Nintendo Switch 2 : une console attendue, des prix qui font tiquer
Ça y est, c’est officiel : la Nintendo Switch 2 arrive en juin 2025. Après des mois (ou plutôt des années) de rumeurs, Nintendo a enfin pris la parole. Et sans surprise, l’info a retourné la toile. Nouvelle console, nouveau Mario Kart, compatibilité améliorée… tout le monde en parle.
Mais au-delà de l’excitation, un autre sentiment est venu s’inviter dans la conversation : la surprise — voire la frustration — autour des prix annoncés. Console à 470 €, jeux entre 80 et 90 €, abonnement online, mises à niveau… La facture pique.
Nintendo change-t-il de cap ? Est-ce que ce virage vers le “haut de gamme” est justifié, ou est-ce qu’on assiste simplement à une montée des prix de plus en plus difficile à suivre pour les joueurs ? Dans cet article, on se penche sur ce que ces annonces révèlent, et ce qu’elles impliquent, pour nous et pour l’industrie.
Une console (trop) chère pour son positionnement ?
Historiquement, Nintendo s’est toujours positionné à part. Pas les plus puissants, pas les plus “techniques”, mais les plus créatifs, les plus accessibles — avec des machines pensées pour rassembler un public large, familial, parfois casual.
La Switch 2, elle, affiche 469,99 € au compteur. Autrement dit, on est quasiment au niveau d’une PS5. C’est un gros saut si on pense que la première Switch était sortie à 329 €.
Alors oui, la fiche technique est plus ambitieuse : écran 1080p HDR, 120 Hz, 256 Go de mémoire interne, sortie 4K en mode dock, nouvelle puce NVIDIA… C’est solide, surtout pour une console hybride. Mais soyons honnêtes : ce n’est pas non plus une révolution technique.
Et là, on peut se poser une vraie question : est-ce que Nintendo ne risque pas de perdre une partie de ce qui faisait sa force ? Une console à ce prix, ce n’est plus forcément une console “pour tout le monde”.
Des jeux à 80 €, Mario Kart à 90 € : on va trop loin ?
Autre sujet qui a immédiatement déclenché des réactions : le prix des jeux. On savait déjà que les 70 € s’étaient banalisés depuis quelques années… mais là, Nintendo passe un cap. Les nouveaux jeux Switch 2 sont affichés à 80 € en moyenne, et le tout nouveau Mario Kart World grimpe jusqu’à 90 € en physique.
Oui, tu as bien lu. 90 €. Pour un Mario Kart.
Et c’est là que la pilule passe mal. Parce que Mario Kart, c’est une licence culte, fun, populaire, qui a toujours rassemblé. Mais est-ce que cette nouvelle version justifie ce prix ? Est-ce une refonte complète ? Un changement de moteur ? Une explosion de contenu ? Pour l’instant, on reste un peu dans le flou.
Ce qui est sûr, c’est que Nintendo mise clairement sur la valeur affective de ses licences. Les gens vont payer, parce que c’est Mario Kart, tout simplement. Et quelque part, c’est là que le bât blesse. On sent que la nostalgie devient un levier économique — au point de risquer de brouiller la frontière entre “jeu culte” et “produit premium”.
Mises à niveau, abonnements, accessoires : ça s’additionne vite
Autre point qu’on oublie souvent… mais qui a son poids : tout ce qui gravite autour de la console.
Déjà, les abonnements. Le Nintendo Switch Online (et surtout son Expansion Pack) deviennent presque indispensables si tu veux profiter à fond de l’écosystème. On parle de jusqu’à 80 € par an pour une famille. Certes, il y a du contenu : rétro, cloud, jeux supplémentaires. Mais encore faut-il en avoir l’usage. Et vu le prix des jeux de base, devoir en plus s’abonner pour certains contenus ou services… ça commence à coincer.
Côté compatibilité, bonne nouvelle : la Switch 2 reste rétrocompatible avec les jeux Switch 1. Mais pour bénéficier des versions optimisées Switch 2, il faudra parfois payer un “pack de mise à niveau”, sauf si on est abonné. Là aussi, c’est un petit supplément qui semble anodin… mais qui renforce l’impression d’un modèle économique en kit.
Et enfin, les accessoires : nouveaux Joy-Con, nouvelle station d’accueil, nouvelle manette pro… tout n’est pas forcément réutilisable. Bref, la note grimpe vite si tu veux vraiment profiter de l’écosystème complet dès le jour J.
Le vrai risque : un effet domino dans toute l’industrie ?
Le plus inquiétant dans tout ça, ce n’est peut-être pas que Nintendo ait monté ses prix. C’est qu’il le fasse en premier.
Car si Nintendo ose vendre ses jeux à 90 €, qui l’empêchera de devenir la nouvelle norme ? Les autres éditeurs — tiers notamment — pourraient très bien suivre. Surtout si le public accepte sans broncher.
On le voit déjà sur PlayStation avec les titres AAA à 80 €. Et si demain les prochaines grosses sorties sur Switch 2, PS5 ou Xbox Series X s’alignent sur les 90 €, on bascule dans une nouvelle ère du jeu vidéo. Une ère où le jeu day one devient un luxe, et où seuls les joueurs les plus investis peuvent suivre.
L’industrie pourrait bien perdre une partie de son public en chemin.
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Un line-up timide pour un lancement si ambitieux
Autre paradoxe : malgré le positionnement tarifaire très élevé, la liste des jeux annoncés au lancement est… plutôt maigre.
On retrouve bien sûr Mario Kart World, des versions optimisées de Zelda BOTW et Tears of the Kingdom, mais pas grand-chose de vraiment inédit.
Pas de grosse surprise, pas de nouvelle licence marquante. Ce n’est pas catastrophique, mais à 470 € la console, on aurait pu s’attendre à un peu plus d’audace dès le départ.
Conclusion
Avec la Switch 2, Nintendo fait un pari : celui de monter en gamme, en assumant des prix premium. Mais ce choix soulève de vraies questions.
Peut-on encore parler d’accessibilité quand la console coûte presque 500 €, et les jeux jusqu’à 90 ? Le risque d’un effet domino sur le reste de l’industrie est réel. Et les joueurs, eux, devront faire des choix.
On attend maintenant de voir si Nintendo saura justifier ce nouveau positionnement dans la durée. Mais une chose est sûre : les attentes sont aussi élevées que les prix.