Les bénéfices du digitale dans la maintenance des trains – Interview Anahit Yepiskopossian

Nina LESEIGNEUR | 14 Avril 2026

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Le monde industriel est en pleine transformation, et le secteur ferroviaire en est un exemple frappant. J’ai eu l’opportunité de visionner une vidéo passionnante sur la « maintenance digitale », un sujet qui, derrière son aspect technique, révèle une révolution profonde. Cette vidéo met en lumière les réflexions d’Anahit Yepiskopossian, ancienne Data Analyst chez Alstom, qui partage son expertise sur la manière dont la data et l’intelligence artificielle redéfinissent la maintenance. Son témoignage est précieux pour comprendre les enjeux, les outils et les bénéfices de cette évolution, mais aussi ses défis, notamment humains.

De la panne subie à l’anticipation : le virage de la maintenance

Anahit Yepiskopossian explique que, pendant longtemps, la maintenance fonctionnait sur un modèle « correctif » : on attendait qu’une pièce casse pour intervenir. Elle illustre les conséquences de cette approche classique : un train en panne en pleine canicule, des passagers bloqués, et des millions d’euros de pertes. C’est une situation où l’entreprise subit les événements.

L’objectif de la maintenance digitale est de changer cette logique. On passe d’abord à une maintenance préventive, où les données aident à optimiser les révisions régulières. L’étape suivante, et la plus ambitieuse, est la maintenance prédictive. Comme le souligne Anahit, il ne s’agit plus de réparer, mais de prévoir exactement quand et où une panne va se produire, avant même qu’elle n’arrive.

Un « système nerveux » technologique au service du rail

Pour réussir cette transition, les trains et les infrastructures sont équipés d’un véritable réseau numérique. Anahit Yepiskopossian détaille les trois piliers technologiques essentiels :

– Les capteurs (IoT) : De petits capteurs sont installés partout sur les équipements (portes, moteurs, climatisation). Ils surveillent en permanence leur état de santé.

– La transmission des données : Ces informations sont envoyées en continu. Quand un train passe par un « dépôt Wi-Fi », toutes ses données sont transférées vers un système central.

– L’analyse par l’IA : C’est ici que l’intelligence artificielle entre en jeu. Des algorithmes complexes analysent ces énormes quantités de données (le Big Data). Anahit compare ce diagnostic à une « IRM ou une radiographie médicale » pour le train, permettant de détecter des signes de faiblesse invisibles à l’œil nu.

Des bénéfices concrets et une portée globale

Les avantages de cette approche sont considérables. Pour les entreprises comme Alstom, l’efficacité opérationnelle est grandement améliorée. Les équipes de maintenance ne gèrent plus les urgences ; elles planifient leurs interventions, savent quelles pièces changer, où et quand. Cela optimise la gestion des stocks et les plannings.

Pour les voyageurs, cela signifie une meilleure fiabilité : moins de retards, moins d’annulations et un confort accru. Anahit Yepiskopossian souligne également la dimension globale de cette révolution. Le numérique supprime les frontières : une solution développée en France peut être utilisée instantanément pour résoudre un problème d’infrastructure à l’autre bout du monde. La connaissance et les solutions circulent très vite.

Le défi humain : la clé de la réussite

Le point le plus marquant du témoignage d’Anahit Yepiskopossian est que le principal obstacle à la maintenance digitale n’est pas la technologie, mais l’humain. Bien que l’investissement initial soit important (installation des capteurs, gestion des données), le vrai défi réside dans la culture d’entreprise.

Passer au digital demande de briser les « silos » traditionnels. Ingénieurs, équipes de maintenance et data analysts doivent apprendre à travailler ensemble, à partager leurs informations et leurs expertises. La mentalité du « si ça marche, on ne touche pas » est un frein majeur. Pour qu’une technologie comme l’IA soit pleinement efficace, il faut d’abord surmonter les résistances au changement et les habitudes bien ancrées. La technologie évolue rapidement, mais l’adaptation humaine demande plus de temps.

Mon regard d’étudiante : l’IA au service de la collaboration

En tant qu’étudiante, le témoignage d’Anahit Yepiskopossian est très inspirant. Il montre que l’IA n’est pas seulement un outil pour automatiser, mais un levier puissant pour transformer des secteurs entiers et améliorer notre quotidien. Ce que je retiens surtout, c’est que la réussite de ces projets technologiques dépend avant tout de la capacité des équipes à collaborer et à s’adapter.

La maintenance digitale, comme le décrit Anahit, est un parfait exemple où la technologie (50%) doit s’accompagner d’une forte conduite du changement (50%). C’est une leçon précieuse qui s’applique à de nombreux domaines : l’outil est puissant, mais c’est la vision humaine et la collaboration qui lui donnent tout son sens. L’avenir de l’industrie sera prédictif et responsable, mais surtout collaboratif, un défi passionnant pour ma génération.