Entretien avec Eléa Boan, talent manager et cheffe de projet chez Join Maddy

TikTok a bouleversé les codes du divertissement en ligne. Avec ses formats courts, sa viralité imprévisible et ses logiques de tendance effrénées, la plateforme a redéfini les règles du jeu pour les créateurs… et pour ceux qui les accompagnent. Parmi ces professionnels, les talent managers jouent un rôle clé : à la croisée du conseil stratégique, de la gestion humaine et du développement créatif. C’est cette position hybride qu’occupe Eléa Boan, talent manager et cheffe de projet chez l’agence Join Maddy. Elle m’a partagé son parcours, sa vision du métier et les grands bouleversements liés à l’essor de TikTok.

De l’influence au conseil stratégique : un métier aux multiples facettes

Eléa n’a pas toujours évolué dans le monde de l’influence. Diplômée d’une école de commerce, elle a débuté dans le luxe, avant un virage progressif vers le digital. « J’ai commencé dans le bureau de presse Pascale Venot […] C’est là où j’ai fait ce qu’ils appelaient du e-RP, Relation Presse Digitale, et je m’occupais des clients de l’agence et sourçais des créateurs de contenu. » explique-t-elle. Après plusieurs expériences, notamment chez WeMoms, elle se lance en freelance et rejoint finalement l’agence Join Maddy, où elle partage son temps entre l’accompagnement de créateurs et la gestion de campagnes d’influence pour les marques.

Son quotidien ? Un mix entre négociations, stratégie de contenu, relations clients et beaucoup d’écoute humaine. Elle travaille notamment avec Alexandre Sallio, un comédien et réalisateur de fictions connu sous le pseudonyme « Monsieur Alex », et participe à des projets plus lifestyle avec d’autres talents comme Maëlle Joue. Ce qu’elle apprécie : « Pouvoir se renouveler, s’adapter […] En fait, tu ne t’ennuies jamais. » explique-t-elle.

TikTok, entre tremplin et casse-tête

Difficile d’évoquer l’influence sans parler de TikTok. Pour Eléa, cette plateforme a ouvert le jeu à de nouveaux profils : « TikTok a permis de faire émerger des personnes qui n’auraient pas forcément émergé sur Instagram, car l’algorithme est hyper libre. » explique-t-elle.

Mais cette liberté a un revers. Il est difficile de planifier une stratégie à long terme sur TikTok, tant la plateforme est variable. Et cela peut jouer sur le mental des créateurs : « Pour un créateur, je pense que c’est aussi un peu pressurisant de se dire : je ne comprends pas, ma vidéo a fait 500 vues et puis le lendemain, elle en fait un million. » Selon elle, ce rythme effréné pousse à toujours s’adapter. Le rôle du talent manager consiste donc à anticiper, tester, conseiller, et rester en veille.

Un retour à l’authenticité ?

Si TikTok a imposé ses formats courts et son ton plus brut, il a aussi entraîné une transformation plus profonde du rapport au contenu. « TikTok apporte aussi un peu de légèreté, des contenus un peu moins léchés, plus authentiques », observe Eléa. « Les gens veulent voir la vraie vie.»

Ce tournant impacte aussi les marques, plus enclines à co-construire les campagnes avec les créateurs. « Avant, les marques arrivaient avec leurs briefs tout prêts. Alors que maintenant, il y a plus de co-création, il y a plus d’échanges entre les personnes. » . Ce changement, elle l’attribue aussi à une professionnalisation du secteur et à la présence croissante d’agents bien formés : « Beaucoup de créateurs sont accompagnés par des agents. Et si tu tombes sur des bons agents et des bonnes agences, tu as aussi cet effet « tampon » qui fait que la personne connaît bien son créateur. »

Accompagner sans épuiser

Derrière les chiffres de vues et les contrats, Eléa insiste sur une réalité moins visible : la fragilité psychologique de certains talents : « C’est vraiment le juste milieu à avoir entre leur vie pro et leur vie perso. » Elle souligne l’importance de suivre les créateurs au quotidien pour détecter les signaux faibles : « Il faut vraiment aller creuser, se poser des questions : est-ce que ça va ? Quelle est ta stratégie ? ». C’est donc un métier qui demande d’être tous les jours en contact avec les créateurs. (Excepté les week-ends par respect des vies personnelles de chacun !)

Pour Eléa, cette attention portée au rythme et au bien-être fait partie intégrante du métier : « L’influence, on en parle, mais c’est énormément d’aspect humain et du relationnel. »

En conclusion : un métier en constante réinvention

Pour Eléa, le métier de talent manager évolue vite, mais reste, fondamentalement, une histoire de liens. Entre créateurs et marques, entre humains et plateformes. Ce rôle demande à la fois de la rigueur, de l’adaptabilité et une écoute constante. « Tu apprends tout le temps », confie-t-elle. Un métier mouvant, à l’image de l’écosystème digital.

Quant à l’avenir des formats, pour Eléa, les vidéos courtes ne sont pas une simple tendance : « Je ne pense pas que TikTok soit une mode éphémère. […] Les gens deviennent de moins en moins consommateurs de formats longs. On zappe tellement. ». Pour autant, cela n’empêche pas les audiences d’apprécier des formats longs sur YouTube, mais sur TikTok, elles recherchent avant tout du contenu rapide, direct et instantanément engageant.

Cette perspective pose plus largement la question de la place que peuvent encore occuper les formats longs dans un écosystème centré sur la vitesse, la répétition et la visibilité immédiate.


💡 Cet article a été rédigé à l’aide de l’Intelligence Artificielle. Retrouvez ici ma note méthodologique pour en savoir plus !