TIKTOK vs. LECTURE : LE CHOC DES TEMPS EN FRANCE

Dans une « économie de l’attention » où chaque seconde de notre temps libre est convoité, nos habitudes de consommation culturelle connaissent de profonds changements.

J’ai choisis de traiter dans cet article de deux pratiques aux antipodes : la lecture, qui exige un temps long et choisi, face à l’utilisation de TikTok caractérisée par l’immédiateté et l’algorithme.

La France, n’échappe pas aux formats courts, c’est l’un des constats qui à émergé de mon travail de thèse au MBA DMB. En réalité cette comparaison, révèle un enjeu sociétal majeur sur la manière dont nous allouons notre ressource la plus précieuse : le temps.

Comprendre le duel des données

L’infographie ci-dessous a été pensée comme un face-à-face visuel pour mesurer l’ampleur de ce basculement. Le but est montrer la confrontation entre ces deux écosystèmes.

D’un côté, TikTok : en France les données, issues des projections We Are Social et des chiffres de la plateforme, confirment une adoption massive. La plateforme a près de 28 millions d’utilisateurs), mais surtout une forte intensité d’usage. L’indicateur clé ici est le « temps passé par jour » : 1h37 par jour en moyenne, ce qui positionne l’application comme la plus chronophage du paysage numérique actuel.

La donnée est également traduite par mois : environ 48h30. Il s’agit d’une projection mensuelle réalisée sur une base standard de 30 jours, à partir de la moyenne quotidienne établie par l’étude We Are Social (pour TikTok) et le baromètre CNL (pour la lecture).

L’idée est de souligner le poids de l’un et de l’autre dans notre quotidien.

De l’autre côté, le « temps choisi » du livre : 31 minutes par jour. C’est les chiffre du Baromètre de Lecture produit par le CNL. Le visuel isole le temps consacré à la lecture loisir (hors contraintes professionnelles ou scolaires) pour offrir une comparaison juste. Ce qu’on observe immédiatement c’est le déséquilibre. Le cumul mensuel des heures passées sur la plateforme TikTok domine largement le temps dédié aux livres : environ 15h30 par mois.

L’hégémonie du format court

Cette mise en perspective met en lumière un écart structurel. La force de TikTok réside dans sa capacité à fragmenter l’attention tout en maximisant le temps de rétention global. Les 1h37 quotidiennes sont une accumulation de centaines de micro-contenus. À l’inverse, la lecture, avec ses 31 minutes par jour, demande une disponibilité mentale que le rythme de vie actuel et les sollicitations numériques rendent plus rare.

Il ne s’agit pas nécessairement d’opposer frontalement ces pratiques, le phénomène #BookTok prouve que la plateforme peut aussi servir le livre. L’idée est de constater que le « temps d’écran » algorithmique est devenu la norme par défaut de l’ennui et du divertissement, reléguant la lecture à une pratique plus occasionnelle pour une grande partie de la population.

Quels enjeux pour la création de contenu ?

Cette comparaison révèle que la bataille de l’attention est, pour l’heure, remportée par les formats ultra-courts et engageants. Pour les marques, les médias et l’industrie du livre, l’enjeu est immense. Il ne suffit plus de produire du contenu de qualité, il faut réussir à exister sur les plateformes. L’avenir réside peut-être dans la capacité à y injecter des contenus qui redonnent le goût du temps long, à travers la valorisation de la lecture et le temps calme.

Sources :

Baromètre de Lecture “Les Français et la lecture Resultats 2025 par le CNL (IPSOS) : https://www.ipsos.com/sites/default/files/ct/news/documents/2025-04/ipsos-cnl-francais-lecture-2025-rapport-complet.pdf

We Are Social Digital 2026 : https://centrenationaldulivre.fr/sites/default/files/2025-04/Baromètre Les Français et la lecture Synthèse 2025-04-08.pdf

Tiktok Data : https://newsroom.tiktok.com/200-mar-en-europe?lang=fr

Infographie réalisée avec l’Intelligence Artificiel Gemini Pro, pour en savoir plus : retrouvez ma note méthodologique IA, ici.

Envie d’aller plus loin sur les questions de transformation digital des usages? Retrouvez mon article au sujet de Patrons, n’ayez pas peur ! de Jérôme Wallut.