1. Les outils utilisés
L’outil principal mobilisé tout au long de la construction de cette thèse est Claude (Anthropic), utilisé en version [préciser : gratuite / Pro] via l’interface web claude.ai.
Ce choix s’explique par trois raisons pratiques. D’abord, la persistance du fil de travail : la possibilité de conserver un contexte de mémoire d’une session à l’autre a permis de garder une cohérence de raisonnement sur plusieurs mois (validation de la problématique, itération sur le plan, préparation des entretiens) sans devoir tout rappeler à chaque échange. Ensuite, la capacité à traiter des documents longs (livrables, retours de coach, retranscriptions) directement en entrée, utile pour un travail de thèse qui s’appuie sur de nombreuses sources internes. Enfin, un accès direct à mon espace Notion (où sont centralisés le plan de thèse et les cinq retranscriptions d’entretiens), qui a permis d’articuler la réflexion avec le matériau de recherche réel plutôt qu’avec des résumés reconstruits à la main.
Un usage ponctuel de ChatGPT (version gratuite) a également eu lieu en phase exploratoire très amont (premiers brainstormings sur la thématique, avant le cadrage définitif de la problématique avec la coach), mais l’essentiel du travail structurant a été réalisé avec Claude.
Concernant les mises à jour : le modèle a évolué en cours de projet (passage à une version plus récente), sans changement notable dans la méthode de travail — la qualité d’analyse et de synthèse s’est plutôt améliorée, notamment sur la capacité à tenir compte du contexte accumulé (mémoire des échanges précédents, cohérence terminologique).
2. Exploration, développement d’idées et créativité
L’IA a été utilisée dès la phase de cadrage du sujet, avant même la validation de la problématique définitive avec Audrey. Des questions ouvertes ont permis d’identifier les tensions structurantes du sujet (authenticité vs dilution, appropriation des codes Gen Z vs risque de perte d’identité) et de tester plusieurs formulations de problématique avant d’arriver à la version validée.
- Brainstorming et idéation : exploration de plusieurs angles possibles (sociologique, stratégique, opérationnel) avant de trancher pour un angle orienté décision, conformément aux retours de la coach qui poussait vers un cadre stratégique plutôt que descriptif.
- Sources d’inspiration : l’essentiel de l’inspiration factuelle vient de veille personnelle (réseaux sociaux professionnels, comptes Gen Z, actualité des marques) et des entretiens experts ; l’IA a servi à organiser et croiser ces observations, non à les générer.
- Guides d’entretien : l’IA a aidé à transformer des thèmes analytiques en questions formulées sous forme d’anecdotes plutôt que d’interrogatoire formel, pour respecter une dynamique d’échange conversationnelle avec les experts interviewés (Jade, Davy, Matthieu Raiffé, Luna Buisson, Marine Rivière).
Exemple d’apport inattendu : la distinction entre « résonance culturelle » et « légitimité culturelle » est née d’un échange sur la neutralité du vocabulaire employé dans la problématique — l’IA a fait remarquer que « légitimité » implique un jugement de valeur excluant de fait les marques digital natives qui n’ont jamais eu besoin de « regagner » une place. Ce point a été retenu et intégré tel quel dans le cadrage final.
3. Planification et organisation
L’IA a été mobilisée pour transformer une matière de recherche dense (4 études de cas, 5 entretiens, 2 livrables déjà validés) en un plan de thèse cohérent en quatre parties.
- Structuration en séquence de prompts : plutôt qu’un prompt unique demandant « fais-moi un plan », le travail a procédé par itérations — d’abord clarifier la logique argumentative attendue par la coach (aller du contexte vers un cadre décisionnel opérationnel), puis positionner les quatre cas d’étude dans cette logique, puis répartir les extraits d’entretiens dans les parties concernées plutôt que de les isoler.
- Structuration des données d’entretien : les cinq entretiens ont été analysés pour identifier, pour chacun, les angles réutilisables dans le corps de la thèse plutôt que dans une annexe déconnectée.
