Quels risques psychologiques sur les usagers de réalité virtuelle ?

2017 : l’année de la réalité virtuelle dont on sait qu’elle bouleverse la technologie, notre manière de nous divertir et de nous informer. La réalité virtuelle se sera démocratisée d’ici la fin de l’année. D’ailleurs le Groupe MK2 a inauguré fin 2016 le premier espace permanent de réalité virtuelle à Paris. Mais existe-t-il une éthique de son usage ?

Deux chercheurs de l’université Johannes Gutenberg de Mayence en Allemagne, Michael Madary et Thomas K. Metzinger, ont publié le premier code d’éthique en la matière. Ils font un certain nombre de recommandations pour limiter les risques provoqués par l’usage de l’immersion en dehors de la réalité non virtuelle.

Tout d’abord, les chercheurs mettent en avant les risques psychologiques. En effet, bien qu’on sache que l’interaction avec l’environnement peut modifier notre cerveau, on ne peut pas montrer dans quelle mesure le contrôle de l’environnement peut déterminer l’activité cognitive des sujets si le tout se déroule dans un système de réalité virtuelle.

Cela pose alors la question de l’éthique des fournisseurs de réalité virtuelle. En effet « Contrairement aux autres médias, la réalité virtuelle peut créer des situations dans lesquelles l’environnement de l’utilisateur est tout entier déterminé par les créateurs du monde virtuel dans lequel il évolue ».

Ainsi cela pourrait conduire à des situations de manipulation mentale et comportementale à des fins commerciales bien sûr mais aussi à des fins politiques ou religieuses dès lors que des intérêts sont impliqués dans la création de mondes virtuels.

Bien que l’impact cognitif et psychologique de la réalité virtuelle ne soit pas encore parfaitement déterminé, celle-ci n’en offre pas moins plusieurs possibilités notamment en matière de psychothérapie en s’appliquant par exemple dans le traitement de l’anorexie, de la schizophrénie, l’acrophobie ou de la peur des hauteurs.

Quelques recommandations pour un bon usage de la réalité virtuelle

Les chercheurs recommandent entre autres :

  • D’informer l’usager des risques encourus sur son comportement.
  • De veiller au champ d’application de la réalité virtuelle et de s’assurer que celui-ci soit restreint. A ce sujet, Mathieu Giraud dresse une liste d’usages de la réalité virtuelle dans son article Réalité virtuelle : quelle utilité ?.
  • De rester vigilant sur ce nouvel espace publicitaire qui pourrait générer ce qu’on appelle le « neuromarketing ».

Du côté des créateurs de réalité virtuelle, l’enjeu, pour le moment, reste avant tout commercial et cela prendra un certain temps avant de prendre véritablement la mesure des risques et conséquences sur l’esprit et le cerveau humain.

Il s’agit donc de rester attentifs à ces usages, il en va aussi de la responsabilité de chacun de poser les barrières morales et mentales pour éviter les dérives de cette formidable technologie.

Et si vous souhaitez en savoir plus sur les recommandations de Madary et Metzinger c’est ici.