Décryptage · Paris Games Week 2026
Paris Games Week 2026 : armée, IKEA, créateurs… qui vient chercher les joueurs ?
Par Özkan De Araujo · 23 octobre 2026

La Paris Games Week 2026 a ouvert ses portes le jeudi 22 octobre, pour quatre jours. Sur le papier, le plus grand salon français du jeu vidéo se recentre sur le jeu. Dans le hall, un autre visage apparaît : une base aérienne reconstituée par l'armée, IKEA à la place de Xbox, une Fnac transformée en scène esport. Les éditeurs reculent, et d'autres viennent chercher les joueurs.
Je n'irai pas à la PGW cette année : ce qui suit s'appuie sur le programme officiel et sur les sources citées en bas de page. L'article sera mis à jour à la clôture, avec le bilan officiel. Comme étudiant en marketing digital, sa stratégie m'intéresse autant que ses jeux.
L'essentiel sur la Paris Games Week 2026
- Dates et lieu : du jeudi 22 au dimanche 25 octobre 2026, de 9 h 30 à 19 h, dans le Hall 1 de Paris Expo Porte de Versailles.
- Billet 1 jour : 29 € dès 26 ans, 20 € de 8 à 25 ans, gratuit avant 8 ans, sur la billetterie officielle.
- À retenir : un seul hall, pas de stand Xbox, et une forte présence de marques et d'institutions venues d'ailleurs.

© Massy Puster / aPART, espace presse Paris Games Week
Pourquoi la Paris Games Week 2026 doit faire revenir le public
Le salon accueillait 317 000 visiteurs en 2019. Après deux éditions annulées à cause du Covid, il est reparti à 150 000 en 2022. Puis 187 000 en 2023, 188 000 en 2024 et 161 000 en 2025, selon les organisateurs.

