Vivatech : Focus sur la start-up HABS AI
VivaTech : le rendez-vous incontournable de l’innovation
Chaque année depuis 2016, VivaTech s’impose comme le plus grand rendez-vous européen dédié à l’innovation technologique. Organisé à Paris, cet événement réunit pendant plusieurs jours un écosystème unique composé de start-ups, grands groupes, investisseurs, chercheurs, médias et talents du numérique venus du monde entier. Son objectif : mettre en lumière les technologies qui façonneront le monde de demain, à travers des démonstrations, des conférences inspirantes et des rencontres entre professionnels.
VivaTech est bien plus qu’un simple salon. C’est un véritable hub d’innovation où se croisent les idées, les visions et les projets les plus prometteurs du moment. En 2025, l’événement a attiré plus de 150 000 visiteurs venus découvrir les innovations de plus de 2 800 exposants, dont près de 50 % de start-ups. Des géants comme Google, LVMH, Microsoft, Orange, Renault ou Meta y côtoient des jeunes pousses françaises et internationales, dans des domaines aussi variés que l’intelligence artificielle, la santé, la robotique, la cybersécurité, la mobilité durable ou la réalité virtuelle.
Ce qui rend VivaTech si unique, c’est cette capacité à créer des ponts entre l’industrie traditionnelle et les innovations de rupture. C’est aussi un lieu d’échange autour des grandes questions d’avenir : comment rendre la technologie plus éthique ? Comment favoriser l’inclusion et la transition écologique grâce à l’innovation ? Comment faire émerger les champions européens du numérique face aux géants américains et chinois ?
Mais VivaTech, c’est surtout un terrain d’expérimentation et de démonstration, où l’on peut tester les technologies en direct, rencontrer leurs créateurs et comprendre concrètement ce qu’elles peuvent apporter à nos vies. C’est dans ce cadre que j’ai découvert une innovation fascinante, présentée sur l’un des stands, qui m’a véritablement marqué par son potentiel : un capteur cérébral capable de lire en temps réel notre activité mentale. Une technologie de rupture portée par une start-up française, qui pourrait bien changer notre rapport à la cognition, à la performance et à nous-mêmes.
Une start-up française qui m’a marqué sur le salon : HABS AI
Fondée en 2023 et basée à Paris, HABS (Human Augmented Brain Systems) est une start-up deep tech qui se positionne à la pointe de la neurotechnologie non invasive, avec pour ambition de "rendre les ondes cérébrales exploitables" dans des usages concrets et éthiques. Grâce à son technologie Brain‑OS, HABS propose une solution de type Brainwaves as a Service (BaaS) : un capteur EEG simplifié, accompagné d’une intelligence artificielle cognitive et fédérée, capable de décoder les NeuroMarkers, expressions cérébrales de nos émotions, intentions, niveaux d’attention ou même de fatigue.
L’un des points forts de HABS réside dans la simplicité et la légèreté du dispositif : seulement six électrodes suffisent pour capter des signaux fiables, contre plusieurs dizaines requis par des systèmes traditionnels. Ce format épuré permet une installation rapide, non intrusive et sans gêne pour l’utilisateur. La start-up mise sur une confidentialité renforcée : les données EEG brutes restent localisées et protégées selon les normes GDPR, seules des données anonymisées et cryptées sont exploitées à des fins d’analyse.
Présente à VivaTech 2025 sur le stand K06, HABS a multiplié les démonstrations avec Sensora, sa solution de neuro-IA temps réel, et Neoxa, le capteur lui-même intégrant l’IA embarquée. Othman Chiheb, CMO de la start-up, a notamment mis en avant ces outils lors d’un talk sur la scène Discovery de VivaTech, où il a présenté la vision de l’« Emotion as a KPI » : mesurer l’émotion humaine comme un indicateur de performance pertinent pour les marques et organisations.
Sur le plan commercial, HABS propose déjà un service SaaS pour accompagner les entreprises lors de leurs phases de R&D ou de tests consommateurs. L’un des exemples concrets cités est son utilisation pour la validation sensorielle d’une nouvelle gamme de parfums chez le Coq Sportif/Extend Beauty. Trois fragrances, Bleu Optimisme, Rouge Énergie et Blanc Relax ont été évaluées via les réponses émotionnelles des utilisateurs, permettant ainsi d’optimiser le produit selon des critères neurologiques réels.
