La gen Z : un tourisme 2.0
Tech for Good — Reportage
« Il est inacceptable que tous les êtres humains n'aient pas accès aux moyens modernes dont nous disposons. » — Tom Plumeur, fondateur de Wingcopter

J'ai regardé ce reportage Arte un soir un peu par hasard. 31 minutes plus tard, j'avais changé d'avis sur quelque chose.

On entend beaucoup parler de technologie comme d'un luxe, d'un gadget, ou pire, d'une menace pour l'emploi et la société. Ce reportage, La high-tech qui sauve des vies, prend le contre-pied total de cette vision. Il suit trois innovations technologiques, sur trois continents différents, drones, robots et IA. Non pas pour optimiser un tunnel de conversion ou automatiser un reporting, mais pour garder des gens en vie.

Et ça remet les choses en perspective.

🎬 La high-tech qui sauve des vies — ARTE Regards (31 min)

Un médecin tout terrain

🚁 Initiative 1 — Wingcopter · Malawi

Drones médicaux · 110 km/h · 5 kg sur 65 km · 100 000 personnes desservies

La première histoire se passe au Malawi. Tom Plumeur, entrepreneur allemand de 32 ans, a fondé Wingcopter après avoir été marqué par le décès d'un patient au Ghana, faute de médicaments disponibles à temps. Sa réponse : un drone médical capable de voler à 110 km/h, de transporter 5 kg de matériel sur 65 km, et de desservir plus de 100 000 personnes via un réseau de hubs locaux.

Ce qui frappe, c'est la démonstration : le drone couvre 48 km en 20 minutes pour rejoindre un village isolé. La voiture, elle, s'enlise sur des pistes inondées et abandonne à mi-chemin. Ce n'est pas une métaphore, c'est la réalité de millions de personnes dont l'accès aux soins dépend de routes impraticables une bonne partie de l'année.

Le cas de Philippe, nouveau-né asphyxié à la naissance dont la vie a été sauvée grâce à une livraison de matériel médical par drone, résume tout. La technologie n'est pas ici un argument de vente. C'est la différence entre vivre et mourir.

Un chien de métal dans une usine chimique

🤖 Initiative 2 — ANYbotics · Zurich & Ludwigshafen

Robot quadrupède · inspection autonome · zones dangereuses · ~8 000 €/mois

Deuxième histoire, à Zurich. La startup ANYbotics a développé Anymal, un robot quadrupède en aluminium capable de monter des escaliers, naviguer dans l'obscurité, détecter des fuites de gaz et lire des indicateurs de pression en totale autonomie.

Il est déployé chez BASF à Ludwigshafen le plus grand complexe chimique du monde, 39 000 salariés. Sa mission : réaliser des rondes d'inspection dans les zones dangereuses, pour que les humains n'aient plus à y aller. Loué environ 8 000 €/mois, il réussit le test décisif : monter des escaliers. Ce détail qui semble anodin est en réalité le critère qui a convaincu le client.

Des robots qui nettoient ce qu'on ne voit pas

🌊 Initiative 3 — SeaClear · Port de Hambourg

Robot sous-marin · IA + sonar · nettoyage fonds marins · 30 chercheurs européens

La troisième initiative se déroule dans le port de Hambourg. Le projet européen SeaClear mobilise 30 chercheurs pour nettoyer les fonds marins, un défi technique extrême dans une eau où la visibilité ne dépasse pas 25 cm.

La solution : un sonar sous-marin couplé à une IA capable de détecter des déchets enfouis dans le limon, coordonné par un vaisseau mère qui pilote simultanément un drone aérien, un robot scanner et un robot ramasseur. Lors du test à Hambourg, le préhenseur récupère une bouteille à l'aveugle. Une première. L'objectif à terme : déployer ce système dans toutes les mers du globe.

Ce que je retiens de ce reportage

Ce qui relie ces trois projets, ce n'est pas la prouesse technique. C'est l'intention derrière. Ces ingénieurs et entrepreneurs n'ont pas développé ces outils pour impressionner des investisseurs lors d'une démo. Ils ont identifié un problème humain concret : l'accès aux soins, la sécurité industrielle, la pollution marine et ils ont cherché la meilleure réponse disponible.

En étudiant le digital marketing, on parle souvent de transformation, d'innovation, voir même de disruption. Ce reportage rappelle que ces mots ont un sens quand ils sont au service de quelque chose qui dépasse le business.

La tech ne sauve pas des vies par accident. Elle le fait quand des gens décident que c'est pour ça qu'elle existe.

Et si la vraie disruption, c'était simplement décider pour qui on innove ?

Source : La high-tech qui sauve des vies, ARTE Regards, 2024. Initiatives présentées : Wingcopter, ANYbotics, Projet SeaClear (Union européenne).

Kerleveo Maxence MBA DMB MBA Spécialisé Digital Marketing & Business