PFAS dans les produits L’Oréal, Biotherm, Avène, Kiko et Sephora…
Le 7 octobre dernier, le média Vert dévoilait une enquête percutante sur la présence de PFAS, surnommés « polluants éternels » dans plus d’une centaine de produits cosmétiques vendus en ligne en France. Mascara, rouges à lèvres, crèmes hydratantes… des marques comme L’Oréal, Biotherm, Avène ou encore Kiko et Sephora ont été citées. Depuis, certaines ont réagi rapidement. D’autres, en revanche, restent silencieuses.
PFAS dans les cosmétiques : un scandale qui bouscule l’industrie
Les PFAS sont des composés chimiques utilisés pour leurs propriétés hydrophobes et longue tenue. Ils sont très difficiles à dégrader dans l’environnement et peuvent s’accumuler dans l’organisme. Leur présence dans les produits de beauté soulève donc une réelle inquiétude sanitaire et environnementale.
L’enquête de Vert a mis en lumière un décalage entre les formulations affichées en ligne et celles présentes sur les emballages en magasin, révélant un manque de transparence, voire un retard de mise à jour chez certaines marques.
Les marques qui prennent des mesures
Parmi les premières à réagir, le groupe L’Oréal, maison-mère de Biotherm et L’Oréal Paris, a indiqué avoir reformulé plusieurs produits pour supprimer les PFAS — tout en reconnaissant que d’anciennes versions contenant encore ces substances sont toujours en vente. Un engagement clair a néanmoins été pris : d’ici fin 2024, plus aucun produit du groupe ne devrait en contenir.
Du côté du groupe Pierre Fabre, la marque Avène a également réagi rapidement. Sa crème solaire teintée SPF 50+ mise en cause a été retirée de la vente deux jours après la parution de l’enquête. Selon la marque, la reformulation sans PFAS date en réalité de janvier 2023, mais la fiche produit n’avait pas été mise à jour en ligne. Une erreur de communication qui montre à quel point la vigilance des consommateurs est essentielle.
Sephora et Kiko : l’ombre du silence
En revanche, deux grands acteurs du marché Sephora et Kiko restent muets. Malgré une promesse de réponse, Sephora n’a toujours pas communiqué officiellement sur la présence de PFAS dans les produits vendus sur sa plateforme. Pourtant, l’enseigne a lancé récemment son label « Clean at Sephora », censé exclure ces substances… mais uniquement pour les produits certifiés clean.
L’absence de réaction de ces marques est d’autant plus problématique qu’elle laisse les consommateurs dans l’incertitude. La pression médiatique suffira-t-elle à les faire réagir ? Affaire à suivre.
Vers une interdiction légale des PFAS dans les produits cosmétiques
Bonne nouvelle : les choses bougent aussi sur le plan législatif. Une proposition de loi actuellement en discussion à l’Assemblée nationale prévoit l’interdiction des PFAS dans les cosmétiques à partir du 1er janvier 2026. Une échéance qui semble encore lointaine, mais qui pourrait accélérer la transition vers des formules plus sûres et plus transparentes.
L’affaire des PFAS dans les cosmétiques montre que la vigilance citoyenne, les enquêtes journalistiques et la pression du public peuvent faire bouger les lignes. Mais tant que tous les acteurs du marché n’ont pas pris des engagements clairs, il est essentiel de continuer à s’informer et à consommer de manière éclairée.