L’entreprise s’appuie également sur des partenariats forts, notamment avec l’Université Paris‑Saclay, pour consolider ses compétences en neurosciences, échange de données et visualisation. Une convention a été signée à VivaTech 2025, matérialisant cette alliance stratégique qui ouvre la voie à des synergies durables entre recherche fondamentaliste et innovation expérimentale.
Enfin, la vision technologique de HABS cible plusieurs marchés : la cybersécurité (authentification par signature cérébrale), la mobilité (sécurité routière pour détecter fatigue ou état altéré), la santé mentale, l’éducation, le marketing sensoriel, le luxe, l’eSport… Le capteur Brain‑OS est conçu pour s’adapter à de nombreuses industries, avec comme objectif de démocratiser l’usage des ondes cérébrales dans des contextes professionnels, sans aucune intrusion ou pose invasive.
Une innovation qui lit votre cerveau
Depuis sa création en 2023 à Paris, HABS (Human Augmented Brain Systems) se positionne comme une référence dans le domaine des neurotechnologies non invasives, avec une ambition forte : rendre les signaux cérébraux, ou Brainwaves, exploitables à grande échelle via une plateforme SaaS accessible.
La pierre angulaire de l’innovation de HABS est son capteur EEG (Neoxa), équipé de seulement six électrodes, contre plusieurs dizaines dans les appareils traditionnels, ce qui facilite grandement son utilisation. Ce dispositif léger et mobile garantit une détection précise des signaux cérébraux, même en conditions dynamiques, grâce à sa robustesse industrielle.
Loin d’être un simple enregistreur, ce capteur s’intègre à Brain-OS, une architecture embarquant deux couches d’intelligence artificielle : une IA cognitive, conçue pour détecter les émotions, intentions ou niveaux de concentration en temps réel, et une IA fédérée, qui apprend en continu à partir de données anonymisées . Le résultat : des neuromarkers fiables comme le plaisir, la fatigue, la confusion ou la concentration, interprétés via une matrice Valence-Arousal, qui relie la qualité émotionnelle (positive ou négative) à l’intensité du ressenti.
Lors d’un test sensoriel mené pour le luxe (Le Coq Sportif et Extend Beauty), HABS a utilisé son capteur pour mesurer les réactions cérébrales à trois parfums (« Bleu Optimisme », « Rouge Énergie », « Blanc Relax »), permettant aux marques d’obtenir un label émotionnel validé scientifiquement. L’intérêt est double : réduire les biais subjectifs du marketing et optimiser la perception produit avant sa mise sur le marché.
Sur le plan technique, le capteur Neoxa est équipé d’un processeur neuronal (NPU) pour le deep learning local, garantissant des analyses rapides, une faible consommation et une forte confidentialité. Grâce à cette combinaison de matériel dédié et d’IA embarquée, l’appareil fonctionne en temps réel, en mode always-on, avec un débit de données limité au strict nécessaire .
Côté confidentialité, HABS assure que les données EEG brutes restent stockées localement, tandis que seules des représentations non identifiantes et cryptées sont partagées et analysées pour entraîner l’IA. Cette approche respecte le RGPD et limite les risques de vie privée, ce qui est crucial pour la confiance des utilisateurs .
Enfin, les usages potentiels de cette technologie sont multiples : cybersécurité biométrique (authentification via signature cérébrale), sécurité routière (détection de la fatigue du conducteur), éducation (suivi de l’attention des élèves), e-sport (optimisation de la performance), santé mentale (monitoring du stress), ou encore le marketing sensoriel et expérientiel . HABS ambitionne ainsi de démocratiser la lecture du cerveau, pour en faire un outil utile, éthique et accessible à de nombreux secteurs.

