisions que je n’ai pas déléguées.
Cette note accompagne l’article Les entrepreneurs écrivent des livres, et c’est le format qui est intéressant, pas le contenu, publié le 18 juin 2026, de type fiche de lecture. Elle documente mon usage des outils d’IA générative sur les six points demandés par la consigne, dans l’ordre.
1. Les outils en question
- Claude Pro (abonnement payant, claude.ai) : Claude Opus 4.5 pour la construction de la thèse sur le format et pour la relecture adversariale, Claude Sonnet 4.5 pour la mise en cohérence des trois fiches de lecture entre elles.
- Perplexity Pro (abonnement payant, perplexity.ai) : vérification des données éditoriales (dates, éditeurs, tirages, prix) et recherche de la littérature critique sur l’édition d’influenceurs.
- Google AI Pro (Gemini) (abonnement payant, gemini.google.com) : Gemini 3 Pro pour l’analyse de la réception critique des livres (agrégation d’avis Babelio, Amazon, presse), Gemini 3 Flash pour les vérifications ponctuelles.
- Manus (formule payante à crédits, manus.im) : constitution du corpus élargi : recensement de la vague éditoriale « entrepreneurs et créateurs » depuis 2020, avec éditeur, date et positionnement.
- Audible (abonnement payant) : première écoute de deux des trois ouvrages. Ce n’est pas un outil d’IA, mais c’est ce qui a produit l’observation centrale de l’article sur les limites de l’audio.
2. Exploration, développement d’idées et créativité
Les trois livres ont été lus intégralement, sans IA. L’idée de l’article n’est pas venue du contenu mais d’une frustration : j’écoutais Mounir en audio et je perdais ses arbres de décision. J’ai posé la question à Claude Opus 4.5 : « qu’est-ce qu’un livre permet que la vidéo interdit ? », la réponse a listé quatre propriétés du format. J’en ai gardé trois, ajouté « inclippable » moi-même, et c’est devenu la thèse.
3. Planification et organisation
L’article a changé de nature en cours de route, et la séquence en garde la trace. Le master prompt de départ est particulier à cet exercice : sur une fiche de lecture, le risque n’est pas l’hallucination, c’est que l’IA ait lu le livre à ma place. J’ai donc écrit un brief qui interdit explicitement au modèle de mobiliser ce qu’il sait de l’ouvrage.
Tu es assistant de recherche. Tu m’aides à structurer mes propres notes de lecture.
Tu n’es pas un critique littéraire et tu n’es pas une source sur ce livre.
INTERDIT FONDAMENTAL
Tu n’as pas lu ce livre. Même si tu crois le connaître, tu n’utilises aucune
connaissance extérieure à mes notes : ni résumé, ni thèse de l’auteur, ni citation,
ni réception critique, ni comparaison avec un autre ouvrage. Si mes notes ne
couvrent pas un point, ce point n’existe pas pour ce travail. Écris LACUNE et
passe. C’est la règle la plus importante de ce brief : un résumé que tu produirais
serait convaincant, et il invaliderait l’exercice.
MATÉRIAU
Mes notes de lecture manuscrites retranscrites, avec numéros de page.
CE QUE TU PRODUIS
1. Tri de mes notes en deux colonnes : ce qui est un ARGUMENT DE L’AUTEUR (avec la
page) et ce qui est MON JUGEMENT. Beaucoup de mes notes mélangent les deux dans
la même phrase : sépare-les.
2. Les endroits où je prête à l’auteur une position qu’il ne tient pas dans mes
notes elles-mêmes.
3. Les points sur lesquels mes notes sont trop minces pour soutenir une critique
publiable, et où je devrais donc retourner au livre.
FORMAT
Deux colonnes, puis une liste des lacunes. Aucune rédaction, aucune phrase
d’introduction.
Le point 3 m’a renvoyé deux fois au livre, et c’est exactement ce que j’attendais de cet outil : qu’il me dise où mon matériau ne tient pas, pas qu’il comble le trou.
