Interview avec Anaëlle Marsaudon – Play Two

Anaëlle Marsaudon

Anaëlle Marsaudon

Responsable Communication, Marketing et Promotion chez Play Two

J’ai eu le plaisir d’interviewer Anaëlle Marsaudon, responsable communication, marketing et promotion au sein de Play Two. Play Two est un label indépendant de musique, concerts, spectacles et d’édition phonographique. Anaëlle m’a expliquée sa vision du marketing d’influence, et m’a permis d’y voir plus claire dans mon projet de thèse.

1. Quel est votre parcours ?

« Pour commencer, j’ai fait une licence management des entreprises, et à partir du Bac+3, j’ai fait un Master Communication et Marketing de l’Événementiel. Au niveau professionnel, j’ai fait toutes mes études en alternance, donc ça m’a bien aidée. J’ai commencé chez SFR ou j’étais « Assistante administrative » en relation avec ma licence. Ensuite, j’ai fait mon alternance de Master au pôle « Spectacles » dans le Marketing du spectacle, de TF1. Ils m’ont conservé en CDD. Par la suite, j’ai été dans une entreprise de management d’artistes. J’ai fait aussi du Marketing au Théâtre Mogador et je suis actuellement au pôle Marketing d’Événementiel, chez Play Two. »

 

  1. Quelles sont vos missions au sein de Play Two ? Quel est votre rôle exactement ?

« Au sein de Play Two, il y a trois parties :

  1. Label de musique : qui produisent les albums, des artistes musicaux.
  1. Live : qui s’est développé depuis 3 ans, et je m’occupe du marketing des tournées précisément. On a plusieurs artistes, des artistes de label, mais pas que des artistes également qui ne sont pas signés chez nous. Également, nous travaillons sur la partie développement du marketing, la vente de la tournée notamment poussée à l’achat de places de concert.

En interne, nous avons un pôle digital, c’est devenu obligatoire de faire des opérations digitales sur chaque tournée. Ce pôle m’aide notamment dans toutes mes campagnes. Il y a également une recherche sur les partenariats, donc trouver des partenariats en cohérence avec la ligne directrice de l’artiste. Par exemple : pour la promotion d’un « rappeur », je ciblerais plutôt des radios : comme Skyrock ou encore Mouv’. A contrario, si l’artiste est plus dans une lignée « pop », j’irai cibler un média comme NRJ.

3. « Street marketing »: c’est une partie dédiée aux campagnes d’affichages (métro, en régions…). »

« Je suis actuellement au pôle Marketing d’Événementiel, chez Play Two.  » – Interview Anaëlle Marsaudon – Playtwo

  1. Qu’est-ce qui fait de vous un bon responsable Marketing, Promotion & Communication ?

«  D’abord, il faut se tenir au courant des nouvelles actualités, j’ai commencé le métier chez TF1, « spectacles » et c’est vrai qu’il y a 8 ans, il n’y avait presque pas de partie digitale. Par la suite, 8 ans plus tard, c’est devenu l’élément principal.

Faire en sorte que ce que l’on choisit correspond aux projets. En ce moment, on travaille sur plein de rappeurs « urbains », mais aussi sur une comédie musicale qui s’appelle « Molière l’opéra urbain », être originale sur nos idées pour nos spectacles, et ne pas faire la même chose.

Se renseigner sur la cible du spectacle, et faire en sorte que nos actions soient complémentaires. »

 

  1. Utilisez-vous le marketing d’influence au sein de votre entreprise ? Si oui, pour quelles raisons, dans quel objectif ?

Si non, pourquoi ?

« Concernant la partie partenariats, on inclut plusieurs médias : radios, affichage, presse, digitaux comme Spotify, Deezer ou encore Instagram …

Nous avons une personne dédiée qui s’occupe de l’influence digitale et des influenceurs. Elle tente de faire connaître les artistes musicaux de Play Two auprès des influenceurs. Elle essaye également de faire la promotion de la tournée de l’artiste en question et de pouvoir développer sa visibilité auprès d’influenceurs qualifiés.

Elle tient un tableau en interne, avec les goûts musicaux de chaque influenceur. Elle sait qui inviter lors des concerts, à qui demander des places en interne et à qui transmettre des goodies, lorsque c’est nécessaire. »

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« Il a été avéré qu’un post d’un influenceur pouvait avoir le même impact que nos campagnes qui se déroulent sur une semaine. » – Interview Anaëlle Marsaudon – Playtwo

5. Comment définissez-vous le marketing d’influence ? Que pensez-vous du marketing d’influence ?

« Je pense que c’est une partie du marketing à part entière. Personnellement, pour nous en termes de chiffres, il a été avéré qu’un post d’un influenceur pouvait avoir le même impact que nos campagnes qui se déroulent sur une semaine. Il faut avoir en tête, qu’il y a des influenceurs qui ont des communautés assez réactives, et d’autres qui ont des communautés moins engageantes. Il faut vraiment choisir les bons influenceurs. Ayant des communautés pas trop grosses, mais plus engageantes et réactives que des influenceurs qui ont une communauté énorme.

Je privilégie pour mes campagnes, avec les influenceurs avec des communautés raisonnables, pour avoir des résultats positifs.

C’est une partie intégrante du métier, il voir l’envers du décor ce que l’influenceur peut apporter ainsi que la manière dont il vendra le concert auprès de sa communauté.

Il se peut que certains influenceurs soient moins motivés, que d’autres. Pour nous, chez Play Two, chaque dépense, compte et il faut que ce soit une dépense utile.

