SEO et GEO : comment l'IA transforme la visibilité des marques



Pendant des années, apparaître en première page de Google a été un objectif majeur pour les marques. Être bien positionné sur un mot-clé permettait d'attirer des visiteurs, de générer des prospects et, à terme, de convertir ces visites en ventes. Mais les habitudes de recherche évoluent. Avec les réponses générées par l'IA, les internautes peuvent désormais obtenir une synthèse sans nécessairement consulter plusieurs sites. Face à cette évolution, un nouveau terme s'impose : le GEO, pour Generative Engine Optimization. Faut-il opposer SEO et GEO, et considérer le référencement naturel comme une stratégie dépassée ? Pas forcément. Le SEO ne disparaît pas. Il évolue dans un environnement où la visibilité ne se mesure plus uniquement au nombre de clics.





Le SEO, ou Search Engine Optimization, désigne l'ensemble des pratiques visant à améliorer la visibilité d'un site dans les résultats naturels des moteurs de recherche. Il repose notamment sur la qualité du contenu, la pertinence des mots-clés, les performances techniques du site et sa popularité.


L'arrivée des fonctionnalités d'IA modifie toutefois l'expérience de recherche. Les AI Overviews de Google peuvent synthétiser des informations et proposer des liens vers des sources pertinentes. De son côté, ChatGPT Search permet d'obtenir des réponses accompagnées de références vers des sites web.



Capture d'écran Google d'AI overview pour une requête précise GEO
Capture d'écran d'un AI overview pour la requête "Qu'est-ce que le SEO"

L'internaute ne se contente donc plus toujours de parcourir une liste de liens. Il peut commencer son parcours par une réponse déjà structurée. Pour les marques, cette évolution pose une question stratégique. Comment rester visible lorsque l'utilisateur peut obtenir une partie de l'information sans visiter leur site ?


Il faut néanmoins distinguer les différents environnements. Une réponse générée par l'IA dans Google, une recherche effectuée dans ChatGPT et une page de résultats classique ne fonctionnent pas exactement de la même manière. Les stratégies de visibilité doivent tenir compte de ces différences.





L'un des principaux enjeux concerne le taux de clic, ou CTR (Click-Through Rate), qui mesure la proportion d'impressions générant un clic.


Une étude de Seer Interactive, relayée par Search Engine Land en avril 2026, apporte un éclairage intéressant. Elle porte sur 53 marques, 5,47 millions de requêtes et 2,43 milliards d'impressions, observées entre janvier 2025 et février 2026.


Cette étude montre que le CTR organique moyen atteignait environ 3,3 % sans AI Overview, contre 2,1 % lorsque le site apparaissait dans une réponse générée par l’IA et 0,9 % lorsqu’il n’y figurait pas.


Graphique CTR selon la présence d'un AI overview

Ces chiffres suggèrent que les AI Overviews redistribuent les clics. Les sites cités semblent bénéficier d'une meilleure visibilité que ceux qui ne le sont pas. Néanmoins, les résultats restent globalement inférieurs à ceux des recherches sans AI Overview dans cet échantillon. Une analyse du Pew Research Center va dans le même sens : les internautes confrontés à un résumé IA cliquent sur un résultat classique dans 8 % des visites, contre 15 % sans résumé.



L'étude de Seer révèle aussi un signal plus nuancé. Après avoir touché un point bas de 1,3 % en décembre 2025, le CTR organique des requêtes affichant un AI Overview est remonté à 2,4 % en février 2026, soit une hausse de 85 % en deux mois. Seer reste prudent : cette remontée traduirait plutôt une stabilisation à un niveau plus bas qu'un véritable retour à la normale.


Evolution du CTR organique avec les AI overviews

Ces données doivent donc être interprétées avec prudence. Elles concernent un échantillon précis et ne prouvent pas que toutes les entreprises subiront les mêmes effets. Elles montrent surtout qu'il devient nécessaire d'analyser les performances selon le type de recherche et la présence éventuelle d'une réponse générée par l'IA.


Pour un site e-commerce, par exemple, une baisse du trafic sur des recherches purement informatives peut être compensée en partie par une meilleure visibilité sur des requêtes plus proches de l'achat. Pour un média, en revanche, la perte de visites sur des contenus explicatifs peut avoir des conséquences directes sur les revenus publicitaires.


Le véritable enjeu n'est donc pas seulement de générer du trafic, mais d'attirer une audience pertinente et de transformer cette visibilité en résultats concrets.



Face à ces changements, de nouveaux termes se développent dans le secteur du marketing digital.



Le GEO (Generative Engine Optimization) désigne les pratiques visant à améliorer la présence d'un contenu dans les réponses des moteurs génératifs. Des chercheurs de Princeton ont notamment formalisé ce concept dans un article de recherche. Ce dernier montre que certaines optimisations peuvent augmenter jusqu’à 40 % la visibilité d’un contenu dans les réponses générées par l’IA.


Là où le SEO cherche à bien classer une page, le GEO vise à ce qu'une marque soit citée, reprise ou recommandée dans une réponse générée. Cela passe notamment par des réponses directes et factuelles, des données vérifiables et une présence de la marque sur des sources tierces reconnues.