La suite, en cinq relances :
- Fiches individuellesTrois passages séparés avec Claude Opus 4.5, un par livre, sur le master prompt ci-dessus. L’objectif était de ne pas confondre le compte rendu et la critique.
- Recherche du dénominateur« Voici trois fiches. Qu’est-ce que ces trois livres ont en commun que je n’ai pas écrit ? » → la réponse a pointé que je reprochais aux trois la même chose : redondance avec le contenu gratuit. C’est le moment où l’article a cessé d’être une fiche de lecture pour devenir une analyse de genre.
- Élargissement du corpusManus : recensement de la vague depuis 2020. C’est ce qui a fait apparaître Stan Leloup comme précurseur en 2020, et surtout que les critiques de 2020 étaient mot pour mot celles de 2024.
- TypologieClaude Opus 4.5 : « Ces neuf livres se rangent-ils en catégories ? Propose une typologie et dis-moi quel livre résiste le plus mal à ton classement. » → les trois familles (récit de fondateur, créateur devenu auteur, guide grand public), avec Guillaume Pley comme cas limite. J’ai gardé la tension au lieu de la masquer.
- Contre-argument« Quelle est la meilleure défense qu’on puisse opposer à ma thèse ? » → « le livre n’est pas un doublon des vidéos, c’est ce que la vidéo ne pouvait pas faire ». Je l’ai intégrée telle quelle dans l’article, en la reconnaissant comme solide.
4. Rédaction et articulation
Objectifs d’impact fixés avant rédaction : article qui devait fonctionner à la fois comme fiche de lecture (répondre aux attentes de l’exercice) et comme article d’opinion ; démontrer une capacité critique plutôt qu’un enthousiasme ; 2 500 mots assumés, au-delà de la fourchette habituelle parce que trois ouvrages sont traités ; cible : que quelqu’un qui a lu ces livres reconnaisse mon compte-rendu, et que quelqu’un qui ne les a pas lus n’ait pas besoin de les lire pour comprendre le point.
Ce que j’ai refusé de faire faire à l’IA. Aucun résumé de livre n’a été généré. Les trois ouvrages ont été lus, annotés et fichés à la main. Un résumé d’IA aurait été convaincant, plus rapide, et méthodologiquement indéfendable dans un exercice dont le sujet est précisément la valeur de la lecture.
Interventions de l’IA en rédaction :
- Séparation du fait et du jugement. Claude Sonnet 4.5 sur chaque fiche : « Souligne les phrases où je passe du compte-rendu à l’opinion sans le signaler. » Quatre passages reformulés pour rendre la transition explicite.
- Cohérence entre les trois fiches. Même longueur, même structure, même profondeur critique. Ce type de contrôle est mécanique et l’IA le fait mieux que moi.
- Recherche de la référence académique. L’article de Louis Wiart dans la Revue Esprit a été trouvé via Perplexity, puis lu intégralement avant citation. C’est la seule source académique de l’article et elle change son statut.
5. Éthique, sources et hallucination
La règle appliquée. Écrire une fiche de lecture sans lire est la faute la plus évidente que cet exercice permet, et l’IA la rend facile. Les trois livres ont été achetés, lus, et les passages cités retrouvés page à page.
Hallucinations rencontrées :
- Gemini 3 Pro, à qui je demandais la réception critique du livre de Mounir Laggoune, a produit une citation de presse attribuée aux Échos. Introuvable. Supprimée. C’est le type d’invention le plus dangereux ici, parce qu’une citation de presse ne se distingue pas d’une vraie sans vérification.
- Perplexity a donné une date de sortie erronée pour Votre empire dans un sac à dos (2019 au lieu de début 2020). Corrigé sur la fiche éditeur.
- Manus, en recensant la vague éditoriale, a inclus deux livres qui n’existent pas, titres plausibles, auteurs réels. Retirés du corpus après vérification catalogue par catalogue. C’est ce qui m’a fait adopter la règle : aucun ouvrage n’entre dans l’article sans que j’aie vu sa fiche chez l’éditeur.
