
Jeudi 12 juin 2025, les allées du hall 1 de Paris-Expo Porte de Versailles affichaient complet. Plus de 180 000 visiteurs étaient annoncés pour cette 9ᵉ édition de Viva Tech – un record absolu pour l’événement phare de la tech européenne. Si l’intelligence artificielle était omniprésente, la vraie « star » du jour se trouvait sur le stand Tesla : le robot humanoïde Optimus Gen 2.
Un salon sous le signe des humanoïdes
Dès l’ouverture des portes, le ton était donné : pas moins de 36 entreprises présentaient des robots bipèdes ou quadrupèdes, de Digit (Agility Robotics) à Ameca (Engineered Arts)Un salon sous le signe des humanoïdes. Jensen Huang, patron de Nvidia, y voyait « le début d’une révolution » — la robotique passant du gadget à l’outil industriel. Dans ce contexte, Tesla devait frapper fort pour ne pas se perdre dans la foule métallique.
Tesla fait son entrée sur la scène Viva Tech
Le constructeur californien avait déjà annoncé un test-drive géant de ses véhicules électriques, mais c’est bien son espace « Robotics & Mobility » qui a aimanté les curieux. Sur un podium vitré, Optimus Gen 2 se tenait en position neutre, flanqué du concept de robotaxi Cybercab. La communication officielle de Viva Tech sur les réseaux sociaux l’a résumé sans détour : « JUST IN: Tesla unveils the new Optimus Gen 2 (…) enhanced speed, tactile sensors and a dance feature ».
Une démo… par procuration
Contrairement à certains concurrents qui faisaient monter leurs robots sur scène, Tesla a préféré la prudence : aucun show live, mais un écran géant diffusant la vidéo publiée en mai montrant Optimus qui passe l’aspirateur, balaie ou jette la poubelle — le tout piloté par un unique réseau neuronal entraîné via des vidéos en vision 1ʳᵉ personne. Le choix a divisé : scénographie sobre ou manque de maturité ? Les visiteurs, eux, se pressaient pour immortaliser la silhouette noir-et-blanc de la Gen 2.
Pourquoi ce robot fascine autant ?
Pour Tesla, Optimus n’est pas un gadget marketing : Elon Musk affirme qu’il deviendra « le plus gros produit de l’histoire de l’entreprise » avec des milliers d’unités dans ses propres usines d’ici fin 2025 puis une montée à un million par an à l’horizon 2029. L’idée : automatiser les tâches répétitives, réduire les coûts de main-d’œuvre et réutiliser le même stack logiciel que l’Autopilot automobile – Dojo compris.
Réactions dans les allées
Parmi les professionnels rencontrés, deux tendances se dégagent :
- Optimisme industriel : les acteurs de la logistique y voient un potentiel immédiat pour la manutention légère.
- Scepticisme académique : plusieurs chercheurs rappellent que la motricité fine et la sécurité collaborative n’atteignent pas encore le niveau d’un Digit ou d’un Unitree G1, également présents à Paris.
Reste que personne ne nie l’effet d’entraînement : l’arrivée de Tesla pousse tout l’écosystème à accélérer.
Tesla vs la concurrence humanoïde
Si Optimus attire les objectifs, Unitree propose déjà son H1 à 90 000 $ et promet un G1 à 60 000 $. Agility vise les entrepôts avec Digit ; Engineered Arts mise sur l’hyper-réalisme facial d’Ameca pour l’accueil client. Là où Tesla diffère, c’est sur la scalabilité : la société dispose d’usines, d’une chaîne logistique mature et d’un trésor de guerre logiciel issu de ses voitures.
Le 12 juin en perspective
Au soir du jeudi, le robot n’avait donc pas dansé sur scène mais il avait gagné la bataille de l’attention : files d’attente, couverture médias instantanée et selfies par milliers. Ce choix prudent illustre une stratégie TESLA : montrer assez pour créer le désir, sans risquer la panne publique. Les organisateurs de Viva Tech ne s’y sont pas trompés : le hashtag #OptimusGen2 figurait parmi les plus relayés de la journée.
Ce qu’il faut retenir
- Momentum : Viva Tech 2025 marque l’entrée officielle d’Optimus en Europe, au-delà des vidéos virales.
- Cap industriel : Tesla vise une production pilote dès cette année et table sur un déploiement interne massif en 2025.
- Course mondiale : Nvidia, Unitree ou Agility nourrissent une compétition qui va accélérer la maturité des humanoïdes.
- Défi sociétal : reste à encadrer l’impact sur l’emploi et la sécurité.
En somme, ce jeudi 12 juin aura confirmé que le robot humanoïde n’est plus un concept futuriste mais un acteur tangible de la prochaine révolution industrielle — et que Tesla compte bien en être le catalyseur.
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