Il y a quelques semaines, nous avons exploré comment le Web3 pourrait révolutionner le secteur du tourisme. Aujourd’hui, nous allons voir cette transformation en action avec un exemple concret : l’Office de Tourisme Spirit of Dunkerque. Cette destination avant-gardiste a récemment lancé un projet innovant, la collection « les NFTs qui décoiffent », une série de NFTs visant à enrichir l’expérience des visiteurs. Pour en savoir plus, j’ai rencontré Emilie Douhi, la responsable communication et digital de l’Office de Tourisme. Elle raconte comment cette aventure numérique a commencé, les défis qu’ils ont relevés et ce que l’avenir réserve pour le tourisme à Dunkerque.
Découvrez comment cette ville se positionne à la pointe de l’innovation digitale dans cette interview exclusive.
Pouvez-vous nous expliquer comment vous êtes venus à lancer ce projet de collection de « NFTs qui décoiffent » à Dunkerque ?
Emilie : On s’est lancés dans ce projet un peu par hasard. On a été mis en contact grâce à un service dédié à l’innovation touristique au niveau du département du Nord avec WYTLAND, une startup centrée sur le Web3 pour le tourisme. Ils cherchaient un premier client pour faire des tests et ont pensé à nous parce qu’on est une des destinations du département les plus avancées sur le numérique et ouvertes à ce type d’expérience. On a vu ça comme une opportunité de tester ces nouvelles technologies que nous ne maîtrisons pas encore, et comme le Web évolue vers le Web3, autant y aller pour voir les possibilités que ça nous ouvre. C’était aussi l’occasion de faire une campagne de communication différente auprès d’une cible plus jeune. On évite les campagnes d’affichage pour Dunkerque, elles ne fonctionnent pas bien. Alors montrer qu’on peut aller dans l’innovation peut participer à donner une image positive du territoire.
Quelle est la genèse de cette collection ?
Emilie : C’était une véritable collaboration avec WYTLAND, qui nous a beaucoup aidés à monter cette collection car ce n’est vraiment pas notre secteur d’activité. Le projet a été enrichi par la participation de tous les acteurs du tourisme local : hébergeurs, restaurateurs, structures de loisirs et de culture. Nous avons lancé une petite collection de 20 NFTs, chacun offrant des expériences VIP exclusives à Dunkerque, comme être pris en charge dès l’arrivée à la gare, conduits à leurs hôtels, et avoir accès à des expériences normalement inaccessibles au public. Cette exclusivité a d’ailleurs beaucoup contribué au succès de la collection.
Qu’est-ce qui vous a particulièrement plu dans ce projet ?
Emilie : Ce qui nous a vraiment plu avec le projet « les NFTs qui décoiffent », c’est la collaboration avec tous les acteurs du tourisme du territoire. Habituellement, quand on fait une campagne de communication, on la fait de notre côté, avec la communauté urbaine de Dunkerque et le service tourisme, mais pas avec les professionnels du tourisme. Cette fois, ils ont vraiment apprécié d’être consultés et impliqués. Cela a renforcé le lien entre nous et les hébergeurs, restaurateurs, et autres structures locales, ce qui est un gros point positif. D’ailleurs, je pensais que ça serait difficile de les embarquer dans ce projet, surtout avec une technologie aussi nouvelle que les NFTs. Mais au contraire, ils ont tout de suite été partants, même ceux qui ne connaissaient pas du tout les NFTs. Ils nous ont fait confiance et se sont lancés sans poser de questions. Franchement, rien que pour ça, ça valait le coup. Ça nous a permis de créer plein de liens avec des acteurs du tourisme avec lesquels on n’avait pas forcément de contacts avant.
Crédits : Spirit of Dunkerque
Quels ont été les résultats et les retours de cette initiative ?
Emilie : La collection s’est vendue très rapidement, ce qui est un signe positif. Cependant, nous n’avons pas touché le public que nous pensions atteindre. Nous espérions intéresser un public plus jeune, mais ce sont surtout des 30-45 ans, déjà familiers avec le Web3, qui ont acheté les NFTs. Il y a encore une certaine méfiance et une incompréhension autour des NFTs et du Web3, ce qui montre que nous avons lancé cette initiative un peu tôt pour le grand public. Cela dit, l’expérience a été très enrichissante et valorisante. Nous avons gagné en visibilité et participé à plusieurs tables rondes et événements grâce à ce projet. Cela nous a également permis d’être pris en exemple par d’autres destinations qui souhaitent se lancer dans des initiatives similaires.
Pourquoi avoir choisi les NFTs plutôt qu’un concours plus classique ?
Emilie : On aurait pu faire un concours plus classique sur les réseaux sociaux ou via une newsletter avec un système de fidélité ou de cartes de fidélité, comme on connaît déjà. Mais justement, tout le monde fait ça. Nous voulions vraiment nous démarquer et montrer l’image d’un territoire innovant. Dunkerque évolue rapidement, avec de nouveaux hôtels, des infrastructures de loisirs et une plage rénovée. Il nous semblait important d’accompagner cette évolution avec des initiatives innovantes. Les NFTs correspondait bien à cette dynamique de transformation et de modernisation. C’était aussi une manière d’apprendre et de gagner en expérience pour mieux comprendre vers quoi nous voulons aller à l’avenir.
Quels ont été les défis rencontrés dans la mise en œuvre de ce projet ?
Emilie : L’un des plus grands défis a été de trouver des sponsors. De nombreux partenaires potentiels étaient encore frileux par rapport aux NFTs, en partie parce qu’ils ont entendu parler d’expériences négatives dans d’autres domaines comme l’art. Il y a aussi eu un besoin important de pédagogie auprès du grand public pour expliquer ce qu’est un NFT et comment cela fonctionne. Par exemple, beaucoup de gens avaient du mal à comprendre comment créer un wallet et acheter un NFT de noter collection. Nous avons dû ajuster notre communication pour mieux expliquer ces concepts. Cependant, malgré ces obstacles, le projet a été une réussite selon nous, et nous avons beaucoup appris.
Après les « NFTs qui décoiffent », quels sont les prochains projets pour l’office de tourisme de Dunkerque dans le domaine du Web3 ?
La rédaction de cet article inclu l’usage d’outils d’IA générative. Lire la note méthodologique.