"Working Hard, Hardly Working” : que retenir du livre de Grace Beverley sur le travail à l’ère digitale ?

Introduction

Dans un monde où la performance est devenue une norme et l’agenda un indicateur de valeur, il devient difficile de ralentir sans culpabiliser.
C’est ce constat que dresse Grace Beverley, entrepreneure britannique de la Gen Z, dans son livre “Working Hard, Hardly Working”.

Connue pour avoir fondé les marques TALA et Shreddy, Beverley parle d’une voix à la fois business, féminine, engagée et connectée. Elle y questionne notre rapport au travail, à la productivité, et à l’illusion du succès dans une époque saturée par les réseaux sociaux.

Ce livre m’a interpellé. En tant qu’étudiante du digital, confrontée moi aussi à la culture du “toujours plus”, j’y ai trouvé des clés pour mieux comprendre mes propres automatismes.
Je vous propose ici une fiche de lecture synthétique et personnelle, pour partager les grandes idées du livre, mais aussi ce qu’il m’a apporté.

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🧠 De quoi parle ce livre ?

“Working Hard, Hardly Working” est un mélange entre un guide de productivité, une critique de la culture du travail moderne et un témoignage personnel.

Grace Beverley y déconstruit une idée reçue : travailler dur = réussir. Elle montre que cette équation ne tient plus à l’ère des réseaux sociaux, du multitâche permanent et de l’injonction à la performance.

Le livre s’articule autour de deux dynamiques :

  • “Working hard”, ou comment organiser son travail de manière efficace, avec des outils concrets et des conseils d’optimisation.

  • “Hardly working”, c’est-à-dire l’importance de ralentir, de préserver son énergie mentale, et de ne pas confondre “être occupée” avec “être productive”.

Elle aborde des sujets comme :

  • Le burn-out déguisé en hyperactivité

  • La glorification de l’agenda plein sur Instagram ou LinkedIn

  • L’impact des notifications et de la charge mentale

  • Le besoin de poser des limites claires entre pro et perso, surtout en télétravail ou pour les indépendants

📌 Exemple marquant : elle critique la « to-do list à rallonge », qui donne l’illusion d’avancer alors qu’on coche surtout des micro-tâches peu utiles.

Enfin, elle partage ses propres méthodes : comment planifier ses semaines, différencier le deep work des tâches opérationnelles, ou créer une routine réaliste pour éviter la surcharge.

💭 Ce que j’ai retenu (et pourquoi ça me parle)

Ce livre m’a parlé immédiatement. Pas parce que je suis une adepte de la productivité à tout prix, mais justement parce que j’ai souvent eu du mal à poser des limites.

Comme beaucoup de jeunes pros ou d’étudiant.e.s dans le digital, je suis constamment connectée. Il y a toujours un mail à traiter, un post LinkedIn à publier, une idée à creuser pour le blog ou la thèse. Bref, le rythme est soutenu.
Grace Beverley décrit exactement cette sensation : être occupée tout le temps, sans vraiment avancer.

J’ai particulièrement retenu :

  • La différence entre tâches utiles et tâches visibles. Par exemple, répondre à 20 messages Slack donne l’impression d’être actif.ve, mais n’apporte pas toujours de vraie valeur.

  • L’importance de bloquer des plages de deep work : Grace conseille de garder les matinées pour les tâches stratégiques, sans interruption. Ce sont souvent les plus longues et les plus compliquées. Depuis que j’ai essayé, j’ai vu une vraie différence.

  • Le besoin de ne pas culpabiliser quand on prend du temps pour soi. Elle explique que le repos fait partie du travail, et que l’on est plus performant.e quand on sait lever le pied.

Ce que j’apprécie aussi, c’est son honnêteté. Elle ne prétend pas avoir tout compris. Elle parle de ses propres contradictions, de la pression de son image sur les réseaux, de son anxiété. Ça rend son message plus crédible.

Ce livre ne m’a pas appris à “faire plus”. Il m’a appris à faire mieux, avec plus de lucidité.

🌐 Un livre utile pour les profils digitaux ?

Clairement, oui.

“Working Hard, Hardly Working” n’est pas un simple guide de productivité. C’est aussi un livre qui interroge notre rapport au digital, à l’image que l’on renvoie, et à la manière dont on gère notre temps dans un monde ultra-connecté.

Grace Beverley parle en connaissance de cause. Elle s’est construite sur les réseaux sociaux, en tant qu’influenceuse fitness, avant de devenir entrepreneure. Elle connaît les codes, les injonctions, la pression à la visibilité.
Elle critique d’ailleurs cette tendance à montrer une vie parfaitement optimisée, où chaque minute semble monétisée.

Quand on construit un personal branding, comme c’est le cas dans le MBA DMB, on peut vite tomber dans cette logique : poster régulièrement, montrer qu’on est productif.ve, réseauter non-stop.
Mais ce livre invite à une autre approche : être visible sans s’épuiser, être crédible sans surjouer.

J’ai aussi aimé sa façon de redéfinir le succès. Pour elle, ce n’est pas forcément un emploi du temps surchargé ou un nombre de likes. C’est un équilibre entre impact et bien-être, entre ambition et respect de soi.

✅ Conclusion

“Working Hard, Hardly Working” est un livre à la fois concret et introspectif. Il propose une vision plus nuancée du travail, à contre-courant de la culture de la “hustle productivity” qu’on voit souvent sur LinkedIn ou Instagram.

Ce que j’en retiens, c’est qu’il ne s’agit pas de travailler plus, mais de travailler mieux. Et surtout, de ne pas culpabiliser quand on prend le temps de ralentir.
Pour les profils digitaux comme nous, souvent sollicités, exposés et multitâches, ce rappel est précieux.

Je recommande ce livre à toutes celles et ceux qui veulent construire leur carrière sans sacrifier leur équilibre personnel. Parce qu’au fond, le vrai luxe aujourd’hui, c’est de maîtriser son temps.