Transformer l’Afrique grâce au digital : l’engagement d’Asma Ennaifer

La gen Z : un tourisme 2.0

“Le digital ne doit pas être un luxe, mais un droit accessible à tous.”Cette phrase résume la vision d’Asma Ennaifer, Directrice Exécutive RSE, Communication et Orange Digital Center chez Orange Middle East and Africa. Experte de la transformation digitale depuis plus de 10 ans, elle œuvre pour un numérique utile, inclusif et porteur d’opportunités.
Dans cet entretien, elle partage avec nous son parcours, sa vision du digital en Afrique et son engagement pour les jeunes et les femmes.

1. Quel a été votre parcours avant d’entrer dans le monde du digital ?

Asma Ennaifer : J’ai un parcours en communication institutionnelle, avec des études à Paris Dauphine, la Sorbonne et un MBA à l’INSEAD. En rejoignant Orange Tunisie, j’ai eu l’opportunité de structurer des projets RSE. Très vite, j’ai compris que le digital pouvait changer des vies, et qu’il fallait mettre cette technologie au service de l’inclusion économique.

2. Qu’est-ce qu’un Orange Digital Center et pourquoi ce projet vous tient-il autant à cœur ?

Asma Ennaifer : Les Orange Digital Centers sont des lieux physiques, ouverts à toutes et tous, où l’on forme gratuitement aux compétences du futur : codage, prototypage, entrepreneuriat. L’objectif est simple : donner aux jeunes africains les moyens d’agir. Ce projet me tient à cœur car il crée des ponts entre les talents et les opportunités, localement.

3. Quelle est votre définition de la transformation digitale ?

Asma Ennaifer : Pour moi, ce n’est pas seulement une question de technologie. C’est avant tout une transformation humaine, sociale et économique. Le digital doit servir à rendre les services plus accessibles, à développer l’autonomie des populations, à créer de nouveaux modèles économiques, notamment pour les femmes et les jeunes.

4. Quels sont les résultats concrets obtenus par les Orange Digital Centers ?

Asma Ennaifer : À ce jour, plus de 100 000 jeunes ont été formés dans 18 pays. En Tunisie, 95 % des jeunes formés trouvent un emploi ou créent leur projet dans l’année qui suit. Au-delà des chiffres, c’est la confiance retrouvée, la capacité à se projeter, qui me touche le plus.

5. Vous parlez souvent d’inclusion numérique. Comment cela se traduit concrètement ?

Asma Ennaifer : Par des actions ciblées : des formations pour les femmes rurales, des “Maisons digitales” pour valoriser leur artisanat grâce à l’e-commerce, ou encore des hackathons pour les jeunes défavorisés. L’objectif est clair : faire du digital un levier d’autonomie, pas une fracture de plus.

6. Un conseil à un·e étudiant·e du MBA DMB qui souhaite faire bouger les lignes dans le digital ?

Asma Ennaifer : Engagez-vous sur des projets à impact. Utilisez le digital pour répondre à des vrais besoins humains. Osez collaborer, échouer, apprendre. Le digital africain a besoin de talents passionnés et responsables.

La gen Z : un tourisme 2.0

À travers son parcours et ses engagements, Asma Ennaifer incarne une vision inclusive et humaniste de la transformation digitale. Elle prouve qu’on peut innover à grande échelle tout en restant profondément ancré dans l’humain.

Dans un monde où la technologie est souvent source d’exclusion, elle œuvre pour qu’au contraire, elle devienne un vecteur d’émancipation, d’éducation et d’équité, notamment pour les femmes et les jeunes africain·es.

Aujourd’hui, grâce à des dispositifs concrets comme les Orange Digital Centers, des milliers de jeunes peuvent se former, entreprendre et rêver plus grand — depuis Tunis, Dakar ou Abidjan.

Et vous, pensez-vous que le digital peut réellement être un moteur d’égalité sociale ? Ou ne fait-il que reproduire, parfois, les inégalités du monde physique ?

BELHASSEN EMNA