Petite Poucette, c’est nous ! « Petite Poucette » de Michel Serres

« Petite Poucette », c’est nous !

PETITE POUCETTE MICHEL SERRES

L’auteur

Michel Serres, né le 1er septembre 1930, philosophe et historien des sciences français. Membre de l’Académie française et de l’Académie européenne des sciences et des arts. Il a notamment publié en tant qu’enseignant-chercheur des ouvrages faisant autorité en matière d’histoire des sciences, philosophie des sciences et épistémologie.

En premier lieu, il est l’un des rare philosophes contemporains à proposer une vision du monde qui associe les sciences et la culture.  Il est décédé le 1er juin 2019, à l’âge de 88 ans.

Parcours

  • 1969, Michel Serres est professeur d’histoire des sciences à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
  • Il est élu à l’Académie française le 29 mars 1990,
  • 1984, il fonde et dirige le Corpus des œuvres de philosophie en langue française aux éditions Fayard.
  • Il est nommé président du conseil scientifique de La Cinquième en 1994, la chaîne de « télévision de la connaissance, du savoir et de l’emploi ».
  • Le philosophe s’engage dans une voie proprement littéraire et artistique pour la ville du Mans en 2008. Le thème est la conservation du patrimoine, de la cathédrale, du vieux-Mans et du bestiaire représenté dans la ville.
  • Il participe chaque dimanche de 2004 à 2018, à la chronique de France Info Le Sens de l’info avec Michel Polacco.
PETITE POUCETTE COUVERTURE

L’ouvrage

Tout d’abord, « Petite Poucette » est un essai publié en 2012 aux éditions Le Pommier.
Cet ouvrage s’inscrit dans une réflexion sur les humanités numériques.
Avant tout, le titre évoque les deux contes Petite Poucette de Hans Christian Andersen et plus indirectement Le Petit Poucet de Charles Perrault. L’écrivain justifie l’emploi de « Poucette » au féminin par la plus grande efficacité des femmes au travail. Ainsi, il se réclame explicitement du féminisme.

Petite Poucette, un nouvel humain est né !

« Il ou elle écrit autrement. Pour l’observer, avec admiration, envoyer, plus rapidement des SMS avec les deux pouces, je les ai baptisés, avec la plus grande tendresse que puisse exprimer un grand-père, Petite Poucette et Petit Poucet. » p.14

Concernée par un rapport inédit au monde, Petite Poucette désigne tout individu, généralement dans la tranche des 0 à 35 ans. En effet, elle a un rapport familier avec le numérique et une approche intuitive à l’égard les nouveaux outils de communication.
En conclusion, Petite Poucette est « connectée », capable d’écrire un sms à toute vitesse. Elle se sert tout naturellement de Wikipédia dès qu’une donnée est inconnue pour elle.

En somme, le philosophe décrit avec beaucoup de tendresse la génération de ses petits-enfants qu’il voit toujours smartphone à la main. Ainsi, il explique que le comportement de Petite Poucette ne doit pas être vu comme un frein, un risque ou un obstacle à la connaissance et à l’intelligence, bien au contraire. Il faut simplement accepter que les choses changent et évoluent. Elles nous contraignent parfois, et souvent à raison, à changer notre manière d’appréhender le monde.

Le savoir

« Que transmettre ? Le savoir ? Le voilà, partout sur la Toile, disponible, objectivé. Le transmettre à tous ? Désormais, tout le savoir est accessible à tous. Comment le transmettre ? » p.19

Etant donné que le savoir est à porté de main, l’école et les professeurs ont-ils encore leur place ? C’est une des question que soulève l’écrivain.
Il  s’interroge également sur le devenir de l’éducation et de la pédagogie dans la société de l’information. En effet, l’auteur est plutôt optimiste et enthousiaste quant aux avancées permises. Il soutient que les enfants du numérique ont davantage accès aux personnes et aux savoirs.

La troisième révolution

« L’écrit se projette aujourd’hui partout dans l’espace la page nous domine et nous conduit. Et l’écran la reproduit. » p.31

L’Humain a vécu deux révolutions d’après Michel Serres : le passage de l’oral à l’écrit et de l’écrit à l’imprimé. Aujourd’hui, nous sommes dans la troisième révolution, celle de l’imprimé aux nouvelles technologies.

Ainsi, il représente les sciences dures comme les avancées industrielles qui ont marqué l’Histoire. Et puis, il désigne les sciences douces comme l’écriture et l’imprimerie qui associent les Hommes. En bref, ces deux sciences ont fondé un monde multiple.

Avec les Petits Poucets, les nouvelles technologies et Internet permettraient de nouvelles avancées et bâtir un monde nouveau.

Z

Bien que ce livre ait été écrit il y a 10 ans, l’analyse reste intéressante à découvrir. Michel Serres ne juge pas les enfants du numérique. Il nous invite à prendre de la hauteur sur les changements sociétales, humains et les nouvelles technologies.

Ces changements évoluent, surement rapidement, mais il nous montre à quel point nous nous devons d’avancer avec. Nous sommes chargés d’engager une collaboration générationnelle, et ne pas opposer les jeunes générations avec les anciennes.
Cet ouvrage est bienveillant et optimiste, il nous aide à appréhender davantage notre monde de demain.

La Librairie de Provence et les Editions Le Pommier ont organisé une rencontre avec Michel Serres à l’Amphithéâtre de la Verrière à la Cité du Livre d’Aix le vendredi 31 janvier 2014.

Découvrez sa conférence !

 

Adeline Traisnel