Dans les coulisses du Podcast Séance Tenante, le podcast des cinémas Pathé : rencontre avec Alexis Audren, son fondateur et animateur

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Dans cette interview, j’ai eu le plaisir de discuter avec Alexis Audren, le fondateur et animateur du podcast Séance Tenante des Cinémas Pathé. Depuis sa création, ce podcast s'est imposé comme une référence pour les cinéphiles, offrant des analyses pointues, des anecdotes captivantes et des discussions approfondies sur l’actualité cinéma. Alexis nous partage son parcours, l’inspiration derrière le lancement du podcast, ainsi que les défis et les moments marquants de cette aventure auditive dédiée à l'univers cinématographique.

Entretien avec Alexis Audren

Alexis Audren : « C’est plutôt un podcast de marques qu'un podcast d’entreprise.  Même s'il est en effet créé par une marque."

C'est quoi la différence entre un podcast de marques et un podcast d'entreprise ?

Un podcast d'entreprise, ça peut sous-entendre que le podcast a une vocation institutionnelle ou interne pour les équipes, ou pour l'image de marque, mais d'un point de vue employeur. Un podcast de marques, c'est un podcast qui va être créé par une marque. Ou créé en marque blanche : une maison de podcast est contactée par une entreprise qui se dit « j'ai envie de me lancer dans le podcast pour aller toucher un nouveau public. » Faites-moi un, fabriquez-en moi un. Ils vont appeler Webedia, ils vont appeler Binge, ils vont appeler Deezer, Spotify, etc. Et là, ils vont avoir un podcast de marque.

Donc Séance Tenant c’est un podcast de marque car il a pour vocation de toucher le public plutôt que les employés.

Quelle est l'origine de Séance Tenante ? Qu'est-ce qui t'a donné envie de faire ce podcast ?

Je m'occupe des contenus chez Pathé : écrits, filmés, etc. Tous les contenus qui sont créés pour alimenter la machine Pathé. Et moi, j'ai toujours écouté des podcasts cinéma.

Alors, j'ai proposé à la direction de Pathé de créer un podcast cinéma.J'avais envie, dans la continuité de ce qu'on faisait déjà sur les réseaux sociaux et sur le site internet, de créer une espèce de média. Ce qui n'était pas du tout le cas avant.

Pathé, ça n'a jamais été un média, Pathé Cinéma, j'entends. Mais avec le podcast en plus, tu crées vraiment un média. Tu as une vraie prise de parole. J'ai voulu faire ça pour être au plus proche de l'actualité cinéma et trouver une nouvelle façon de donner envie aux gens d'aller voir des films. »

Quels sont les objectifs du podcast ?

Les objectifs du podcast, sont : de créer un nouveau lien entre Pathé et ses spectateurs, d’aller chercher des nouveaux spectateurs et de fidéliser ceux qui sont déjà clients Pathé. On enrichit l’expérience cinéma d'un point de vue ludique et quand même informationnel en donnant des fun facts, des chiffres clés, à nos spectateurs pour accompagner leur séance. L'idée, c'est qu'ils écoutent le podcast puis qu’ils aillent voir le film ou inversement.

L'objectif c’est de renforcer l'image de marque et d’avoir un format très proche du public.

Comment choisis-tu les thèmes et les invités de chaque épisodes ?

On se colle vraiment à l’actualité en salle. On regarde le line-up des sorties de la semaine et on essaie de se coller au mieux sur cette actualité. Après, il y a des semaines qui sont beaucoup plus faibles que d'autres. Sur ces semaines-là, on va essayer d'aller chercher des thèmes complémentaires par rapport à la semaine d'avant ou la semaine d'après.

Par exemple : si Spielberg sort un film telle semaine et que la semaine d'avant, il n'y a rien, peut-être que sur la semaine où tu as le Spielberg, tu vas parler du film en question mais la semaine d'avant, tu vas faire un épisode sur lui, on va revenir sur sa filmographie etc.

Et après, pour les invités, c'est aussi en fonction des sorties de la semaine.C'est-à-dire qu'on voit qu'il y a tel film, on sait que sur tel film, ça va être facile ou non d'avoir des invités. On fait aussi attention que le film soit intéressant : on essaie de pas prendre des invités sur des films dont on sait que personne autour de la table n’a aimé sinon ça n'a aucun intérêt. On essaie d'avoir un maximum d'invités des différentes sorties qui font l'actualité.