Infographie : Özkan De Araujo, d'après le SELL, l'AFP, le Journal du Geek et Génération NT
Ce qui a coincé en 2025
La PGW 2025 a perdu un jour et un hall : quatre jours au lieu de cinq, deux halls au lieu de trois. Le Journal du Geek et Génération NT y ont vu peu de grands éditeurs et beaucoup de stands de produits dérivés. La programmation misait surtout sur les concerts et les têtes d'affiche. Nicolas Vignolles, délégué général du SELL, le reconnaît auprès de l'AFP :
« L'an dernier, on est allé un peu vite dans ce qu'on proposait au public. »
Un secteur sous pression
Le contexte n'aide pas. Ubisoft, Don't Nod, Nacon et Quantic Dream ont licencié cette année. Selon le SNJV, 48 % des studios français étaient déficitaires en 2025. Le SELL observe même la première baisse du nombre de joueurs en France depuis dix ans. Or moins de visiteurs, c'est moins d'éditeurs prêts à payer un stand. Donc moins de jeux à tester, et encore moins de visiteurs l'année suivante. Le SELL, qui organise le salon, vise 220 000 à 250 000 visiteurs d'ici cinq ans.
La stratégie annoncée : remettre le jeu au centre
Pour sa 15e édition, baptisée « Playground Edition », le salon promet « plus de postes de jeux » selon l'AFP, et plus de 150 titres jouables.
| Stand | Jeux annoncés |
|---|---|
| SEGA | Alien: Isolation 2, Persona 4 Revival, Stranger Than Heaven |
| Fnac | Marvel's Wolverine |
| Activision | Call of Duty: Modern Warfare 4 |
| Nintendo | Pokémon Pokopia, Mario Kart World, Splatoon Raiders |
| Bandai Namco | Gundam Rogue Orbit |
| Ubisoft | Rayman Legends Retold |
| Capcom | Mega Man: Dual Override, Monster Hunter Wilds: Ascendance |
Une appli pour gamifier la visite
C'est la nouveauté la plus visible : pour la première fois, le salon a son application officielle et gratuite. Elle vend les billets, affiche le programme et propose un parcours de défis, avec des badges et des récompenses à débloquer. Le Journal du Geek relève une limite : ni temps d'attente en direct, ni infos sur la restauration.
Hors les Murs : le salon dans toute la ville
Pour la première fois, la PGW est sortie de Paris Expo avant l'ouverture. L'idée date de 2024 : Nicolas Vignolles imaginait un salon réparti dans la ville, sur le modèle des Jeux olympiques. Au programme : une nocturne à la Philharmonie le 15 octobre, deux rencontres à la BnF les 16 et 21 octobre, et un DJ set de Teki Latex dans la station Glacière le 20 octobre, avec la RATP.
La Paris Games Week 2026 sur place : un seul hall, et pas seulement par choix
Cette année, la PGW tient dans le seul Hall 1. Le chantier du site joue aussi. Selon Viparis, qui gère le site, le pavillon 3 a été démoli entre janvier et mars 2026, et la déconstruction du pavillon 2 est en cours depuis mars. Le parc des expositions est en chantier, et le salon fait avec.
Deux absences pèsent aussi. GTA VI, qui sort le 19 novembre, ne sera pas jouable. Et Microsoft n'est présent qu'à travers une collaboration avec IKEA autour de Xbox, alors que Sony et Nintendo sont bien là.
Qui vient chercher les joueurs à la Paris Games Week 2026 ?
Quand les éditeurs réduisent la voilure, d'autres acteurs prennent la place. Leur point commun : ils veulent parler à un public jeune, là où il se trouve.
L'Armée de l'Air et de l'Espace vient recruter
C'est la présence la plus inattendue. Selon le ministère des Armées, l'Armée de l'Air et de l'Espace installe une base aérienne reconstituée sur 180 m². Au programme : un simulateur de Rafale, une initiation au pilotage de drone, des démonstrations en direct et son équipe esport. Des conseillers en recrutement sont sur place.
L'objectif est assumé : le ministère parle d'une « démarche de rayonnement et de recrutement ». Il rappelle que près de 4 000 jeunes rejoignent l'armée de l'Air chaque année, dans plus de 50 métiers. Et il met en avant les qualités communes aux joueurs et aux aviateurs : réactivité, concentration, coordination.
4 000
jeunes rejoignent l'armée de l'Air et de l'Espace chaque année, dans plus de 50 métiers. Source : ministère des Armées.
Les marques à la Paris Games Week 2026 : des expériences plutôt que des stands
- Fnac : une scène esport avec Gotaga et Kayane, un labo d'innovation et une boutique.
- IKEA : une collaboration autour de Xbox, seule présence de Microsoft.
- Leboncoin : un défi face au créateur Rebeudeter.
- JBL Quantum : des rencontres avec IB, Glutonny et Croissant Strike.
- RATP : le DJ set de Teki Latex dans le métro, avant le salon.
- Deezer : deux épisodes de Talk Choses enregistrés sur place.
Le cas Fnac est parlant. Selon son communiqué, une marque de PC parraine chaque session de sa scène, et son labo accueille aussi Nespresso ou Polaroid. Pour ces marques, la PGW devient une vitrine auprès des joueurs, bien au-delà du jeu vidéo.
Créateurs et esport : l'audience au-delà du hall
Inoxtag est la tête d'affiche. Il a annoncé Back to OG, un tournoi Fortnite avec 60 créateurs, diffusé sur ses chaînes Twitch et YouTube. La grande finale des EMEA Masters de League of Legends se joue aussi sur la scène du salon. Chaque contenu produit sur place vit ensuite en ligne : l'audience ne se limite plus aux visiteurs du hall.
Mon avis : la PGW devient un média
La PGW ne peut plus vendre seulement « jouer avant tout le monde ». Les éditeurs montrent déjà leurs jeux en ligne, quand ils veulent. Un salon doit donc offrir ce qu'un écran ne donne pas : une finale devant le public, une rencontre, une expérience.
Cette édition montre aussi un glissement. Le salon devient un média pour toucher les jeunes : l'armée y recrute, IKEA y parle de Xbox, la Fnac y vend de la visibilité à ses partenaires. C'est logique quand les éditeurs paient moins. Mais le risque est clair : si les marques éclipsent les jeux, les joueurs ne reviendront pas.
Le vrai verdict tiendra en un chiffre, que je guetterai à la clôture : faire mieux que 161 000 visiteurs.
En résumé
La Paris Games Week 2026 mise sur le jeu, une appli gamifiée et un programme Hors les Murs. Mais dans un hall unique, contraint par les travaux, ce sont aussi l'armée, les marques et les créateurs qui viennent chercher les joueurs. Et vous, un stand de recrutement sur un salon de jeu vidéo, bonne idée ou mauvais signe ? Dites-le en commentaire.
Cet article a été rédigé avec l'assistance de Claude (Anthropic). Les faits ont été vérifiés sur les sources citées, et l'avis exprimé est le mien.
Écrit par
Özkan De Araujo
Étudiant en MBA Digital Marketing & Business à l'EFAP. Je construis des projets créatifs et je documente le parcours.