Steve Jobs est une figure de référence de la maitrise de l’art oratoire. Il était connu pour ses conférences comme celle du du 9 Janvier 2007 où il présentait le tout premier smartphone au monde, créant l’émulsion totale du public. Retrouvez le contenu de cette conférence dans cet article.  Nulles doutes que les qualités oratoires de l’ancien patron d’Apple ont été l’un des piliers de sa renommée. Revenons ensemble sur un autre grand moment offert par Steve Jobs lors de la cérémonie de remise des diplômes de Stanford en 2015. Parcourons ensemble 3 astuces utilisées par Jobs pour bien maitriser sa prise de parole en public.

L’art oratoire, astuce #1 : Prendre le contre-pied

Au vu de la réussite de Steve Jobs et de l’événement au cours duquel ce texte a été présenté on aurait pu aisément s’attendre à ce qu’il administre un discours de félicitations. Qu’il explique son succès personnel disséminant quelques clés de réussite aux étudiants. Là n’est pas du tout l’orientation qui a été prise par notre orateur.

En effet, face à un public arborant fièrement leurs jeunes toques de diplômés, Steve Jobs démarre son discours par le fait que lui ne l’a jamais été. Une manière de faire comprendre à ces étudiants pourquoi finalement l’important n’est pas là.
Très rapidement (après 2min30) il affirme que son abandon de l’université a été la meilleure décision de sa vie. Une phrase puissante et raisonnante au vu du contexte. Il insiste donc sur l’importance de suivre son intuition exprimant tout au long de son discours à quel point cela lui a permis de réussir.
Le second point d’orgue de cette prise de partie est la notion de « faire ce que l’on aime ».
Il explique alors comment il a eu la chance de savoir très tôt ce qu’il aimait faire.
Comment, le fait de se faire remercier par le conseil d’administration d’Apple a été une phase très difficile de sa carrière. Mais que celle-ci lui a confirmé la passion qu’il avait pour son métier.  

En bref, Steve Jobs a pris le parti d’une approche plutôt surprenante pour une remise de diplôme.
Là est un premier point de la puissance et la renommée de ce discours qui par ailleurs peut faire sens pour n’importe qui, qui visionnera ce discours.  

« Votre temps est limité, alors ne le gâchez pas à vivre la vie de quelqu’un d’autre. Ne vous enfermez pas dans un dogme, qui serait de vivre selon les résultats de ce que pensent d’autres. Ne laissez pas le bruit de l’opinion des autres noyer votre voix intérieure. Et, encore plus important, ayez le courage de suivre votre cœur et votre intuition. Ils savent déjà, d’une certaine manière, ce que vous voulez réellement devenir. Tout le reste est secondaire. »

L’art oratoire, astuce #2 : relier les points

Souvenez-vous des jeux d’enfants qui consistent à relier les chiffres d’une constellation de points permettant au joueur d’obtenir une forme, un dessin. C’est sur ce principe même que repose ce fameux discours. Vue de manière isolée, certaines expériences vécues par Steve Jobs n’ont pas forcément de sens commun. Le quasi-abandon de l’université, pour n’aller qu’à des cours de calligraphie ne fait pas sens au regard du succès qu’il a connu. Sauf si cette anecdote est mise en perspective de l’usage qu’il en a fait pour venir embellir, des années plus tard, la typographie des Macintosh.

L’art et la manière de dompter cette technique consiste à identifier des moments marquants de sa vie (même si de prime abord ils ne le paraissent pas). Les ré-organiser pour les lier par un fil conducteur (ici pour Steve Jobs : le destin). Les repères temporels sont nécessaires et habilement utilisés par Steve Jobs pour ne pas perdre ses auditeurs. Enfin, la notion de rétrospective est irremplaçable dans l’usage cette technique. En effet, l’ensemble des choix qu’il a pu faire sont à priori incohérents. Mais vue à postériori ils se révèlent être les éléments essentiels qui viennent s’imbriquer logiquement dans le grand puzzle qu’est l’histoire de sa vie.

L’art oratoire, astuce #3 : un chiffre clé, le 3.  

L’une des autres techniques oratoires communément utilisé tout au long de sa carrière et mise en pratique ici est l’utilisation du rythme ternaire. Cette technique consiste à décomposer sa prise de parole en 3 sous-parties et/ou à répéter 3 fois les éléments importants qu’il souhaite que l’on retienne.

Le chiffre 3 a une connotation mélodique sous-jacente dans nos vies, même si elle est peu connue du grand public. En effet, on retrouve cette dimension un peu de partout dans notre univers. En voici quelques exemples :
– La trinité dans la religion (le Père, le Fils & le Saint Esprit)
– La devise française (Liberté, Egalité, Fraternité)
– Le rythme du temps (le passé, le présent et le futur)
– le découpage de la vie (la naissance, la vie la mort)
– La danse (la valse à 3 temps)

C’est d’ailleurs une technique utilisée par de grands orateurs historiques comme Abraham Lincoln, Georges Clemenceau, Geogres Jaques Danton. Avec un travail des transitions, cette technique permet un résultat structuré, justement équilibré qui se retient facilement.

La décomposition du discours de Steve Jobs en 3 histoires représentant 3 grandes parties de sa vie n’est donc pas due au hasard. C’est aussi ainsi qu’à la fin de son discours on entends trois fois en 20 secondes le « presque slogan » de son discours « Restez affamez, Restez dingues ».

Cet article en 3 points clés se veut respecter l’une des grandes pratiques utilisées par le fondateur d’Apple. Il n’en reste pas moins que ces apprentissages restent anecdotiques face à l’immense intelligence d’un homme qui a changé le cours de l’histoire. Pour revoir en entier le discours de Stanford, cliquez sur ce lien.