Au sujet de leur alimentation, les consommateurs sont de plus en plus méfiants et exigeants. Les modes d’achat alimentaires tendent même à se baser davantage sur les valeurs, les choix de vie et de consommation que sur les critères socio-économiques (revenus, âge, localisation, genre). Les nouveaux comportements des consommateurs se complexifient et avec ça la compréhension des actes d’achat des consommateurs.

Voilà la réflexion à partir de laquelle j’ai fondé mon mémoire. J’ai ainsi mené des recherches sur la transformation et les évolutions des comportements face à la consommation et à l’achat. Il ressort ainsi plusieurs grands axes :

  • Désabusés et en crise de confiance les consommateurs demandent plus de sobriété. Les stratégies de communication et le marketing dans le secteur de l’agroalimentaire doivent ainsi s’adapter et intégrer des dimensions de sobriété et de frugalité.
  • Les consommateurs veulent davantage de traçabilité, l’impact environnemental du produit, son impact sur la santé et sur le bien-être animal. Ainsi, les scores, les notes et les labels se multiplient. À titre d’exemple, plus d’un tiers des exploitations françaises sont engagées dans au moins une démarche AOP, IGP ou label rouge et environ 11 % en bio. En France, les labels représentent 35 milliards d’euros de chiffre d’affaires soit 10 % de l’activité agricole et agroalimentaire française cumulée (Source : INAO, 2021).
  • L’alternative du végétal séduit de plus en plus. Selon une étude IFOP réalisée dans le cadre de l’Observatoire des cuisines populaires, 40% de la population française déclare vouloir réduire leur consommation de viande et poisson au profit de produits végétaux. Pour répondre à cette demande croissante, les restaurateurs ont augmenté les offres de plats vegan de 44% en 2020. Avec la multiplication des nouveaux régimes alimentaires et des préoccupations environnementales liées à l’alimentation, les entreprises doivent s’adapter et intégrer les revendications et enjeux portés par des communautés (végétariens, végans…) pour communiquer et innover. Deux tiers des Français disent avoir changé leurs habitudes de consommation pour préserver la biodiversité et la planète (Source : étude réalisée par GreenFlex, l’Ademe et la société YouGov).

 

« Les industriels de l’agroalimentaire n’ont pas d’autre choix que s’adapter pour répondre à leurs préoccupations… Si nous ne modifions pas de manière radicale le modèle que nous avons construit depuis cinquante ans, dans vingt ans ça va mal se passer »(David Garbous, fondateur de l’agence Transformation positive).

 

  •  Pour finir, il est essentiel que les industries de l’agroalimentaire recréent un lien de confiance avec les consommateurs notamment grâce aux réseaux sociaux. Ces derniers réinventent la relation entre la food, les acteurs de l’industrie agroalimentaire et les consommateurs. Par exemple, le #foodporn comptabilise plus de 200 millions de publications sur Instagram. Le marketing d’influence connaît une croissance exponentielle, des chefs cuisiniers comme Cyril Lignac, deviennent des influenceurs à part entière. Sur les réseaux sociaux, les grandes marques aussi développent des stratégies locales et expérientielles afin de fidéliser, faire adhérer et provoquer un sentiment d’appartenance.

 

« Nous devons aujourd’hui prendre en compte la complexité des consommateurs, mais aussi des enjeux qui touchent l’agroalimentaire. Oui, nous voulons de la transparence, de l’éthique. Nous voulons aussi à la fois le plaisir, la santé, la sécurité et la praticité. Et tout cela, à un prix abordable. L’enjeu des marques est de comprendre cette complexité et de trouver les leviers marketing et de communication qui facilitent la vie et rassurent, pour une confiance retrouvée», (Virginie Becquart, co-dirigeante de ProtéinesXTC).

Alors comment les acteurs de l’agroalimentaire se réinventent-ils ? Comment les acteurs s’adaptent-ils à la méfiance et aux nouvelles exigences des consommateurs ? Quels sont les rôles de la digitalisation et du marketing dans ces changements ?

Voilà les questions que je me pose dans mon mémoire de fin d’études. Celui-ci aura plusieurs objectifs, d’abord de comprendre l’évolution du secteur, les nouveaux besoins, les nouveaux enjeux, ensuite il s’agira de comprendre comment le digital révolutionne ce secteur ? Comment le digital est devenu un élément essentiel dans le secteur de la Food et enfin quelles sont les conséquences sur le marché et la relation aux consommateurs ?

Intéressés ? Alors je vous laisse découvrir la suite le 30 septembre.