Comment une situation de crise, comme celle que nous venons de traverser, peut accélérer le mouvement en termes de transformation digitale des entreprises et de l’économie ?

L’accélération de la transformation digitale déjà empreinte dans la stratégie des entreprises depuis quelques temps (puisque l’on en parle en France depuis 2014) est l’une des vertus de cette crise sanitaire que nous traversons. Mais il ne s’agit pas de faire simplement appel à des nouvelles technologies. Il s’agit bien d’un processus plus global concernant toutes les parties prenantes de l’entreprise.

Une question de survie !

En effet, si les entreprises veulent pouvoir subsister, si elles veulent pouvoir conserver leurs emplois, si elles veulent s’adapter aux nouvelles contraintes de productions, mais aussi de collaborations, elles doivent s’inscrire dans cette réflexion et cette démarche structurelle globale.

Puisque leur 1er défi est bien de d’analyser, de comprendre et donc d’anticiper les attentes, et comportements des clients. Ce sont bien de l’évolution de ceux-ci que vont découler de nouveau services, de nouveaux produits afin de s’adapter à la demande d’un consommateur de plus en plus acteurs : d’un « consommacteur ». Et ce dans un temps de plus en plus court pour améliorer leur time-to-market.

Le 2ème a été de maintenir l’activité. Et en cela le télétravail, dont on débattait et légiférait timidement depuis le milieu de l’année 2018, s’est accéléré de façon exponentielle. Il a fallu équiper, sécuriser, former et mettre en lien des milliers de travailleurs afin de conserver un service aux clients. Jamais les plateformes de partage n’ont eu autant le vent en poupe et n’ont développé autant de fonctionnalités en si peu de temps. Il leur a fallu faire face également aux soucis de scalabilité dans les premiers temps tant la surprise a été grande. Même pour les GAFAM. Et en cela ils ont fait preuve de leur agilité pour répondre aux nouveaux besoins.

De nouvelles règles du jeu !

Mais les conditions de confinement ont également levé d’autres problématiques autour des règles de distanciation et la fermeture de certaines structures et activités. Et, une nouvelle fois, dans ces cas-là, la digitalisation des entreprises a apporté des réponses. Notamment dans le domaine du retail, secteur fortement touché par la situation sanitaire inédite que nous traversons.

Si les chiffres du e-commerce ne sont que globalement peu en hausse (+1.8% selon la Fevad au 1er trimestre 2020), ils cachent cependant une réalité, celui-ci a fortement augmenté dans certains secteurs. En effet, dans les chiffres du e-commerce il faut remarquer un poids non négligeable, avant le Covi19, du tourisme (40%) et des transports (17%) qui, de fait, ont marqué un sérieux coup d’arrêt. Mais nombreuses sont les activités qui ont dû se réinventer et trouver des solutions digitales à leur business.

De même, il faudra également mettre en place des solutions et des outils afin de permettre un retour à une activité « physique ». Car si le phygital concourrait à développer des expériences améliorées dans les magasins avec des conditions d’achat pré-Covid. Nul doute n’est permis quant au développement prochain et rapide de modifications des points de vente pour permettre un retour dans ceux-ci en toute sécurité. Avec l’utilisation de l’IoT, de la VR ou de l’AR.

Par ailleurs, on le sait bien, c’est souvent en période de crise qu’il est urgent de se réinventer, de s’adapter. C’est de cette adaptation dont la survie dépend : concept Darwinien qui s’applique parfaitement à l’entreprise. Et pour ce faire il faut passer outre les silos dans celle-ci, et s’il y a bien un « concept » qui mène à ce dé-cloisonnage des sociétés c’est la transformation digitale. Puisqu’elle impacte et inclut tous les partenaires de l’entreprise : les clients, les employés, les fournisseurs et sous-traitants.

Et la formation dans tout cela ?

Quand on évoque tous ces acteurs de ces microcosmes économiques, ainsi que tous ces outils, il y a un dernier, mais pas le moindre, pan de la transformation digitale qu’il faut aborder : celui de la formation. Puisque, si bien évidemment toutes les technologies utilisées sont de plus en plus intuitives et inclusives, étant donné que ce sont leur raison d’être, elles nécessitent pour certaines des prises en main plus ou moins longues en fonction de leur finalité, de leur utilité, mais aussi des populations ciblées. Processus qui passent par de plus en plus par l’autonomie au travers de MOOC, e-learning, webinaires ou autres podcasts. Même les parents ont dû prendre le relai en termes d’enseignement s’agissant de leurs enfants .

Or, il est certain qu’à la lecture de cet article, chacun d’entre vous aura été concerné par plusieurs de ces points, ce qui confirme, s’il devait encore en être fait la preuve, que la transformation digitale s’accélère et nous touche toutes et tous. Quels que soient notre rôle dans la société et notre comportement de consommateur.