Ce que je signale comme limite. Le livre de Guillaume Pley était sorti depuis quelques jours au moment de l’écriture. Je le dis dans l’article : je le lis à chaud, sans recul. C’est une faiblesse assumée plutôt que masquée.
Conflit d’intérêts. L’article critique le fait que ces auteurs promeuvent leurs propres plateformes. Par symétrie, je précise que je n’ai aucun lien avec les éditeurs ni les auteurs cités, et qu’aucun lien d’affiliation ne figure dans l’article, alors que le sujet même de l’article rendait la tentation évidente.
6. Exemples de prompts et interactions
Le prompt qui a changé la nature de l’article :
« Voici mes trois fiches de lecture. Ne les résume pas. Dis-moi quel reproche je fais aux trois livres sans l’avoir formulé explicitement. »
Réponse : « vous leur reprochez d’exister sous forme de livre alors que leur contenu existe déjà en vidéo ». C’était exact et je ne l’avais pas vu. L’article est passé de « voici trois livres » à « voici pourquoi le format compte plus que le contenu », ce qui est la seule chose intéressante que j’avais à dire.
Le prompt de recherche de contradiction :
« Ma thèse est que ces livres n’apportent rien sur le fond mais que le format a une valeur propre. Quelle est la meilleure objection à cette thèse ? Écris-la comme la défendrait l’auteur le plus intelligent des trois. »
La réponse, le livre n’est pas un doublon, c’est ce que la vidéo ne pouvait pas faire, figure dans l’article, attribuée comme contre-argument et reconnue comme solide. Un article qui ne présente pas la meilleure objection à sa propre thèse n’est pas une critique, c’est un avis.
Le master prompt de vérification du corpus. C’est lui qui a démasqué deux livres qui n’existaient pas, et je le réutilise dès qu’un article cite plus de trois références.
Tu es bibliothécaire chargé du catalogage. Tu vérifies des références. Tu ne
recommandes rien, tu ne commentes rien, tu ne résumes aucun ouvrage.
MATÉRIAU
Une liste de neuf titres avec auteurs, telle que je l’ai constituée. Elle contient
peut-être des erreurs, des titres approximatifs, voire des ouvrages inexistants.
Ton travail est de le révéler, pas de la rendre présentable.
POUR CHAQUE LIGNE
Éditeur | Collection | Date de parution exacte | ISBN | Prix éditeur |
Existence confirmée par quelle source | URL de la fiche éditeur
RÈGLES ABSOLUES
– Si tu n’as pas l’information avec certitude, écris INCONNU. N’infère aucune
donnée à partir du titre, de l’auteur ou de la vraisemblance.
– Si tu ne trouves pas la fiche de l’ouvrage chez un éditeur identifiable, écris
EXISTENCE NON CONFIRMÉE. Ne propose pas un livre approchant à la place.
– Ne corrige pas silencieusement un titre : signale l’écart sur une ligne séparée.
– Une date de parution reprise d’un site marchand n’est pas une date éditeur.
Précise laquelle tu donnes.
SORTIE
Le tableau, puis la liste des lignes en INCONNU ou EXISTENCE NON CONFIRMÉE,
séparément, pour que je sache quoi aller vérifier moi-même.
Deux « INCONNU » et deux « EXISTENCE NON CONFIRMÉE », qui étaient bien deux inventions : titres plausibles, auteurs réels. L’instruction qui rend ce contrôle utile n’est pas la demande de vérification, c’est l’interdiction de proposer un ouvrage approchant. Sans elle, un outil remplace poliment le livre inexistant par un livre voisin, et l’erreur devient indétectable.
L’article associé
Les entrepreneurs écrivent des livres, et c’est le format qui est intéressant, pas le contenu
Portée de cette note
Les prompts cités sont reproduits dans leur formulation de travail. Les outils sont nommés avec leur version et leur formule d’abonnement à la date de rédaction de l’article, et non à la date de lecture de cette note : les modèles cités sont ceux qui étaient disponibles à ce moment-là.