La démesure d’un rendez-vous mondial

Cette édition de VivaTech 2025 a battu tous les records : 165 000 visiteurs, 3 500 exposants, et une IA omniprésente. Les géants de la tech comme Google, Amazon ou Microsoft côtoient les innovateurs de demain. Un événement à la fois éblouissant… et déconcertant.

Enseigne d'entrée du salon Viva Tech

L’intelligence artificielle partout… et pour tout

Cette année, l’IA était partout. Dans les conférences, sur les stands, dans les démonstrations. On nous montre des IA qui parlent, dessinent, programment, soignent ou analysent des données.

Le Journal du Net parle d’un outil puissant mais aussi source de tensions. C’est ce que j’ai ressenti : beaucoup de promesses, mais aussi beaucoup de questions. Qui décide de ce qu’on fait avec ces technologies ? Qui en profite vraiment ?

Dans un podcast de France Culture, un intervenant dit qu’on “va toujours plus vite, mais qu’on ne sait plus où”. Cette phrase m’est restée. Je crois qu’elle résume bien mon impression.

On accélère, on innove, on automatise… mais au fond, on ne prend plus le temps de réfléchir à la direction. On va toujours plus vite, mais on ne sait plus où. Et c’est peut-être ça, le vrai danger de cette révolution technologique.

Un Monde Connecté sur France Culture

La technologie verte quand innovation rime avec action

L’écologie était au cœur de nombreuses initiatives à VivaTech 2025. J’ai découvert plusieurs startups qui travaillent à réduire notre impact environnemental : recyclage de composants électroniques, plateformes pour optimiser la consommation d’énergie, solutions de stockage plus durables, ou encore outils pour limiter les déchets numériques.

Ce qui m’a marquée, c’est que ces projets ne sont plus seulement des concepts, mais deviennent concrets, testés, parfois déjà déployés. La technologie verte semble passer à l’action, avec des solutions pensées pour durer.

Bien sûr, organiser un événement de cette ampleur pose toujours des questions : consommation énergétique, logistique, transport… Mais j’ai senti une vraie volonté de changer les pratiques. Des stands sans plastique, des brochures uniquement numériques, des démonstrations qui montrent qu’on peut innover sans polluer.

Pour en savoir plus, je recommande aussi l’article Viva tech at the heart of ecology ?  dEra Environnement, qui explique comment 96 % des matériaux ont été réutilisés ou recyclés, et comment les startups exposées répondent à l’urgence climatique.

Une tech pour tous ?

VivaTech 2025 a clairement affiché sa volonté d’être un événement plus inclusif. De nombreuses femmes ont pris la parole lors des conférences, des startups venues d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique Latine ont été mises à l’honneur, et des efforts d’accessibilité étaient visibles (langue des signes, sous-titrages, outils d’aide à la compréhension).

C’est encourageant de voir que la diversité commence à prendre sa place dans ce type de salon international. Les sujets comme l’inclusion numérique, l’accès aux technologies pour les populations rurales ou encore l’éducation par la tech ont aussi été abordés dans plusieurs tables rondes.

Mais malgré ces signaux positifs, le cœur de l’écosystème reste encore assez homogène. La majorité des profils présents étaient issus de la tech, de la finance ou du business. Peu d’acteurs du monde associatif, éducatif ou social. Peu de discussions sur les inégalités numériques concrètes, ou sur la manière d’impliquer davantage les publics éloignés du digital.

Alors oui, la tech s’ouvre, mais elle ne touche pas encore tout le monde de la même manière. C’est un mouvement en cours, pas encore abouti.

Pour prolonger cette réflexion, je recommande l’article Be My Eyes Heads to VivaTech 2025 de Be My eyes , sur leur participation (plateforme d’accessibilité pour les personnes malvoyantes) mettant en lumière la dimension inclusive et solidaire de la tech à VivaTech (vidéo en direct avec interprétation visuelle, interfaces accessibles…) 

Ce dont je me souviendrais …

  • Une startup espagnole qui développe un exosquelette pour aider les personnes âgées à se déplacer. Simple, utile, humain.
  • Un petit stand tenu par des jeunes designers européens qui parlaient d’éthique dans le numérique. Un moment de calme et de réflexion dans un monde très rapide.
  • Une démonstration d’un outil de formation en réalité augmentée pour apprendre des gestes techniques à distance, comme souder ou réparer. La technologie au service de la transmission du savoir.

… et ce que je retiens de cette expérience

VivaTech 2025, c’est impressionnant, j’y ai vu de belles choses, des idées nouvelles, des technologies qui changeront la vie. Mais j’ai aussi ressenti une forme de trop-plein.

Trop vite, trop grand, trop ambitieux parfois, sans toujours prendre le recul nécessaire.

Ce salon m’a donné envie de continuer à travailler dans le digital, tout en prenant le temps de poser des questions, de réfléchir à l’impact humain sans courir continuellement après l’innovation POUR l’innovation.

photo PTLYON devant l'enseigne vivatech