Un capteur aux applications concrètes et prometteuses
Lors de VivaTech 2025, j’ai pu découvrir sur le stand de HABS une démonstration particulièrement marquante : des volontaires équipés du capteur cérébral ont dégusté un macaron de la maison Ladurée, tandis que l’outil mesurait en temps réel leurs réponses neuronales. Ce test sensoriel inédit révélait l’impact émotionnel d’une simple bouchée, transformant une expérience gustative en données quantifiables. Le message était clair : ce capteur ne se limite plus à la mesure de la concentration ou du stress, il est capable d’interpréter nos sensations, jusqu’à celles de plaisir gourmand. Cette démonstration a mis concrètement en lumière le potentiel de cette innovation pour explorer des usages variés et prometteurs.
Dès lors, les applications de la technologie HABS se dessinent avec précision. Dans l’industrie alimentaire et du luxe, comme cette mise en situation, la mesure de l’expérience sensorielle devient un outil puissant. Grâce aux neuromarkers captés, comme le plaisir, la surprise ou la satisfaction, les marques peuvent concevoir des produits plus en phase avec les attentes émotionnelles réelles des consommateurs. Imaginez un parfum, un café ou un plat validé scientifiquement sur l’impact émotionnel qu’il génère, bien au-delà des simples questionnaires subjectifs.
L’éducation constitue un second champ d’application majeur. En surveillant les niveaux d’attention et de concentration, le capteur EEG peut aider à adapter les méthodes pédagogiques en temps réel. Un enseignant pourrait par exemple détecter les moments où les élèves décrochent et ajuster le rythme de la leçon, ou bien adapter l’apprentissage individuel selon les réactions cognitives analysées dynamiquement. Une telle approche renforce l'engagement digital dans les environnements scolaires innovants.
Dans le domaine des Ressources humaines, la technologie de HABS permet de mesurer des soft-skills jusque-là difficiles à quantifier. Lors d’un entretien ou d’une mise en situation, le capteur peut détecter le niveau de stress, la capacité de concentration ou la confiance d’un candidat. Cela permettrait aux recruteurs de sélectionner les profils les plus aptes à évoluer dans un contexte donné, avec des données objectives et neutres, et non biaisées par l’apparence ou l’intuition.
En matière de sport et e-sport, l’innovation prend une dimension compétitive. Pour un athlète ou un joueur professionnel, suivre l’évolution de la fatigue mentale, de la concentration ou du stress en temps réel constitue un atout stratégique. Le capteur permettrait d’ajuster l’entraînement en fonction de la réponse cérébrale, de prévenir les états de surmenage et d’optimiser la performance au millimètre. On pourrait ainsi passer d’une approche physique-statistique à une version neurométrique ultra-personnalisée.
Quant à la santé mentale, HABS ouvre la voie à un monitoring proactif : détecter précocement le stress chronique, la fatigue cognitive ou les signaux avant-coureurs d’un burn-out, tout en garantissant la confidentialité des données cérébrales. L’outil pourrait être intégré dans des programmes de prévention ou de bien-être au travail, permettant d'intervenir avant que la détresse émotionnelle ne s’installe.
L’industrie automobile et de la mobilité bénéficie également de cette innovation : ce capteur pourrait être incorporé dans le poste de conduite pour surveiller l’attention, détecter la somnolence ou le stress du conducteur en temps réel, et déclencher des alertes ou des assistances proactives, renforçant la sécurité routière.
Enfin, le marketing expérientiel est sans doute l’un des terrains à explorer pleinement. Avec la démonstration de l’émotion lors de la dégustation du macaron, HABS montre le chemin : l’émotion devient un KPI mesurable. Des campagnes publicitaires ou des produits peuvent être validés en testant leur impact émotionnel sur un groupe cible, garantissant ainsi une pertinence sensorielle avant lancement.
En résumé, l’expérience du macaron sur le stand HABS à VivaTech est plus qu’un simple tour de circuit : c’est une démonstration vivante de la capacité de cette technologie à rendre nos émotions mesurables, objectivables et exploitables. De la gastronomie à l’éducation, du recrutement à la santé, du sport à la mobilité, le capteur cérébral HABS trace la voie vers une nouvelle ère où l’émotion est intégrée au centre de l’innovation, parfaitement alignée avec les exigences d’éthique et de confidentialité moderne.
