À la rencontre de Julien Le Matelot : le digital au service des utilisateurs

Par Léa Valot

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Dans le cadre de mon MBA Digital Marketing & Business à l’EFAP, j’ai eu l’opportunité d’échanger avec Julien Le Matelot, Project Manager chez Crédit Agricole CIB. Travaillant depuis plusieurs années dans un environnement bancaire international, il pilote différents projets digitaux et accompagne les équipes dans l’évolution de leurs outils et de leurs méthodes de travail.

J’ai choisi de l’interviewer car son parcours reflète une réalité que l’on retrouve aujourd’hui dans de nombreuses entreprises : le digital ne se résume plus à la communication ou aux nouvelles technologies. Il est désormais présent dans presque tous les métiers et transforme la façon dont les équipes collaborent, travaillent et utilisent l’information au quotidien.

À travers cet échange, je souhaitais mieux comprendre ce que signifie concrètement être chef de projet digital dans une grande organisation, quelles compétences sont nécessaires pour évoluer dans ce domaine et comment des sujets comme l’intelligence artificielle viennent progressivement modifier les pratiques professionnelles.

Comprendre les besoins avant de penser à la solution

Dès le début de notre discussion, Julien insiste sur un point qui revient constamment dans son métier : un projet ne commence jamais par un outil.

Avant de réfléchir à une solution, il faut d’abord comprendre le besoin. Cela peut paraître évident, mais c’est souvent une étape que l’on a tendance à vouloir accélérer pour entrer rapidement dans le concret.

Pourtant, selon lui, c’est précisément à ce moment-là que se joue une grande partie de la réussite du projet.

« Un bon cadrage, c’est déjà une bonne partie du projet. »

Une grande partie de son travail consiste donc à échanger avec les futurs utilisateurs, organiser des ateliers, recueillir leurs besoins et identifier les difficultés qu’ils rencontrent au quotidien.

Cette phase permet non seulement de clarifier les attentes de chacun, mais aussi d’éviter de développer une solution qui ne répondrait finalement pas au problème initial.

Au cours de notre échange, j’ai compris que la gestion de projet consiste souvent à poser les bonnes questions avant même de chercher les bonnes réponses.

Un métier qui évolue constamment

Lorsque je lui demande ce qu’il apprécie le plus dans son travail, Julien évoque immédiatement la diversité des projets sur lesquels il intervient.

Au fil de sa carrière, il a participé à des projets très différents : amélioration d’outils existants, déploiement de nouvelles solutions, refonte de plateformes ou encore accompagnement des utilisateurs dans l’adoption de nouveaux usages.

Cette diversité est à la fois stimulante et exigeante. Elle implique de travailler avec des interlocuteurs variés et de découvrir régulièrement de nouveaux sujets.

Selon lui, c’est aussi ce qui rend le métier particulièrement intéressant. Aucun projet ne ressemble vraiment au précédent et il faut constamment s’adapter à de nouveaux contextes.

Cette réalité m’a rappelé à quel point les métiers du digital évoluent rapidement. Les outils changent, les usages aussi, et les professionnels doivent être capables d’apprendre en permanence.

L’innovation n’est pas forcément révolutionnaire

Nous avons également parlé d’innovation, un mot que l’on entend partout aujourd’hui mais dont la définition varie souvent selon les personnes.

Pour Julien, l’innovation ne consiste pas forcément à inventer quelque chose de totalement nouveau ou à déployer une technologie impressionnante.

Elle peut être beaucoup plus simple.

Une amélioration qui fait gagner du temps à une équipe, un processus plus fluide ou une fonctionnalité qui simplifie une tâche répétitive peuvent déjà représenter une véritable innovation.

J’ai trouvé cette vision particulièrement intéressante car elle est assez éloignée de l’image parfois très spectaculaire que l’on associe à ce sujet.

Dans les entreprises, les changements les plus utiles sont souvent ceux qui passent presque inaperçus mais qui améliorent réellement le quotidien des utilisateurs.

Finalement, l’innovation ne se mesure pas uniquement à son caractère novateur, mais aussi à son utilité.

L’intelligence artificielle : entre opportunités et vigilance

Impossible aujourd’hui de parler de digital sans évoquer l’intelligence artificielle.

Comme beaucoup de professionnels du secteur, Julien suit de près les évolutions dans ce domaine. Les possibilités sont nombreuses : automatiser certaines tâches répétitives, faciliter l’accès à l’information ou encore améliorer l’exploitation des données.

Pour autant, il estime qu’il est important d’adopter une approche pragmatique.

L’IA offre de nouvelles opportunités, mais elle soulève également des questions importantes concernant la qualité des données, la sécurité des informations ou encore la gouvernance des outils.

Au cours de notre échange, j’ai eu le sentiment que l’enjeu principal n’était pas uniquement technologique. Une solution d’IA peut être performante sur le papier, mais son succès dépend aussi de la manière dont elle est intégrée dans les processus existants et adoptée par les équipes.

Cette réflexion fait d’ailleurs écho à de nombreux sujets abordés dans le MBA, notamment autour de la gouvernance de l’IA et de son intégration dans les organisations.

Les compétences qui feront la différence demain

Avant de terminer notre entretien, je lui ai demandé quels conseils il donnerait à un étudiant souhaitant évoluer dans les métiers du digital.

Sa réponse a été immédiate :

« Les outils changent constamment. Ce qui compte vraiment, c’est la capacité à apprendre et à s’adapter. »

Selon lui, il est aujourd’hui impossible de maîtriser l’ensemble des technologies et des outils disponibles. En revanche, il est essentiel de conserver une curiosité permanente et une réelle envie d’apprendre.

Il insiste également sur l’importance des compétences relationnelles. Un chef de projet passe une grande partie de son temps à coordonner différents acteurs, comprendre leurs attentes et trouver des solutions adaptées à leurs besoins.

Au-delà des connaissances techniques, savoir communiquer et travailler avec des profils variés reste donc une compétence essentielle.

Ce que je retiens de cette rencontre

En préparant cet entretien, je pensais que nous allions principalement parler de technologies, de plateformes digitales ou encore d’intelligence artificielle.

Finalement, ce qui est revenu le plus souvent au cours de notre échange concerne les utilisateurs.

Comme me l’a expliqué Julien :

« Les meilleurs retours viennent souvent des personnes qui utilisent l’outil tous les jours. »

Cette phrase résume assez bien ce que je retiens de cette rencontre.

Derrière chaque projet digital se trouvent des personnes, des besoins et des usages. La technologie joue évidemment un rôle important, mais elle n’est jamais une fin en soi.

Cet échange m’a permis de mieux comprendre le rôle du chef de projet digital et de réaliser qu’il s’agit avant tout d’un métier d’écoute, de coordination et d’adaptation. Une découverte particulièrement intéressante à un moment où les entreprises poursuivent leur transformation numérique et où les innovations technologiques se multiplient.

Au final, ce que je retiens surtout, c’est que les projets les plus réussis ne sont pas forcément ceux qui utilisent les technologies les plus avancées, mais souvent ceux qui répondent le mieux aux besoins des personnes qui les utilisent.