A l’heure où le transhumanisme enflamme les débats, Neil Harbisson vient remuer notre vision du cyborg et de l’homme augmenté. Focus sur un artiste qui bouscule les consciences.

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Son histoire

Né achromate, une pathologie qui rend la vision noire et blanche, Neil Harbisson s’est fait greffer en 2004 une antenne qui lui permet « d’entendre » les couleurs.

Cet artiste espagnol avait toujours souffert de ce handicap avant de rencontrer Adam Montandon, lors d’une conférence sur les extensions sensorielles via la cybernétique. Ils ont l’idée de créer un eyeborg, une camera greffée au crâne qui capte les ondes sonores des couleurs. Ce procédé n’a cessé d’être amélioré depuis et Neil Harbisson est aujourd’hui considéré comme la première personne « eyeborg ».

Ce statut n’a pas été facile à faire comprendre. Cependant les autorités britanniques ont accepté que son antenne apparaisse sur sa photo de passeport, preuve que les mentalités évoluent.

Neil Harbisson tente aujourd’hui de sensibiliser les publics à sa condition de cyborg tout en créant des symphonies de couleurs.

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Son œuvre

Neil Harbisson est un artiste qui mélange la couleur, la musique et la performance. En 2004, il réalise des Colours Score, des peintures de morceaux musicaux comme Le Printemps de Vivaldi et Queen of the Night de Mozart. En 2005, il commence une série de Sound Portrait généralement de personnes célèbres. Ces portraits sonores sont réalisés en écoutant et retranscrivant les sons des visages. En 2014, il peint sur des vieux vinyles la note dominante de chaque morceau et propose aux visiteurs de les écouter en utilisant l’application Eyeborg.

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La fondation Cyborg

En 2010, Neil Harbisson fonde la Fondation Cyborg, une organisation internationale pour aider à accompagner les gens qui souhaitent devenir cyborg. Le principe est de démocratiser le développement des capacités humaines via les technologies.

Il affirme que son eyeborg lui permet de se sentir plus proche de la nature, il a d’ailleurs toujours été un activiste écologique. «  Pourquoi dépensons-nous de l’énergie à créer des villes illuminés, alors que nous pourrions nous transformer pour avoir une vision nocturne ? » Il défend l’idée que la technologie devrait changer l’homme et non son environnement. Il souligne également que nous sommes déjà tous un peu cyborg car nous parlons de notre portable à la première personne (« je n’ai plus de batterie »)

D’un point de vue personnel, son histoire a changé ma vision du transhumanisme. Je ne le vois plus comme quelque chose de (seulement) effrayant, qui nous rendrait plus proche du robot que de l’humain. Mais au contraire comme une façon de dépasser nos capacités pour vivre plus harmonieusement avec la nature.

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Sources : 

Art Wiki 

Cyborg Foundation 

Slate 

National Geographic 

Ted Talk

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