Le dernier podcast, je crois que c'est celui de Pirates des Caraïbes : pourquoi Pirates des Caraïbes à ce moment-là ?

C'est un très bon exemple, c'est-à-dire qu'on a enregistré tous les épisodes de l'été fin juin, début juillet en raison des vacances. Et, sur cet été, il y a des semaines où les sorties sont plus faibles. Donc on est partir sur des sagas.

On l'avait déjà fait, on avait fait Harry Potter et c'est des épisodes qui fonctionnent très bien.

Quel est l'épisode que tu as le plus aimé ? Celui que tu as le plus aimé écouter et celui que tu as le plus aimé à faire ?

« A écouter, c'est délicat parce que je n'aime pas beaucoup écouter les épisodes. C'est un truc qui a beaucoup évolué mais le premier épisode que j'ai dû écouter, c'était vraiment douloureux. S’entendre parler pendant 50 minutes, c'est très compliqué.

Donc à écouter, c'est une bonne question. Je pense que c'est avec un invité. Je dirai l’épisode avec Viggo Mortensen qui parle dans un français impeccable parce que le moment est fou.

Après, on a fait des épisodes en public du podcast qui était vraiment fantastique. Je pense à celui avec l'équipe des Mousquetaires l'année dernière, mais aussi à Florent Bernard sur Nous les Leroy ou Le Comte de Monte-Cristo avec le duo de réalisateurs. C'est super parce qu'il y a les questions du public. Donc à faire, je pense que c'est les épisodes les plus intéressants.

Et, on a eu des supers épisodes à faire. Comme je te le disais, quand on a des super talents en face, un Jean-Jacques Hano ou un Omar Sy, c'est passionnant parce que les gars te donnent des super réponses. On est dans des cadres parfois assez fous et ça donne envie de rester encore plus longtemps et de te poser plus de questions.

Quels sont les problèmes que tu as rencontrés lors de la création du podcast ?

Les principales problématiques qu'on a eues autour du podcast au début, c'était la périodicité. En fait, on ne savait pas, est-ce qu'il fallait faire un mensuel ? un bimensuel un hebdomadaire ? Nous, ce qui rythme notre actualité au cinéma, c'est les sorties du mercredi. Donc on est partis là-dessus : chaque mardi un épisode.

Mais ça implique forcément une logique de production assez grosse parce que ça veut dire 52 épisodes par an. Ça fait beaucoup de podcasts. Sachant qu'on n'a jamais raté un mardi depuis le 10 mai 2022. Et parfois en plus on fait des épisodes hors série. Je pense au festival d'animation d'Annecy ou au festival de la Comédie Française de l'Alpe d'Huez.

Donc la principale problématique, ça a été la périodicité. Après, ça a été de savoir comment on allait mettre le pied à l'étrier, comment on allait lancer la machine. Parce qu'au début, moi, le podcast, j'étais auditeur, mais je ne savais pas en faire. Donc on est passé par Binge qui nous a accompagnés dans le début cette aventure-là. Ils nous ont aidé pour l’habillage musical, le logo, la publication, l’enregistrement et le montage. De notre côté nous faisions le squelette complet de l’épisode, nous choisissions les sujets.

Au bout d'un moment, on s'est rendu compte qu'on était capable de faire quand même pas mal de choses nous-mêmes. C'est pour ça qu'on a arrêté de travailler avec Binge au bout d'une petite année, je crois. Ça s'est fait de manière un peu progressive. Et en fait, à chaque fois, ça a été des nouveaux challenges.

C'est-à-dire que moi, au début, je ne m'occupais pas du tout de la publication. Maintenant, je m'occupe de tout, de A à Z. La seule partie que je ne gère pas, c'est des fois la captation. C'est-à-dire que des fois, la captation des épisodes, c'est Thomas, qui est notre ingénieur son, qui vient faire la captation.  Mais c'est lui qui s'occupe à 100% du montage parce que ce n'est pas une compétence que j’ai. C'est un truc très technique. Et je ne suis pas sûr... Enfin, il le fait merveilleusement bien.

Donc,  les principaux challenges, ça a été de trouver la périodicité, de craquer un peu la méthode et de trouver la bonne façon de faire dès le départ. Et ensuite, ça a été de trouver une certaine forme d'indépendance et de quitter Binge pour vraiment produire le truc à 100% en interne à l’exception du montage.