Une technologie éthique made in France
Ce qui m’a particulièrement marqué avec HABS, au-delà de la prouesse technologique, c’est son ancrage 100 % français et son engagement éthique fort. Dans un monde de plus en plus dominé par des géants technologiques étrangers, souvent américains ou asiatiques, il est rare de voir émerger une start-up tricolore capable de rivaliser avec les meilleures dans un domaine aussi complexe que les neurotechnologies. Et pourtant, HABS y parvient avec brio.
Toute la technologie développée, du capteur cérébral Neoxa à la plateforme d’analyse Brain‑OS, est conçue, fabriquée et opérée en France. Leurs locaux sont situés à Paris, et l’entreprise s’appuie sur un réseau de partenaires nationaux issus de l’écosystème de la recherche publique et privée. À VivaTech, cette dimension était visible et assumée. Le « Made in France » n’était pas un argument marketing creux, mais bien une réalité concrète, incarnée dans chaque aspect du projet. Même leur processeur neuronal embarqué est pensé localement, et leur partenariat avec l’Université Paris‑Saclay témoigne d’une volonté forte de s’inscrire dans une dynamique de recherche académique française de haut niveau.
Ce positionnement m’a vraiment séduit, car il montre qu’on peut encore innover en France, sur des sujets aussi techniques et sensibles que la lecture des ondes cérébrales, sans dépendre de structures étrangères ou de circuits industriels délocalisés. En ce sens, HABS porte une vision souveraine de la technologie, où le contrôle des données, des infrastructures et des usages reste entre des mains françaises. C’est un acte fort, presque militant, dans un contexte où la cybersécurité et la maîtrise des systèmes deviennent des enjeux cruciaux.
Mais ce n’est pas tout. Ce que j’ai également apprécié, c’est leur démarche éthique, qui est au cœur de leur modèle. HABS n’a pas pour objectif de décoder le cerveau à des fins de surveillance ou de manipulation, mais bien de le comprendre pour mieux servir l’humain. Le traitement des données EEG respecte strictement le RGPD : aucune donnée brute n’est stockée sur des serveurs distants, et l’intelligence artificielle embarquée sur le capteur permet un traitement local sécurisé. Seules des informations anonymisées et non identifiantes sont utilisées, garantissant un respect total de la vie privée.
Cette transparence, cette approche respectueuse des utilisateurs, couplée à un vrai ancrage territorial français, est selon moi l’un des aspects les plus prometteurs de la start-up. Elle prouve qu’il est possible de proposer une technologie de rupture, inclusive et éthique, sans céder aux logiques d’exploitation des données à tout prix. Et en tant que visiteur à VivaTech, c’est exactement ce genre d’innovation que je suis venu chercher : une technologie utile, mais surtout responsable. Une innovation qui nous ressemble et qui nous respecte.
Pour conclure, VivaTech est toujours l’occasion de découvrir des technologies qui marquent les esprits, mais cette année, c’est sans doute la rencontre avec HABS qui m’a le plus impressionné. Leur capteur cérébral ne se contente pas de capter des ondes : il ouvre une nouvelle ère dans notre rapport au cerveau, à l’émotion, à l’expérience. En rendant l’activité cérébrale mesurable, compréhensible et exploitable dans de multiples domaines : de l’éducation à la santé, en passant par le marketing ou la performance, cette innovation repousse les frontières du possible, tout en restant fidèle à des valeurs fondamentales : l’éthique, la transparence et la souveraineté technologique.
Leur démarche 100 % française, profondément respectueuse de la vie privée et ancrée dans une vision humaniste de la technologie, montre qu’il est encore possible de concevoir des innovations de rupture sans compromis sur les valeurs. Et c’est sans doute cela qui m’a le plus marqué : la preuve vivante qu’en France aussi, on peut inventer le futur, un futur où la technologie s’adapte à l’humain, et non l’inverse.
HABS incarne une innovation utile, responsable et inspirante. Et si cette start-up trace le chemin d’un nouveau dialogue entre notre cerveau et les machines, elle nous rappelle aussi qu’en matière d’innovation, l’intelligence humaine reste la plus belle des ressources.