Autrefois, on avait le droit de se tromper, mais aujourd’hui, c’est plus compliqué. Depuis deux ans, nous devons prendre en compte, la partie COVID, le public ne dépensera pas dans de multiples concerts. Nous sommes confrontés à un public qui achète souvent en dernière minute, de manière impulsive.

Auparavant, nous lancions des campagnes jusqu’à 6 mois en amont. Aujourd’hui, il vaut mieux lancer les campagnes 1 mois à l’avance, car l’achat est beaucoup plus de dernière minute. »

« Nous sommes confrontés à un public qui achète souvent en dernière minute, de manière impulsive. » – Interview Anaëlle Marsaudon – Playtwo

  1. Comment définissez-vous un influenceur ?

« C’est une personne qui a sû récolter une communauté à travers sa personne, qui il est autour d’une même passion ou d’un même sujet. Il y a plein de typologie d’influenceurs différents : lifestyle, cuisine, musique… Qui s’expriment sur des sujets différents.

Il s’adresse quotidiennement sur des sujets qui intéressent sa communauté. Notre typologie d’influenceur privilégié est plus le lifestyle, la musique. 

Si sa communauté est engageante, généralement l’impact est très fort auprès de la communauté qui le suit. »

  1. Que pensez-vous du marketing d’influence, en France, en 2021 ?

« Oui, bien sûr ! Au départ, les influenceurs n’étaient pas pris au sérieux. Pour la plupart, c’étaient les mêmes marques qui l’aient contacté.

Aujourd’hui, de plus en plus d’influenceurs ont des partenariats de qualité. On remarque qu’il y a des marques qui prennent en compte que les influenceurs sont sérieux et qu’il peut générer un business autour de lui. Ils ont vraiment pris une place importante dans le marketing, même ils, sont devenus essentiels. Je remarque dans mes campagnes qu’il y aura une partie réflexion autour de la communication média, mais aussi autour du choix des influenceurs (qui, quoi, quand, où et pourquoi). »

 

« Aujourd’hui, de plus en plus d’influenceurs ont des partenariats de qualité. »

  1. Selon vous, à quel point le marketing d’influence est-il un levier (une force) à exploiter pour les entreprises de l’Entertainment ?

« Tout d’abord pour avoir du relai, de la notoriété. Si on prend un influenceur à 500 K followers, certains ne regarderont pas la story ou le post, mais la plupart la verront, donc c’est une visibilité à part entière.

Aujourd’hui, sur un album, il faut faire en sorte que l’album soit écouté par l’influenceur et par sa communauté. Si c’est le cas d’un concert, faire en sorte que l’influenceur fasse le relai sur ses réseaux, qu’ils en parlent à sa communauté.

Le plus important est la visibilité, d’être vu et reconnu par la communauté visée. Par la suite, l’idéal serait l’acte d’achat, dans le cas de Play Two, c’est l’achat de billets de concert. L’idée est de pouvoir rester dans la tête du public et que cela se transforme par la concrétisation d’un achat. »

 

  1. Quels sont les avantages principaux du marketing d’influence ?

« Les avantages, ce serait la notoriété au mieux l’acte d’achat et une partie également de dynamique. Une marque qui n’est pas présente sur les réseaux sociaux ou qui ne fait pas appel au marketing d’influence, c’est de la visibilité en moins. C’est une entreprise qui n’est pas dans l’air du temps. Pour nous, c’est important de toujours être dans l’air du temps, pour voir ce qui se fait, mais aussi ce qui fonctionne. » 

« Pour nous, c’est important de toujours être dans l’air du temps, pour voir ce qui se fait, mais aussi ce qui fonctionne. »

10. Est-ce que tu alloues toujours une enveloppe budget pour le marketing d’influence ?

« En effet, on alloue toujours une enveloppe de budget pour les influenceurs au début du projet, même si, ce sont des petites opérations, c’est une dépense qu’il faut anticiper. Je l’enregistre dès le début du projet. J’alloue plusieurs budgets : affichage, digital et une partie influenceurs. En fonction du projet et du budget, l’enveloppe peut être plus ou moins grosse. En fonction de ce que je peux allouer, c’est à partir de ce point, que je choisis et que je cible les influenceurs. La personne qui s’occupe des influenceurs me fait une recommandation. Selon le projet, on peut en cibler un ou plusieurs ayant différentes cibles.

Typiquement pour le projet « Molière, l’opéra urbain », la comédie musicale, c’est un projet moderne qui mélange slam et rap. Je vais avoir deux cibles, je vais cibler les fans de comédies musicales, qui sont les femmes de préférence, mais aussi qui sont susceptibles d’aimer l’urbain, qui en général ne sont pas amatrice de comédie musicale. »

 

« Les erreurs à ne pas commettre sont de mal choisir l’influenceur par rapport au projet. Il faut conserver une cohérence. »

  1. Selon vous, quelle est la plus grosse erreur, des marketeurs dans le marketing d’influence ?

« Les erreurs à ne pas commettre sont de mal choisir l’influenceur par rapport au projet. Il faut conserver une cohérence.

Pour un partenariat sur la variété française, je ne vais pas choisir une personne qui n’aime que le rap (NDLR).

Avec de l’expérience, on sait l’influenceur qui est rentable et qui est plus banquable qu’un autre. Ne pas se planter sur la communication, si on sait qu’un influenceur communique moins bien, ou moins souvent ou certains qui ne savent pas communiquer. On essayera de choisir un meilleur influenceur, selon le projet. La plus grosse erreur, c’est de se tromper, mais on peut tous se tromper, on aura essayé et on le saura pour la suite. »

Je remercie Anaëlle Marsaudon de m’avoir accordé cette interview et d’avoir permis que je puisse mieux comprendre les enjeux de son métier et le marketing d’influence.

On reste en contact ?

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