On a tous déjà vécu cette situation : ouvrir TikTok pour regarder deux ou trois vidéos et se rendre compte, une heure plus tard, qu'on est toujours en train de scroller. Une recette, une vidéo drôle, une nouvelle tendance mode… Tout semble fait pour nous donner envie de rester. Et ce n'est pas vraiment un hasard. Derrière nos fils d'actualité se cachent des algorithmes de recommandation qui apprennent à connaître nos habitudes et nos préférences.

Ces algorithmes sont devenus incontournables sur les réseaux sociaux. Ils influencent les vidéos que nous regardons, les marques que nous découvrons et parfois même les sujets qui nous intéressent. Mais à force de nous proposer exactement ce que nous aimons, ne finissent-ils pas par nous enfermer dans nos propres goûts ?

Cette question fait écho à l'article « Comment les algorithmes de recommandation influencent-ils ce que nous regardons ? », publié sur le blog MBA DMB. L'auteur y explique comment les plateformes cherchent à comprendre ce qui satisfait réellement les utilisateurs, au-delà des clics et du temps passé devant un écran.

Je trouve cette évolution intéressante, mais elle soulève selon moi une autre question : est-ce qu'un algorithme qui connaît parfaitement nos goûts nous aide vraiment à découvrir de nouvelles choses ?

Comment les algorithmes de recommandation influencent nos choix

Sur TikTok, Instagram ou YouTube, nous ne voyons pas les contenus au hasard. Les plateformes analysent nos interactions, les vidéos que nous regardons, les publications que nous aimons ou encore les sujets sur lesquels nous nous attardons.

L'objectif est de proposer des contenus qui correspondent à nos centres d'intérêt. Plus nous utilisons une plateforme, plus elle dispose de signaux pour personnaliser notre expérience.

Cette logique est expliquée dans la documentation officielle de TikTok, qui présente les différents facteurs influençant les recommandations.

Et il faut reconnaître que cela fonctionne souvent très bien. Quand on s'intéresse à la mode, au sport, à la décoration ou aux voyages, on apprécie généralement de retrouver ces sujets dans son fil d'actualité.

Pour les créateurs et les marques, c'est aussi une opportunité. Un compte encore peu connu peut gagner en visibilité si ses contenus intéressent les bonnes personnes.

Mais cette personnalisation pose une question : est-ce qu'on découvre encore librement ou est-ce qu'on regarde surtout ce que les plateformes ont appris à nous proposer ?

Pourquoi nos réseaux sociaux finissent tous par se ressembler

Prenons un exemple très concret. Vous regardez quelques vidéos sur les tendances vestimentaires. Rapidement, votre fil se remplit de conseils mode, de nouvelles marques et d'inspirations de tenues.

Au début, c'est exactement ce que vous recherchez. Mais au bout d'un moment, les mêmes styles reviennent, les mêmes tendances circulent et les mêmes créateurs apparaissent.

On peut alors avoir l'impression de découvrir beaucoup de choses, alors qu'on reste finalement dans un univers assez similaire.

Ce phénomène rejoint le concept de bulle de filtres, popularisé par Eli Pariser dans son livre The Filter Bubble, publié en 2011. L'idée est qu'une personnalisation excessive peut réduire notre exposition à des informations ou des points de vue différents.

Bien sûr, les réseaux sociaux ne nous enferment pas systématiquement dans une bulle. Les recommandations peuvent aussi nous faire découvrir des sujets inattendus. Tout dépend du fonctionnement des plateformes et de nos propres comportements.

Mais le risque existe : à force de vouloir nous montrer ce qui nous plaît, les algorithmes peuvent laisser moins de place à ce qui pourrait nous surprendre.

Passer du temps sur TikTok signifie-t-il vraiment être satisfait ?

C'est l'un des points que j'ai trouvés les plus intéressants dans l'article initial. Les plateformes ne cherchent plus seulement à savoir si nous cliquons sur une vidéo. Elles tentent aussi de comprendre si nous apprécions réellement le contenu proposé.

YouTube explique notamment utiliser des enquêtes de satisfaction et différents signaux pour améliorer son système de recommandation, comme le détaille son article On YouTube's Recommendation System.

Mais personnellement, je trouve qu'il existe une différence importante entre passer du temps sur une plateforme et en ressortir satisfait.

