La Gen Z exige un marketing d’influence authentique, engagé et transparent. Face à cette mutation, comment les marques peuvent-elles adapter leurs stratégies sans perdre en crédibilité ? Entre sélection rigoureuse des influenceurs, co-création et impact des influenceurs IA, Gabrielle Jallifier Verne, experte en influence, partage son regard sur les leviers clés pour réussir. 

Dans le cadre de ma thèse intitulée « Comment l’influence digitale redéfinit-elle les stratégies de marque à l’ère de la Gen Z : entre authenticité, engagement culturel et performance business ? », j’ai approfondi ces enjeux en interrogeant des experts du secteur.

Objectif : comprendre comment les professionnels du marketing d’influence adaptent leurs stratégies aux nouvelles attentes d’une génération en quête d’authenticité et de sens.

Gabrielle Jallifier Verne

Head of influence & agent d’image, Bolt Influence 

Interrogée sur les bons usages de l’influence et les attentes de la Gen Z

1. Les attentes de la Gen Z face aux influenceurs

– Selon toi, qu’est-ce que la Gen Z attend aujourd’hui des influenceurs dans leur relation avec les marques ? Comment ces attentes influencent-elles la conception des dispositifs d’influence marketing que vous proposez chez Bolt Influence ?

Aujourd’hui, la Gen Z attend des influenceurs qu’ils fassent preuve d’authenticité et de transparence dans leurs relations avec les marques.

Je trouve qu’il y a eu un gros désintérêt de cette génération vis-à-vis des macro / méga influenceurs qui faisent la promotion de produits similaires sur une même semaine (exemple : @Sananas).

Chez Bolt Influence, nous portons une attention particulière aux personnes que nous castons, notamment en veillant à ce qu’elles aient une véritable éthique et qu’elles aient déjà (si possible), parlé de manière spontanée d’un produit. Nous encourageons également nos clients à privilégier des approches d’influence plus spontanées et moins marketées.

2. Authenticité et stratégie d’influence

– L’authenticité est un critère central pour la Gen Z. Quels sont les leviers ou les approches que vous utilisez pour garantir que les collaborations entre marques et influenceurs soient perçues comme sincères et crédibles par cette génération ?

Comme précisé plus haut, nous veillons à sélectionner avec soin les créateurs avec lesquels nous collaborons, afin qu’ils soient en cohérence avec l’ADN et l’image de la marque.

En tant que membre de l‘UMICC, nous attachons également une grande importance au respect des nouvelles règles d’influence, pour rester en conformité avec la réglementation de l’ARPP.

En travaillant avec nous, les créateurs sont contractualisés pour utiliser les fonctionnalités de collaboration commerciale mises à disposition par les plateformes.

3. Influenceurs IA : opportunité ou menace ?

– Avec l’émergence des influenceurs virtuels animés par l’intelligence artificielle, comme Lil Miquela, comment perçois-tu leur potentiel dans les campagnes d’influence ? Sont-ils une opportunité pour toucher la Gen Z ou risquent-ils d’éroder davantage la notion d’authenticité ?

Les deux ! Je pense qu’il est essentiel de trouver un équilibre entre les deux pour que cela fonctionne.

Cela dit, je trouve particulièrement intéressant que l’IA puisse accompagner les créateurs dans leur quotidien, notamment lors de streams assez longs. 

Exemple – ici – Mais encore faut-il que l’influenceur rester transparent vis à vis de son usage pour faire un sorte de garder sa jeune communauté engagée. 

4. Performance business des campagnes d’influence

– Quels sont les indicateurs clés de performance (KPI) que vous privilégiez pour mesurer l’impact d’une campagne d’influence marketing, en particulier auprès de la Gen Z, qui consomme différemment des générations précédentes ? 

Nos indicateurs de performance sont définis en amont avec le client, en fonction du brief et des objectifs communiqués. Même si la Gen Z consomme différemment, nous accordons une attention particulière à des métriques clés telles que l’engagement, la portée et la conversion, etc.
Nous utilisons également des logiciels de tracking qui nous permettent d’évaluer le sentiment global de nos campagnes (négatif, neutre, positif) à partir des commentaires et des réactions sur les publications de nos créateurs activés.

5. Co-création et influence participative

– La Gen Z valorise l’interaction et la co-création avec les marques. Comment intégrez-vous ces attentes dans les dispositifs d’influence que vous concevez ? As-tu des exemples de campagnes où cette approche a particulièrement bien fonctionné ?

Nous intégrons ces attentes dans nos mécaniques d’influenceuses (sondages, jeu-concours, challenge, invitation) – qui permettent aux abonnés aux abonnés de s’exprimer et d’interagir avec le créateur et la marque. 

Oui, une campagne que j’ai réalisée avec Le Petit Marseillais :

Nous avons également proposé à la communauté du Petit Marseillais de réfléchir et de voter pour leur produit préféré.

Conclusion

Le marketing d’influence évolue vers plus de sincérité et de personnalisation. Face à une Gen Z exigeante, les marques doivent privilégier des stratégies transparentes, des collaborations pertinentes et intégrer des KPIs adaptés.

💬 Et vous, comment percevez-vous l’évolution du marketing d’influence face aux attentes de la Gen Z ?