Quand le partage de nos sorties finit par peser plus que la sortie elle-même
Pas sur Strava, pas couru ?
Sport et réseaux sociaux · 28 octobre 2026 ·
Environ 2 minutes de lecture

Courir, partager, recommencer
Et si la sortie comptait avant sa publication ?
On est nombreux à lancer notre appli à peine la sortie terminée, à regarder notre allure, notre distance, puis à jeter un œil aux premiers kudos. Rien de mal à ça. C’est même plutôt sympa de partager ses efforts et de voir ses amis progresser. Mais parfois, je me demande si on ne finit pas par accorder autant d’importance à ce qu’on publie qu’au moment qu’on vient de vivre.
Avec Strava, chaque sortie peut devenir une petite performance à raconter : un chrono à améliorer, un badge à décrocher, des réactions à récolter. Et sans vraiment s’en rendre compte, on peut commencer à choisir ses entraînements en fonction de ce qui sera visible ou valorisant. Comme si une sortie sans publication avait un peu moins compté.
Pourtant, la relation entre réseaux sociaux et sport n’est pas forcément négative. Une étude publiée dans Social Network, menée auprès de 329 coureurs de cinq clubs, observe un lien entre les kudos reçus et le fait de courir davantage et plus souvent. Les encouragements peuvent donc bel et bien donner envie de continuer. Toute la nuance est là : est-ce qu’on partage parce qu’on est content d’avoir couru, ou est-ce qu’on court aussi pour avoir quelque chose à partager ?
Pas question de supprimer Strava ou de culpabiliser à chaque publication. L’idée est plutôt de prendre un peu de recul sur la place que l’application occupe dans notre pratique. Parce qu’au fond, une sortie ratée sur le papier peut être une super sortie dans la vraie vie.
"Une sortie ratée sur le papier peut être une très bonne sortie dans la vraie vie" Cyprien Viel, triathlète.
Ce que dit l’infographie
Quatre données pour prendre du recul sur notre rapport à la course et au partage.
milliards de kudos donnés sur Strava en 2025 (+20 % en un an)
millions de couronnes attribuées en 2025
des interrogés déclarent courir par plaisir
des coureurs se motivent par la comparaison aux autres
