Cinéma, Data et Authenticité : Les secrets de l’influence d’envergure
Comment orchestre-t-on le plan d’influence d’un blockbuster ou d’une sortie streaming majeure ? À l’intersection de la distribution et des stratégies de contenu, le secteur évolue vite. Aujourd’hui, le marketing d’influence cinéma exige autant de rigueur analytique que de sensibilité artistique.
Pour décrypter ces enjeux, j’ai rencontré Paul-Louis Peugniez. Il est Chef de Projet Influence au sein de l’Agence CARTEL (certifiée B Corp™). De son parcours chez la major Universal Pictures à sa vision du marché actuel, il nous livre ses secrets. Découvrez comment allier data, phygital et authenticité.
Les 4 piliers du marketing d’influence cinéma
Avant de lire l’interview, voici les quatre points clés à retenir de notre échange :
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Le virage de la micro-influence : les marques ciblent désormais des communautés plus petites mais très engagées.
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La fin des métriques de vanité : les professionnels analysent l’EMV (Earned Media Value) et la crédibilité des audiences.
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L’essor des stratégies phygitales : les événements physiques deviennent des usines à contenus digitaux.
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L’importance des profils hybrides : le marché recherche des talents créatifs et experts en data marketing.
L’interview de Paul-Louis Peugniez (Agence CARTEL)
Peux-tu revenir sur la genèse de ton parcours dans l’entertainment ?
Paul-Louis Peugniez : J’ai obtenu un double master Sciences Po / Kedge en communication des industries culturelles. Ensuite, j’ai travaillé dans la communication et le marketing du septième art.
D’abord, j’ai effectué un stage à Londres pour l’Institut français du Royaume-Uni. Cet organisme est aussi un exploitant de salles de cinéma. Par la suite, j’ai rejoint Universal Pictures France comme Assistant Chef de Projet Marketing.
Ce parcours m’a donné des bases solides en distribution locale. Par conséquent, mon évolution vers le marketing d’influence cinéma s’est faite naturellement. C’est le prolongement direct de mon ancien métier.
Quel est le plus grand bouleversement actuel dans la gestion d’une campagne ?
Paul-Louis Peugniez : L’influence est un milieu qui change en permanence. Selon moi, la grande nouveauté est la démocratisation des micros et nano-influenceurs (de 5 000 à 100 000 abonnés).
Souvent, les clients réclament des profils massifs et très impressionnants. Pourtant, leur taux d’engagement est parfois décevant. C’est pourquoi nous conseillons d’intégrer des créateurs plus petits. Ils permettent de toucher une cible précise avec une meilleure efficacité business.
Data et KPI : Comment mesurer le ROI d’un film ?
Comment établit-on un casting d’influenceurs pertinent et performant ?
Paul-Louis Peugniez : Le listing des créateurs dépend de critères précis définis par les distributeurs de films. Pour un film événement, notre stratégie doit être très large.
D’un côté, nous ciblons les cinéphiles et les fans de franchises. De l’autre, nous visons des publics plus larges pour faire découvrir la sortie. Nous créons alors un casting hybride. Nous mélangeons le lifestyle, le cinéma et la musique pour maximiser la couverture du projet.
Quels sont les vrais KPI marketing que vous suivez à l’agence ?
Paul-Louis Peugniez : Nous recherchons d’abord des profils dont l’ADN correspond au film. Si le contenu semble sincère, le public répondra positivement.
Pour rationaliser nos choix, nous utilisons la plateforme Kolsquare. Cet outil calcule l’impact réel grâce à l’Earned Media Value (EMV). Cette métrique valorise financièrement la visibilité obtenue. De plus, nous analysons le sentiment des commentaires pour mesurer la perception de la campagne.
Les nouvelles tendances : Phygital et Intelligence Artificielle
Comment gères-tu l’équilibre entre les exigences des studios et la liberté des créateurs ?
Paul-Louis Peugniez : Cet équilibre est indispensable. Les studios imposent des messages clés ou des contraintes strictes. Cependant, le créateur sait ce qui fonctionne auprès de ses abonnés.
Notre rôle est de faire le lien entre ces deux mondes. Ainsi, nous fixons un cadre clair avec le client, tout en laissant le talent s’exprimer avec ses propres codes. C’est la clé pour concevoir une campagne mémorable.
L’événementiel au cinéma est devenu « phygital ». Comment gères-tu cette transition ?
Paul-Louis Peugniez : Aujourd’hui, un événement physique ne s’adresse plus uniquement aux invités présents sur place. En effet, nous le concevons immédiatement pour les réseaux sociaux.
Qu’il s’agisse d’un tapis rouge à Cannes ou d’une avant-première, le lieu doit inciter à la création de vidéos. À l’agence, nous envoyons régulièrement des propositions spontanées à nos clients. L’objectif final est de transformer un moment réel en une discussion virale en ligne.
Comment imagines-tu l’avenir du marketing d’influence cinéma d’ici 5 ans ?
Paul-Louis Peugniez : Les algorithmes demandent toujours plus de personnalisation. Par conséquent, les créateurs de niche vont continuer à progresser.
L’IA générative va devenir un outil du quotidien pour analyser les données et optimiser la production. Malgré cela, je suis convaincu que l’humain restera essentiel. Le public veut entendre parler d’un film avec passion. Une intelligence artificielle ne remplacera jamais cette authenticité.
Conseils pour les futurs professionnels du digital
Quel conseil donnerais-tu à un étudiant en fin de MBA Digital Marketing ?
Paul-Louis Peugniez : Soyez curieux et restez en veille constante sur les nouvelles tendances des plateformes. Multipliez également les expériences professionnelles.
J’ai travaillé pour un exploitant public, une major et deux agences. Cette variété a enrichi ma vision. Enfin, développez une double compétence. Soyez créatifs, mais apprenez à maîtriser la data. Ces profils hybrides sont les plus recherchés actuellement.
Une campagne récente t’a-t-elle particulièrement marqué ?
Paul-Louis Peugniez : Oui, la campagne de la créatrice Camille Challet avec L’Oréal Paris pour le programme « Stand Up ». Cette activation sensibilise au harcèlement de rue.
Cette stratégie dépasse le simple placement de produit. Lorsque les valeurs de la marque et du créateur concordent, l’impact sociétal et business devient maximal.
Conclusion : Le regard du Digital Marketer
Cette interview avec Paul-Louis Peugniez montre la maturité du marketing d’influence cinéma. La recherche de la visibilité brute disparaît au profit d’une ingénierie de campagne qualifiée.
Pour nous, futurs leaders du marketing numérique, la leçon est claire. La performance de demain dépendra de notre capacité à utiliser la data, tout en protégeant l’authenticité des créateurs de contenu.
Un grand merci à Paul-Louis Peugniez pour son expertise. Et vous, pensez-vous que l’authenticité reste la clé du ROI en marketing digital ?