VivaTech 2026 : 3 démos qui annoncent la disparition des écrans ?

La gen Z : un tourisme 2.0

Du 17 au 20 juin 2026, VivaTech fêtait ses dix ans à Paris Expo Porte de Versailles. Une édition record : plus de 200 000 visiteurs de 165 nationalités, 15 000 startups, 4 500 exposants et 1 155 intervenants. J’y étais, et si les keynotes de Jeff Bezos ou de Narendra Modi ont fait les gros titres, c’est dans les allées de la galerie de l’innovation que se jouait, à mon sens, le plus intéressant. Loin des grandes scènes, c’est là que l’on touche du doigt ce que la tech prépare concrètement pour la décennie à venir. Trois démonstrations m’ont particulièrement marquée, et mises bout à bout, elles racontent toutes la même histoire. Celle d’une technologie qui quitte nos écrans pour entrer dans nos corps et nos environnements…

Xpanceo : la lentille de contact qui veut tuer le smartphone

C’est probablement la démo la plus commentée du salon. La startup Xpanceo a présenté une lentille de contact intelligente capable d’afficher des informations directement dans le champ de vision. Pensée comme une alternative aux écrans traditionnels, elle serait rien « l’interface reine de l’ère de l’IA », selon ses ambitions. Là où les lunettes connectées imposent encore un objet visible entre le monde et nous, la lentille fait disparaître le dispositif lui-même. Ça donne une idée assez vertigineuse de ce que pourrait être notre rapport à l’information dans dix ans. Plus rien à sortir de sa poche, plus rien à allumer, l’information serait simplement là, en permanence, dans notre regard.

La gen Z : un tourisme 2.0
La gen Z : un tourisme 2.0

Unitree × HABS : un robot humanoïde piloté par la pensée

Une autre innovation forte de Vivatech : la démonstration conjointe du fabricant de robots Unitree et de la startup HABS. Un humain a contrôlé un robot humanoïde par sa seule activité cérébrale, sans aucun implant. Ce dernier détail change tout. Nul besoin de chirurgie ni de dispositif invasif, un simple capteur externe suffit à transformer une intention en mouvement. L’interface cerveau-machine, longtemps cantonnée à la science-fiction, se montrait là en conditions réelles, devant le public d’un salon. La foule agglutinée autour de la démo, téléphones levés, en disait long sur l’effet produit.

Lifepods : la capsule qui protège des risques extrêmes

Enfin, Lifepods a exposé sa capsule de protection autonome et résiliente, conçue pour offrir un abri immédiat face aux événements extrêmes. Une démo à Vivatech qui tranche avec l’optimisme ambiant du salon. Elle rappelle que l’innovation de la prochaine décennie devra aussi composer avec les crises climatiques, sanitaires, géopolitiques, plutôt que les ignorer. Entre la lentille qui augmente notre regard et le robot qui prolonge notre pensée, cette capsule qui nous enveloppe raconte, elle aussi, une technologie qui se rapproche toujours plus du corps, cette fois pour le protéger.

La gen Z : un tourisme 2.0

Ma mise en perspective : quand l’interface disparaît, que reste-t-il ?

Prises indépendamment, ces démos peuvent sembler gadgets. Mises côte à côte, elles dessinent une trajectoire cohérente que plusieurs observateurs du salon ont relevée. Les interfaces traditionnelles s’effacent progressivement, et la frontière entre monde physique et monde numérique s’estompe. Après la décennie du smartphone, VivaTech 2026 annonce celle du corps comme interface.

Il faut toutefois garder la tête froide, et c’est là que je veux apporter ma nuance. Comme le soulignait un article d’IT Social, ces vitrines spectaculaires servent d’abord la notoriété de l’événement. Sûrement, qu’aucune de ces technologies n’est prête pour un déploiement massif, et l’histoire de la tech est remplie de démos bluffantes restées sans lendemain.

Reste une question qui me poursuit depuis le salon, et qui rejoint la problématique de mon mémoire sur l’IA, la créativité et l’esprit critique. Si l’information s’affiche demain directement sur notre rétine et que les machines répondent à nos pensées, l’effort d’aller chercher, de trier et de douter deviendra encore plus optionnel qu’aujourd’hui. La disparition des interfaces est une prouesse d’ingénierie. En revanche, la disparition de la friction intellectuelle, elle, mérite qu’on s’en méfie un peu.

Ce que j’en retiens

Pour nous, futurs professionnels du marketing digital, le signal est clair. Les points de contact avec les publics vont se transformer radicalement. Un monde sans écrans, c’est un monde sans bannières, sans feeds à scroller, sans vitrines numériques telles que nous les connaissons. Donc des métiers de la communication à réinventer en profondeur. Les marques qui réfléchissent dès maintenant à un monde post-smartphone auront une longueur d’avance. Rendez-vous alors du 16 au 19 juin 2027 pour vérifier lesquelles de ces promesses auront survécu à leur propre démo.

NOTE MÉTHODOLOGIQUE : https://blog.mbadmb.com/note-methodologique-evenement-vivatech-2026-3-demos-qui-annoncent-la-disparition-des-ecrans/