Qu’est-ce qu’un lanceur d’alerte ?

Héros pour certains, traîtres pour d’autres, les lanceurs d’alerte font débat. Malgré tout, leur but commun est généralement de signaler des comportements contraires à l’éthique, des crimes, des délits ou de graves violations avant qu’un éventuel préjudice grave ne se produise.

« Le lanceur d’alerte est un concept qui a servi à plein de gens à trouver un espace de parole pour exprimer leur expérience sur des conflits au travail, dans les institutions ou les organisations, sur des causes qui leur semble être fondamentales » explique Francis Chateauraynaud, sociologue et créateur du concept de « lanceur d’alerte » en France.

 

Depuis les célèbres révélations de Julien Assange, fondateur de Wikileaks et Edward Snowden, ex-employé de la CIA, le terme de lanceur d’alerte s’est généralisé et suscite un grand intérêt. « Cette expression s’est aujourd’hui généralisée, c’est un peu un fourre-tout » déclare le sociologue.

Il n’empêche que ces personnes prennent en général de grands risques car dans la plupart des cas ils ne sont pas protégés et font face à de possibles représailles.

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Un essor en lien avec l’apparition des réseaux sociaux

Depuis de nombreuses années, la notion de lanceur d’alerte s’est généralisée avec l’apparition d’internet et des réseaux sociaux. En effet, la naissance d’internet dans les années 1990-2000 bouleverse la manière de s’informer tant les informations sont devenues facilement divulgables et chacun à dorénavant la possibilité de prendre la parole où qu’il se trouve dans le monde. En permettant de connecter les individus en ligne, les médias sociaux ont permis aux images, aux vidéos et aux commentaires de rapidement devenir viraux et faire le tour de la planète en créant des polémiques ainsi que des scandales.

De ce fait, l’apparition des réseaux sociaux tels que Youtube, Facebook et Twitter a changé la norme et ils sont rapidement devenus des plateformes privilégiées pour divulguer des informations.  

De plus, lancer une alerte sur internet permet en théorie de garder l’anonymat et de contourner la censure, ce qui est une raison de plus pour expliquer cette progression, seulement dans la pratique cela reste plus complexe.

Il est également intéressant de noter que les témoignages et actions des lanceurs d’alerte touche l’opinion publique, ce qui les rend populaires. Toutefois, l’accès à l’information de masse et numérique contribue aussi à la désinformation et peut alimenter les théories du complot.

De nouveaux enjeux pour la protection des lanceurs d’alerte

Contrairement aux médias, les réseaux sociaux permettent à toutes personnes les utilisant de ne passer par aucun intermédiaire. Les informations sont donc diffusées en temps réel et sont donc peu, voire jamais filtrées.

On pourrait également penser que la promesse d’anonymat de ces plateformes leur offre une certaine protection vis-à-vis de la loi, mais est-elle qualifiée de « lanceur d’alerte » toute personne dénonçant un acte répréhensible, un délit ou un abus sur les réseaux sociaux ?

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Pour cela, il est nécessaire de faire la différence entre un lanceur d’alerte « interne » et « externe ». Le lanceur d’alerte « interne » est celui qui fait partie de l’entreprise dont il dénonce les agissements, tandis que « l’externe » dénonce les agissements d’une entreprise dont il ne fait pas partie. Dans ces deux cas, le lanceur d’alerte se doit de respecter la procédure avant de pouvoir l’évoquer sur les réseaux sociaux.

Il est important de noter qu’il existe une exception qui permet au lanceur d’alerte d’être protégé bien qu’ayant divulguer l’information publiquement : « en cas de danger grave et imminant ou en présence d’un risque de dommages irréversibles, le signalement peut être […] rendu public » article 8 de la loi Sapin II.

En conclusion, bien que les réseaux sociaux soient devenus des plateformes stratégiques pour divulguer des informations, il est adéquat de préciser qu’une protection leur sera attribuée seulement dans le respect d’une procédure de divulgation précise, dont les médias sociaux en sont le moyen de dernier recours.