Éduquer sans connexion : le défi de ma thèse sur le digital et l’accès à la formation

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Et si le vrai enjeu du numérique n’était pas l’intelligence artificielle, mais simplement de permettre à chacun d’apprendre, partout, même sans connexion ?

C’est la question au cœur de ma thèse. Une question qui peut sembler technique, mais qui cache en réalité un enjeu profondément humain : celui de l’égalité des chances dans un monde où le savoir circule… mais pas pour tout le monde.

Pourquoi ce sujet ?

On parle beaucoup de révolution digitale, de plateformes e-learning, de MOOC, de formations en ligne accessibles à tous. Mais « accessible à tous »… vraiment ?

Aujourd’hui, des millions d’apprenants à travers le monde dans les zones rurales d’Afrique subsaharienne, dans les régions isolées d’Asie ou d’Amérique latine, mais aussi dans certains territoires français ultra-marins vivent avec une connexion Internet instable, coûteuse, ou tout simplement inexistante. Pour eux, les promesses du digital restent lettre morte.

C’est ce paradoxe qui m’a poussée à choisir cette thématique : comment le digital peut-il faciliter l’accès à la formation dans les zones où la connexion est instable, faible ou inexistante ?

La problématique complète

Dans quelle mesure les outils numériques peuvent-ils permettre aux apprenants situés dans des zones mal connectées voire totalement déconnectées d’accéder à une formation continue, inclusive et efficace, et quelles solutions technologiques sont les plus adaptées pour contourner la fracture numérique dans le secteur éducatif ?

Cette question n’est pas théorique. Elle est ancrée dans des réalités concrètes que j’explore à travers des recherches documentaires, des études de terrain et surtout des interviews de professionnels et d’acteurs du terrain.

Ce que le terrain m’a déjà appris : la rencontre avec Zack

L’une des premières choses qui m’a frappée en travaillant sur ce sujet, c’est que les solutions existent déjà. Des gens les construisent, les testent, les déploient souvent sans grand bruit, souvent sans gros budgets.

C’est exactement ce que j’ai découvert lors de mon interview avec Zack, développeur et ancien étudiant en mathématiques au Burkina Faso. Entre 2018 et 2020, Zack a conçu une application mobile éducative pensée spécifiquement pour les contraintes locales : pas de vidéos lourdes, des cours en texte et en audio, une seule connexion nécessaire au démarrage pour s’authentifier, puis un fonctionnement entièrement hors ligne grâce à un système de compression et de stockage local.

Son projet a été testé dans une école évangélique au Burkina, avec des retours concrets d’enseignants et d’élèves. Il a même présenté son outil au ministère de l’Éducation en 2021 — avant qu’un coup d’État en janvier 2022 ne referme brutalement les portes institutionnelles.

Son histoire illustre parfaitement les deux faces de ce sujet : la faisabilité technique est là, mais les obstacles sont souvent politiques, institutionnels, humains.

👉 Lire l’interview complète de Zack ici

La prochaine étape : l’interview de Mansour Ndao

Le 30 mars 2026, je rencontrerai Monsieur Mansour Ndao pour une nouvelle interview dans le cadre de ma thèse. Cette conversation s’annonce riche : elle me permettra d’élargir la réflexion à d’autres contextes, d’autres approches, et d’autres acteurs impliqués dans l’accès à l’éducation via le digital en Afrique et dans les zones sous-connectées.

Son regard viendra compléter et enrichir les enseignements de l’interview de Zack, pour construire une vision plus globale et nuancée du sujet.

Pourquoi ce sujet compte vraiment

Ce n’est pas une thèse abstraite. Derrière chaque chiffre sur la fracture numérique, il y a un enfant qui ne peut pas faire ses devoirs, un adulte qui ne peut pas se former pour trouver un meilleur emploi, un enseignant qui improvise faute d’outils.

La transformation digitale n’a de valeur que si elle est inclusive. Et l’inclusion commence par se demander : comment faire en sorte que les outils éducatifs fonctionnent pour ceux qui sont le plus éloignés du réseau ?

C’est à cette question que je consacre mes prochains mois de recherche. Et je compte bien partager chaque avancée ici, au fil des interviews, des découvertes et des rencontres.