Quelle est ta plus grande réussite vis-à-vis du podcast ?

La plus grande réussite du podcast, c'est deux choses.

Premièrement, c’est les échanges qu'on a avec les talents : acteur, actrice, réalisateur, réalisatrice, mais aussi les artisans du cinéma. On a reçu des costumiers, des compositeurs de bandes originales, des directeurs de la photo. C'est aussi mettre la lumière sur des métiers qu'on ne connaît pas forcément au cinéma.

L'une des plus grandes fiertés, c'est quand on discute avec tous ces gens et qu'ils sont ultra contents de la rencontre. Parce que quand ils font de la promo, ils sont souvent dans des interviews qui durent 8, 10, 12 minutes, où ça s'enchaîne très vite. C'est filmé, donc t'as un truc de posture aussi, t'es pas forcément ultra à l’aise. L'avantage du podcast, c'est que t'es avec un micro, tu parles dans une salle où t'as pas de caméra. Et du coup, il y a un truc très, très fluide d’échanges. Ils ont le temps de s'exprimer, ils peuvent le faire et raconter ce qu’ils veulent. Et nous, on est très bienveillants. Parce que notre but, c'est de faire en sorte que les gens aillent voir les films. Donc on va jamais être critique envers les films. Même si forcément, ça nous arrive d'aimer ou non plus ou moins des projets qu'on voit. Mais en l'occurrence, quand on rencontre des invités, on essaie de comprendre la jeunesse des projets, comment ils se sont faits, les inspirations, etc. Vraiment, l'une des plus grandes fiertés, c’est, ces échanges qu'on a qui sont super positifs. À la fin, on nous dit toujours que c'était trop bien de parler de cette manière-là aussi longtemps. Donc ça, ça fait vraiment toujours un plaisir.

La deuxième grande fierté, c'est de voir que le podcast prend vraiment. On voit le nombre d'abonnés, on voit les taux d'écoute, on voit les taux de rétention du début de l'épisode jusqu'à la fin. Même si c'est des épisodes qui sont parfois très longs. Donc ça, c'est ultra positif. De voir que ça prend et puis même, on voit les commentaires des gens sur les différentes plateformes et on voit que ça plaît. C'est gratifiant de voir que tout le travail a fonctionné. Au-delà du plaisir qu'on a à produire ces épisodes qui est immense.

Quels sont les conseils que tu donnerais à une entreprise qui souhaite lancer son podcast ?

De savoir à qui on parle. D'en parler avec passion. Après, je sais que c'est difficile en fonction de la matière première. Nous, c'est du cinéma et je suis passionné de cinéma. Donc forcément, il y a un peu ce truc où c'est facile pour moi de partager mon amour pour les films, pour le cinéma, pour les talents qui les font. Mais je pense que c'est vraiment la passion.

L'important, je trouve, c'est aussi la périodicité : de créer un lien, de créer un rendez-vous. C'est aussi une des forces du podcast : marquer un peu la semaine de tes auditeurs.

Dernière question : « comment vois-tu l'avenir du podcast d'entreprise et du podcast Séance Tenante ?

C'est une bonne question. Le podcast a eu un vrai essor il y a quelques années. Ça fait déjà plus de 10 ans qu’il est un format écouté. Honnêtement, je ne sais pas du tout comment les pratiques vont évoluer. Après, je pense que c'est une question de créer un rendez-vous. Si tu es capable de créer un format qui fonctionne, qui plaît aux gens et qui te plaît.

Ça répond aussi à la question sur l'avenir du podcast de Séance Tenante. Si nous, on s'ennuie à le faire, au bout d'un moment, on arrêtera. Mais c'est vrai que la force, encore une fois, je reviens là-dessus, mais c'est toutes ces sorties cinéma qu'on a tous les mercredis qui font que chaque mercredi, il y a des nouvelles choses qui arrivent. Donc, même si nous, on a eu, je ne sais plus combien, je crois qu'on a 70, 80 invités depuis le début du podcast, il en reste plein à avoir et il reste plein de films à traiter, plein de franchises sur lesquelles on ne s'est pas attardé beaucoup.

Donc, l'avenir de Séance Tenante, j'espère qu'il est radieux. J'espère qu'il est fait de plein de nouvelles personnes qui vont l'écouter, de plein d'autres séances en public, de plein de nouveaux abonnés, etc.