L'AEO (Answer Engine Optimization) met davantage l'accent sur la capacité d'un contenu à répondre clairement à une question.

Ces approches ne remplacent pas nécessairement le SEO traditionnel. Google précise d'ailleurs, dans sa documentation officielle sur les fonctionnalités d'IA, que les fondamentaux du référencement restent pertinents pour ses expériences de recherche utilisant l'IA. Aucune optimisation spéciale n'est requise pour apparaître dans les AI Overviews ou le mode IA. En ce sens, le GEO prolonge le SEO plus qu'il ne le remplace.


Concrètement, plusieurs leviers restent essentiels.



SEO GEO
SEO, AEO, GEO: 3 leviers pour être visible aujourd'hui


Un article doit apporter une réponse précise, développer une analyse et proposer une valeur ajoutée. Réécrire des informations déjà présentes partout sur le web risque de rendre une marque interchangeable.


Des exemples concrets, des données vérifiables, des sources fiables et des retours d'expérience renforcent la crédibilité d'un contenu. Une marque spécialisée dans la beauté, par exemple, peut publier des analyses documentées sur les ingrédients ou les usages de ses produits plutôt que de multiplier les pages génériques.



Des titres explicites, des sous-titres cohérents, des paragraphes structurés et un site techniquement accessible facilitent la lecture par les internautes et l'exploration par les moteurs. Les formats comptent aussi : selon une étude BrightEdge relayée par Leptidigital, YouTube est cité 200 fois plus que tout autre site vidéo par ChatGPT, Perplexity ou Google.



Le positionnement et le trafic organique restent utiles, mais les marques doivent aussi mesurer les conversions, la qualité des visites et, lorsque les données le permettent, leur présence dans les réponses générées par l’IA.


Enfin, les entreprises doivent s’assurer que les moteurs concernés peuvent accéder à leurs pages importantes. Dans le cas de ChatGPT Search, OpenAI indique que les éditeurs peuvent autoriser l'exploration de leur site par son robot OAI-SearchBot. Cette accessibilité ne garantit toutefois pas qu'un contenu sera cité dans une réponse.



À mes yeux, la transformation actuelle du référencement révèle une limite de certaines stratégies digitales : confondre visibilité et performance.


Je le constate d'ailleurs dans mes propres usages. Qu'il s'agisse de préparer un voyage, de me documenter pour un devoir, de comparer des produits avant un achat ou simplement de vérifier une information de culture générale, je commence désormais souvent par interroger ChatGPT ou par lire l'AI Overview de Google. Bien souvent, je ne clique ensuite que sur une ou deux sources, pour vérifier ou approfondir. Si mes habitudes ont changé à ce point, celles des consommateurs que ciblent les marques ont probablement changé aussi.



Exemple de GEO
Capture d'écran de mon test Chat GPT : demande de recommandation pour une crème hydratante

Une marque peut générer des milliers de visites sans obtenir de conversions significatives. À l'inverse, une présence plus ciblée, dans un contexte où l'utilisateur recherche une information précise ou compare des solutions, peut contribuer à un parcours d'achat plus qualifié.


Le rôle du SEO ne devrait donc pas se limiter à attirer des visiteurs. Il doit participer à une stratégie globale qui relie la visibilité, la confiance, l'expérience utilisateur et les objectifs commerciaux. Comme le souligne Siècle Digital, le SEO traditionnel reste le socle de la présence en ligne, mais il ne suffit plus à lui seul.


Cela implique aussi de ne pas céder à chaque nouveau concept marketing. Le GEO peut offrir un cadre de réflexion intéressant, mais il ne constitue pas une formule magique permettant de garantir des citations dans les réponses de l'IA. Les recommandations officielles, les données mesurées et les expérimentations restent indispensables.




Le SEO est-il mort ? Je pense que non. En revanche, considérer le référencement naturel comme une simple course aux premières positions serait une erreur.



La véritable question n'est peut-être plus de savoir comment apparaître en première position sur Google, mais ce qui justifiera qu'une intelligence artificielle recommande une marque plutôt qu'une autre. Dans un environnement où les réponses se ressemblent et où l'accès à l'information devient presque instantané, la différenciation ne peut pas reposer uniquement sur l'optimisation technique. Elle doit aussi s'appuyer sur une expertise démontrable, des contenus originaux et une identité suffisamment forte pour être reconnue.


C'est là que le SEO dépasse sa dimension technique : il devient un travail de fond sur la crédibilité d'une marque. Être visible dans les résultats de recherche reste un objectif, mais être une source digne d'être citée en est un autre. Si l'IA redistribue la visibilité, elle ne supprime pas la nécessité de construire une légitimité.


À l'heure où chacun peut produire du contenu avec l'IA, l'avantage concurrentiel ne sera peut-être plus de publier davantage, mais d'avoir quelque chose de réellement pertinent à dire.


Pour approfondir le sujet, découvrez également l’analyse de Carla Héhoté, qui apporte un éclairage complémentaire sur l'impact de l'IA sur el trafic organique.


Cet article a été réalisé dans le cadre du MBA DMB. Retrouvez également la note méthodologique sur l'utilisation de l'IA générative associée à cet article.


Mellina Bessa, mon LinkedIn