On peut regarder des dizaines de vidéos parce qu'elles sont divertissantes, puis avoir l'impression d'avoir perdu une heure. À l'inverse, une vidéo qui nous fait réfléchir ou qui nous apprend quelque chose ne provoquera pas forcément une réaction immédiate.

Alors, comment mesurer ce qui constitue réellement un contenu de qualité ?

Les algorithmes de recommandation peuvent analyser nos comportements, mais ils ne peuvent pas toujours traduire toute la complexité de notre expérience.

Un contenu qui retient notre attention n'est pas nécessairement un contenu qui nous apporte de la valeur.

Les marques doivent-elles suivre les algorithmes à tout prix ?

Cette question concerne aussi directement le marketing digital.

Aujourd'hui, les marques cherchent à comprendre les algorithmes des réseaux sociaux pour améliorer leur visibilité. Elles adaptent leurs publications aux formats populaires, utilisent les tendances du moment et travaillent leurs premières secondes de vidéo pour capter l'attention.

Ces techniques peuvent être efficaces. Pourtant, en parcourant les réseaux sociaux, on remarque aussi que beaucoup de contenus finissent par se ressembler.

Mêmes musiques, mêmes transitions, mêmes accroches… À force de vouloir suivre les tendances, certaines marques risquent de perdre ce qui fait leur singularité.

Et c'est là que je trouve le paradoxe intéressant : les marques cherchent à se différencier, mais utilisent parfois exactement les mêmes recettes pour gagner en visibilité.

Pourtant, une bonne stratégie de contenu ne devrait pas uniquement dépendre du nombre de vues ou du taux d'engagement. Elle devrait aussi permettre de transmettre une identité, de créer une relation avec son audience et de rester reconnaissable.

Les algorithmes de recommandation sont des outils puissants, mais ils ne devraient pas dicter l'ensemble des choix créatifs d'une marque.

Comment retrouver de la découverte sur les réseaux sociaux ?

La solution n'est évidemment pas de supprimer les algorithmes. Sans eux, il serait difficile de naviguer parmi les millions de contenus publiés chaque jour.

En revanche, il serait intéressant de laisser davantage de place à la surprise et à la diversité.

Pourquoi ne pas imaginer des fils d'actualité qui nous proposent régulièrement des sujets différents de nos habitudes ? Ou des fonctionnalités permettant de choisir plus facilement le niveau de personnalisation souhaité ?

Certains outils existent déjà, comme les options permettant de signaler qu'une publication ne nous intéresse pas ou de réinitialiser certaines recommandations.

Mais au-delà de ces fonctionnalités, c'est notre rapport aux contenus numériques qui mérite d'être questionné.

Découvrir quelque chose de nouveau, c'est parfois tomber sur un sujet que l'on n'aurait jamais pensé rechercher. C'est aussi être confronté à des idées différentes ou à des univers qui ne nous ressemblent pas forcément.

Une bonne recommandation ne devrait pas seulement nous donner ce que nous attendons. Elle devrait parfois nous proposer ce que nous n'aurions jamais imaginé regarder.

Conclusion : et si les algorithmes nous connaissaient trop bien ?

Les algorithmes de recommandation ont profondément transformé notre manière de consommer les contenus sur les réseaux sociaux. Ils facilitent l'accès à l'information, améliorent la personnalisation et offrent de nouvelles possibilités aux marques et aux créateurs.

Comme le souligne l'article initial du blog MBA DMB, les plateformes cherchent désormais à mieux comprendre la satisfaction des utilisateurs.

Mais je pense que cette évolution doit s'accompagner d'une autre réflexion : comment préserver notre curiosité dans un environnement qui anticipe de mieux en mieux nos préférences ?

Pour les marques, cela signifie aussi qu'il ne faut pas confondre visibilité et créativité. Suivre les tendances peut être utile, mais construire une identité forte reste essentiel.

Finalement, le meilleur algorithme n'est peut-être pas celui qui sait exactement ce que nous voulons voir, mais celui qui nous donne encore envie de découvrir autre chose.

Sources et références

Note méthodologique IA : https://blog.mbadmb.com/note-methodologique-ia-algorithmes-de-recommandation-choisit-on-encore-ce-quon-regarde/