VivaTech 2026 : Focus sur Alex (Stern Tech), l’IA de scoring comportemental RH

Pendant quatre jours intenses, Paris Expo Porte de Versailles s'est métamorphosé en épicentre mondial des nouvelles technologies. Du 17 au 20 juin 2026, l'incontournable salon
Entre démonstrations spectaculaires de vision par ordinateur, pavillons internationaux et effervescence collective, VivaTech a tenu toutes ses promesses. Mais au-delà de la démesure des grands groupes, c’est au cœur du pôle
VivaTech 2026 : Deux jours d'immersion au carrefour des ruptures technologiques

Arriver sur le parvis de la Porte de Versailles dès les premières heures de la matinée, c’est entrer dans un tourbillon d’idées et d'expérimentations. Dès le hall d'entrée, les files d'attente compactes et les écrans géants donnaient le ton d'une édition 2026 résolument tournée vers l'adoption concrète des modèles d'intelligence artificielle.
En sillonnant les allées, impossible de ne pas être marqué par l'effervescence du pôle BeautyTech. Le stand L’Oréal et son espace Beautytainment Show illustraient parfaitement comment la cosmétique fusionne avec le divertissement interactif et l’analyse prédictive pour réenchanter le parcours consommateur. Quelques mètres plus loin, les démonstrations de détection en temps réel (comme les systèmes de sécurité SAS analysant les postures corporelles et les flux de passants) rappelaient à quel point la capture de données comportementales s'est sophistiquée.
Toutefois, mon objectif sur ces deux jours était également d'aller à la rencontre de l'écosystème entrepreneurial français. C’est en me rendant dans le village des startups, stand 2B10-004, que j’ai découvert le corner de Stern Technology.
Au stand 2B10-004 : À la découverte d'Alex par Stern Tech

Sous l'arche du village French Tech, l'affiche de présentation de Stern Technology posait d'emblée une ambition claire dans le secteur de la HRTech et de l'EdTech : "Real-time behavioral scoring, highlighting real skills, expectations, engagement and sincerity of the candidates".
Derrière cette promesse se trouve
Sur le stand, j'ai eu le plaisir d'échanger longuement avec deux membres de leur équipe : une alternante rattachée au pôle Ressources Humaines et un stagiaire au développement technologique. La complémentarité de ces deux profils jeunes et passionnés a rendu la discussion vivante et sans filtre corporate. Côté RH, l'enjeu était de vulgariser le gain de temps et l'objectivation des entretiens ; côté Tech, il s'agissait de m'expliquer comment les modèles sous-jacents traitent les flux audio et textuels pour faire ressortir des indicateurs exploitables.
Comment fonctionne concrètement la plateforme Alex ?
L'écran de démonstration disposé sur le stand présentait une interface particulièrement claire et ergonomique :
-
L'analyse de cohérence en amont : La solution permet de filtrer les profils en mesurant un score d'adéquation fine entre les compétences inscrites sur le curriculum vitae et les exigences formulées dans la fiche de poste.
-
Le scoring post-entretien : Dès qu'une session d'échange est finalisée, le module Alex enclenche un traitement structuré en plusieurs volets :
-
-
Analyse des besoins exprimés par le candidat ;
-
Évaluation des compétences comportementales (soft skills) ;
-
Mesure du niveau d'implication et de satisfaction ;
-
Détection des moteurs de motivation et des traits de personnalité ;
-
Synthèse globale et génération instantanée d'un rapport de synthèse pour le recruteur.
-
-
L'objectif affiché n'est pas de court-circuiter l'échange humain, mais de libérer les équipes RH des tâches chronophages de qualification initiale. Face à des centaines de candidatures reçues pour une seule offre d'emploi, un tel filtrage intelligent promet de faire émerger des talents dont le potentiel dépasse les simples mots-clés d'un CV classique, tout en apportant une grille d'analyse uniforme.
Biais algorithmiques et éthique : le regard critique indispensable
Évaluer des compétences techniques est une chose ; modéliser la « sincérité », la « personnalité » ou « l'engagement » d'un individu en est une autre. Dès lors qu'un algorithme intervient dans la sélection d'êtres humains, la question de l'éthique et de l'équité s'impose d'elle-même.
En tant que femme noire, la question des biais discriminatoires est un sujet que j'ai immédiatement soulevé auprès de l'équipe de Stern Tech. L'histoire récente de l'intelligence artificielle a déjà montré des exemples d'algorithmes de recrutement ayant involontairement pénalisé des candidatures féminines ou issues de minorités parce qu'ils avaient été entraînés sur des historiques d'embauches non diversifiés.
Sur ce point, les deux représentants de Stern Tech ont apporté des réponses honnêtes et instructives. Loin de prétendre détenir une formule magique infaillible, ils ont insisté sur leur méthodologie itérative en test and learn. Le développement d'Alex s'appuie sur des cohortes de tests diversifiées et des boucles de rétroaction permanentes afin de débiaiser les modèles et d'éviter que des spécificités d'élocution, d'accent ou d'expressions culturelles ne viennent fausser la notation.
Cette vigilance éthique s'inscrit d'ailleurs pleinement dans le cadre posé par l'
Ce qu'il faut retenir de cette expérience
Mes deux journées à VivaTech 2026 confirment une certitude : l'intelligence artificielle n'est plus cantonnée au statut de concept prospectif, elle façonne désormais les opérations quotidiennes de chaque fonction de l'entreprise.
En s'attaquant au scoring comportemental, Alex de Stern Tech illustre bien cette nouvelle génération d'outils d'assistance décisionnelle. Utilisée avec discernement, une telle technologie constitue un levier précieux d'efficacité pour les recruteurs. Elle ne doit toutefois jamais se substituer à la sensibilité, à l'intuition et à l'empathie d'un échange réel en face-à-face.
L'intelligence artificielle doit rester un copilote éclairé, laissant toujours le dernier mot à l'humain.