Interview · IA & build
Et si l’on pouvait livrer un outil sans écrire une ligne de code ? C’est le pari du vibe coding. Pour comprendre ce que cela change sur le terrain, nous avons interrogé Côme Karkulowski, chef de projet IA, qui orchestre des agents pour construire ses propres outils.
Côme Karkulowski
Chef de projet IA · pilote des initiatives IA et construit des outils internes en « vibe coding », sans être développeur de formation.
Vibe coding : de quoi parle-t-on, concrètement ?
Le « vibe coding » est partout depuis un an. Comment le définis-tu ?
C’est très simple, en réalité. Concrètement, tu décris ce que tu veux en langage naturel. Ensuite, l’IA génère le code. Enfin, tu juges surtout le résultat, pas chaque ligne.
Le terme a été lancé par Andrej Karpathy début 2025. Il a même été élu mot de l’année par le dictionnaire Collins. Donc ce n’est plus une niche : c’est devenu une façon courante de construire des logiciels.
Tu n’es pas développeur de formation. Comment tu t’y es mis ?
Par besoin, justement. En effet, comme chef de projet, je voyais des problèmes concrets à résoudre. Avant, il fallait attendre un développeur disponible. Désormais, je prototype moi-même.
J’ai commencé petit, avec des outils internes. Par exemple, un script pour trier des tickets, ou une mini-interface pour visualiser des données. Puis, peu à peu, j’ai gagné en autonomie.
Du vibe coding à l’« agentic engineering »
Karpathy parle désormais d’« agentic engineering ». Quelle différence ?
C’est l’évolution logique. Au départ, le vibe coding visait les projets du week-end. On acceptait alors le code sans trop le relire. Bref, c’était parfait pour expérimenter.
En revanche, dès qu’on vise la production, il faut plus de rigueur. Karpathy a donc proposé le terme « agentic engineering » début 2026. L’idée : tu n’écris plus le code toi-même la plupart du temps. À la place, tu orchestres des agents, et tu supervises leur travail.
C’est exactement mon métier au quotidien. Je ne tape pas le code : je dirige, je vérifie, je corrige le cap.
Je n’écris plus le code : j’orchestre des agents, et je garde le contrôle.
Côme Karkulowski
Vibe coding en entreprise : ce qui change pour un chef de projet
Quels outils utilises-tu, et comment travailles-tu ?
Mon outil principal tourne dans le terminal : je décris une tâche, l’agent lit mon code, propose des modifications, puis les applique. Résultat, c’est très fluide.
Pour le reste, je m’appuie sur quelques habitudes. D’abord, je découpe : une tâche claire à la fois. Ensuite, je donne du contexte : l’objectif, les contraintes, le style attendu. Enfin, je teste à chaque étape. Bref, je traite l’agent comme un coéquipier junior très rapide.
Et la qualité ? On entend beaucoup parler de failles de sécurité.
C’est le vrai sujet, et il ne faut pas le balayer. En effet, selon plusieurs études, près de 45 % du code généré par IA contient des vulnérabilités. Autrement dit, c’est énorme.
Donc je ne « fais pas confiance les yeux fermés ». Au contraire, je relis ce qui touche aux données sensibles. Je teste. Et je garde un humain dans la boucle pour tout ce qui part en production. Le vibe coding accélère la création ; il ne dispense jamais du contrôle.
Sa méthode en 4 réflexes
- Découper : une tâche précise à la fois.
- Donner du contexte : objectif, contraintes, style.
- Tester à chaque étape, jamais à la fin seulement.
- Garder un humain dans la boucle avant la production.
Faut-il encore savoir coder, alors ?
Moins qu’avant, clairement. D’ailleurs, l’adoption explose chez les profils non techniques. Des chefs de projet, des designers, des marketeurs construisent désormais leurs propres outils.
Pour autant, une compétence devient cruciale : savoir exactement ce que l’on veut. En clair, formuler un besoin précis vaut mieux que connaître la syntaxe. C’est un métier de cadrage et d’orchestration, plus que de frappe.
Vibe coding : par où commencer
Le meilleur moyen d’apprendre, c’est de construire un petit projet utile. D’abord, choisis un besoin réel et simple. Ensuite, laisse l’IA générer une première version. Enfin, pour démarrer sans rien installer, un outil en ligne fait gagner beaucoup de temps.
Pour se lancer
Lovable — créer une première app au prompt
Lovable permet de générer une application web complète à partir d’une simple description, sans configuration technique. En effet, c’est idéal pour un premier projet de vibe coding : on décrit l’idée, on itère par le dialogue, et on obtient une version fonctionnelle en quelques minutes. Bref, c’est parfait pour les profils non développeurs qui veulent tester rapidement un concept.
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FAQ — Vibe coding
C’est quoi le vibe coding ?
Une méthode de développement assistée par IA : on décrit ce que l’on veut en langage naturel, l’IA génère le code, et on juge surtout le résultat. Le terme a été popularisé par Andrej Karpathy en 2025.
Faut-il savoir coder pour faire du vibe coding ?
Pas nécessairement. De nombreux profils non techniques s’y mettent. La compétence clé devient le cadrage : savoir précisément formuler son besoin.
Le vibe coding est-il fiable pour la production ?
Avec prudence. Une part importante du code généré contient des failles. Il faut donc relire, tester et garder un humain dans la boucle avant tout déploiement.
Quelle différence avec l’agentic engineering ?
L’agentic engineering est la version professionnelle du vibe coding : on orchestre plusieurs agents IA avec supervision humaine, pour produire un logiciel maintenable et de qualité.
En résumé
Le vibe coding rebat les cartes. Construire un outil n’est plus réservé aux développeurs. Désormais, on décrit, on oriente, on vérifie. Mais la vitesse ne remplace pas le jugement. Les meilleurs profils ne sont pas ceux qui tapent le plus de code. Ce sont ceux qui savent le plus précisément ce qu’ils veulent.
Entretien réalisé pour le blog DMB. Brouillon à relire et ajuster pour qu’il reflète fidèlement tes propos avant publication.