Avant d’entrer dans le vif du sujet, il me paraît important de dire quelques mots sur l’autrice. Mathilde Saliou est journaliste, spécialisée dans les questions liées au numérique, aux médias et aux enjeux sociaux contemporains. Elle écrit notamment pour Les Jours, Numerama ou Le Monde Diplomatique. Avec Technoféminisme, elle signe un premier essai engagé et accessible, qui croise ses domaines de prédilection : la technologie et les luttes féministes. Son approche mêle enquête, réflexions sociopolitiques et vulgarisation, ce qui rend son propos aussi percutant pour les professionnels que pour les étudiants.
Dans un contexte où le numérique est omniprésent, il est essentiel de se poser la question suivante : à qui profite réellement la révolution digitale ? C’est précisément ce que fait Mathilde Saliou dans son essai percutant Technoféminisme : Comment le numérique aggrave les inégalités ? publié en 2023. En tant qu’étudiante en marketing digital, ce livre m’a interpellé, non seulement pour son propos engagé, mais surtout pour la manière dont il nous pousse à remettre en question les bases mêmes de notre secteur.
👉 Sur cette même thématique, je recommande également l’ouvrage Data féminisme de Catherine D’Ignazio et Lauren F. Klein, qui explore la manière dont les données peuvent à la fois refléter et transformer les rapports de pouvoir.
Un constat sans détour : le numérique n’est pas neutre
L’un des premiers apports du livre est de démontrer que les outils digitaux, que ce soit les algorithmes, les plateformes sociales, ou même les assistants vocaux, ne sont pas neutres. Ils sont créés par des humains, dans des environnements où les biais de genre sont encore très présents. Résultat : ces biais se retrouvent inscrits dans les lignes de code. Ce que Saliou explique de manière très accessible, c’est que le problème ne réside pas uniquement dans les intentions malveillantes, mais bien dans la reproduction inconsciente d’un système inégalitaire.
Un exemple frappant : les algorithmes de recrutement utilisés par certaines grandes entreprises, qui finissent par favoriser les profils masculins parce qu’ils s’entraînent sur des données biaisées issues d’un historique dominé par des hommes. Autre illustration : les recherches d’images sur les moteurs classiques, qui associent encore majoritairement les métiers techniques ou scientifiques à des figures masculines. Ces dysfonctionnements ne sont pas anecdotiques : ils influencent la manière dont les individus se perçoivent, se projettent et sont perçus socialement. Cela démontre à quel point le numérique, loin d’être un espace neutre et égalitaire, est souvent le reflet amplifié des inégalités déjà présentes dans la société.
👉 Pour aller plus loin, l’article de Numerama intitulé « Comment éviter les biais sexistes et racistes des IA » prolonge très bien cette réflexion sur les biais algorithmiques et les responsabilités des concepteurs.
Un enjeu pour les professionnels du marketing
L’un des premiers apports du livre est de démontrer que les outils digitaux, que ce soit les algorithmes, les plateformes sociales, ou même les assistants vocaux, ne sont pas neutres. Ils sont créés par des humains, dans des environnements où les biais de genre sont encore très présents. Résultat : ces biais se retrouvent inscrits dans les lignes de code. Ce que Saliou explique de manière très accessible, c’est que le problème ne réside pas uniquement dans les intentions malveillantes, mais bien dans la reproduction inconsciente d’un système inégalitaire.
Un exemple frappant : les algorithmes de recrutement utilisés par certaines grandes entreprises, qui finissent par favoriser les profils masculins parce qu’ils s’entraînent sur des données biaisées issues d’un historique dominé par des hommes. Autre illustration : les recherches d’images sur les moteurs classiques, qui associent encore majoritairement les métiers techniques ou scientifiques à des figures masculines. Ces dysfonctionnements ne sont pas anecdotiques : ils influencent la manière dont les individus se perçoivent, se projettent et sont perçus socialement. Cela démontre à quel point le numérique, loin d’être un espace neutre et égalitaire, est souvent le reflet amplifié des inégalités déjà présentes dans la société.
Le besoin d’un marketing plus éthique
Ce livre m’a aussi fait réfléchir à l’importance, urgente et concrète, de repenser notre métier sous l’angle de l’éthique. Trop souvent, le marketing digital se focalise sur les résultats à court terme : taux de clics, ROI, conversion. Mais derrière chaque KPI, il y a des êtres humains. Et chaque décision prise dans la conception d’une campagne peut contribuer à exclure ou, au contraire, à inclure des publics. Le choix des visuels, des mots, des plateformes, ou même des créateurs de contenu avec lesquels on collabore : tout cela participe à construire une image du monde.
Dans ce sens, un marketing plus éthique ne signifie pas renoncer à la performance, mais plutôt l’atteindre avec conscience. Il s’agit d’adopter une approche plus responsable dès le brief créatif, de questionner les outils que l’on utilise, et surtout d’ouvrir des espaces de réflexion sur nos pratiques. Technoféminisme montre qu’un autre modèle est possible : un marketing qui ne se contente pas de suivre les tendances, mais qui contribue activement à les orienter vers plus d’équité, de diversité et de sens. Et ce positionnement, en plus d’être moralement juste, est de plus en plus recherché par les consommateurs.
Une lecture essentielle pour penser le numérique autrement
Au final, Technoféminisme est bien plus qu’un essai militant. C’est un outil d’éveil pour celles et ceux qui, comme moi, évoluent dans un univers où les innovations technologiques se succèdent à une vitesse folle, sans toujours laisser le temps de penser à leurs conséquences humaines. En tant qu’étudiant, ce livre m’a offert une grille de lecture critique sur le monde numérique dans lequel je me projette professionnellement. Il m’a aussi rappelé que le marketing, aussi digital soit-il, reste profondément humain.
Voici le lien de ma note méthodologique ici.