- Impact sur l’efficacité : ce travail de croisement entre plan et matériau de recherche, fait manuellement, aurait nécessité de reparcourir en continu cinq retranscriptions longues ; l’usage de l’IA (avec accès direct à Notion) a permis de vérifier rapidement où un point analytique était déjà illustré par un verbatim existant, et où un entretien restait sous-exploité.
4. Rédaction et articulation
L’usage de l’IA en rédaction s’est concentré sur des livrables courts et ciblés plutôt que sur la rédaction continue du corps de thèse (rédigé indépendamment, dans mon style, pour rester fidèle à ma voix face au jury) : messages de prise de contact LinkedIn pour les interviews, article de blog pédagogique, reformulations de passages de livrables avant dépôt.
- Pourcentage de texte généré par l’IA dans ce document et les livrables associés : variable selon les sections — élevé pour les premiers jets de messages d’outreach (retravaillés ensuite pour calibrer le ton selon le profil du contact), plus faible pour les sections analytiques du plan qui restent des choix personnels.
- Prompt « intelligent » : les messages de prise de contact ont systématiquement été demandés avec des contraintes explicites (ton informel avec les alumni, plus formel avec les contacts seniors, limite de 200 caractères pour LinkedIn, absence de tournures génériques de type « je serais ravie d’échanger avec vous ») pour éviter un phrasé IA reconnaissable.
- Tableaux et supports : les deux livrables déposés ont été mis en forme et clarifiés avec l’appui de l’IA sur la structuration (tableaux comparatifs, hiérarchisation des idées), le contenu de fond restant personnel.
5. Éthique, sources, biais et hallucination
Trois précautions ont structuré l’usage de l’IA sur ce travail :
- Vérification systématique des données chiffrées : tout chiffre ou statistique proposé en appui d’un argument (par exemple sur les habitudes de consommation Gen Z) a été recoupé avec une source primaire avant intégration à la thèse — l’IA n’a jamais été utilisée comme source statistique en elle-même.
- Non-substitution de la parole des experts : les propos attribués à Jade, Davy, Matthieu Raiffé, Luna Buisson et Marine Rivière proviennent exclusivement des retranscriptions réelles archivées dans Notion. L’IA n’a jamais été utilisée pour « compléter » ou extrapoler des propos non tenus par les interviewés — un risque d’hallucination identifié et écarté dès le départ sur ce point précis, particulièrement sensible pour un travail reposant sur du matériau qualitatif.
- Double intention de certains contacts : pour les entretiens ayant aussi une dimension de mise en réseau professionnel (notamment avec Davy, dont l’agence correspond à mon projet professionnel), cette double intention n’a jamais été explicitée dans les messages de prise de contact générés — un choix éthique personnel plutôt qu’une consigne technique, mais qui a orienté la manière de formuler les prompts.
Limite assumée : l’IA n’a pas de connaissance directe et vérifiée du secteur de la beauté en 2026 au-delà de sa date de coupure de connaissances ; toute information sur l’actualité récente des marques (campagnes, chiffres de marché) a donc été vérifiée via recherche web ou sources professionnelles, jamais acceptée telle quelle.
6. Annexe — exemples de prompts représentatifs
Le détail complet des échanges est disponible en annexe de la thèse. Voici trois exemples représentatifs des types d’interactions utilisées.
Exemple 1 — Structuration du plan
« À partir de ma problématique validée et de mes quatre études de cas (La Roche-Posay, Lancôme, Fenty Beauty, Yves Rocher), aide-moi à construire un plan en quatre parties qui intègre mes cinq entretiens experts directement dans l’argumentation plutôt qu’en annexe, et qui aboutisse à une grille d’évaluation opérationnelle. »
Exemple 2 — Message de prise de contact
« Rédige un message LinkedIn pour solliciter un entretien avec [contact], [fonction] chez [entreprise]. Ton plutôt formel car contact senior que je ne connais pas personnellement. Maximum 200 caractères. Pas de formule d’accroche générique. »
Exemple 3 — Contenu de synthèse
« Rédige un article concis pour le blog de l’école présentant le sujet de ma thèse (résonance culturelle, dilution identitaire, mes quatre cas d’étude) dans un style proche de mon article précédent sur Lancôme x Good News. »
Article ici : https://blog.mbadmb.com/349127-2/