Après une carrière de 8 ans dans le secteur de la communication digitale, notamment au sein de l’entreprise Samsung, Margaux Picard a choisi d’opérer un virage professionnel majeur. Revenue à ses premières amours — la psychologie et l’accompagnement humain —, elle a ouvert les portes de son propre cabinet d’hypnothérapie au cœur du 15ème arrondissement de Paris. Dans cet entretien, elle nous livre avec transparence la manière dont son bagage en marketing et sa maîtrise des technologies digitales sont devenus des leviers indispensables pour structurer, lancer et pérenniser son activité d’entrepreneuse.
1. Qu’est-ce qui t’a poussée à quitter un poste en communication digitale chez Samsung pour te lancer dans l’hypnothérapie ? Y a-t-il eu un moment décisif ?
J’ai suivi des études de psychologie avant de me réorienter vers la communication digitale, l’accompagnement humain a toujours été quelque chose qui me passionnait. Pendant 2 ans, je me suis interrogée sur comment renouer avec cette partie de moi, puis j’ai commencé une formation en hypnose dans le but de développer cette activité en parallèle de mon emploi actuel. Mais je me suis vite rendue compte que je n’allais pas pouvoir être à 100 % sur les deux, alors j’ai décidé de quitter mon poste chez Samsung pour m’installer en tant qu’hypnothérapeute et tenter l’aventure de l’entrepreneuriat !
2. En quoi ton expertise en communication digitale t’a-t-elle concrètement aidée à lancer ton activité d’hypnothérapeute ? (personal branding, réseaux sociaux, création de contenu…)
Ça m’a clairement aidée car pour lancer son activité, il faut être un véritable couteau suisse : au-delà de savoir pratiquer l’hypnose, il faut aussi gérer sa compta, créer un site internet, travailler son référencement, identifier les bons canaux de communication… Mon expérience de 8 ans en communication digitale m’a appris l’importance d’avoir un positionnement clair, d’identifier correctement sa cible marketing et de choisir stratégiquement sa façon de communiquer. Je sais aussi que le personal branding vient ici faire la différence car on ne choisit pas simplement un produit à acheter, on choisit un humain pour être accompagné. Pour le reste, je m’aide beaucoup de l’IA ! Ça reste une ressource incroyable quand on ne maîtrise pas certaines compétences, on peut s’initier à pas mal d’outils pour élargir son champ d’action. Je m’en sers aussi comme d’un « deuxième cerveau » pour réfléchir à des contenus, ajuster la pertinence de mes campagnes de communication, etc.
3. Comment as-tu structuré ton offre et fixé tes tarifs ? Est-ce que ta connaissance du marché digital t’a aidée à te positionner par rapport à d’autres hypnothérapeutes ?
Pour fixer mes tarifs, j’ai fait des prévisions budgétaires ainsi qu’un benchmark de l’offre locale existante des hypnothérapeutes à Paris 15. J’ai aussi fait le choix de proposer un tarif réduit pour les étudiants et demandeurs d’emploi, car le prix est souvent un frein pour démarrer un accompagnement. Avec mon expérience, je connais les coûts de communication et cela m’a donc permis de ne pas les sous-estimer, je les ai inclus dès le début dans mon budget. Je sais que certains de mes collègues n’avaient pas anticipé ce poste de dépense, alors qu’il est essentiel (surtout au démarrage).
4. As-tu appliqué des méthodes issues du marketing digital pour développer ta clientèle ; et si oui, lesquelles ont le mieux fonctionné dans ton domaine ?
Tout à fait ! J’ai misé en priorité sur 2 canaux quand je me suis lancée : le référencement payant (Google Ads) et ma e-réputation (fiche Google My Business). Cela me permet de cibler une audience pertinente et d’être suffisamment visible. Dans un second temps, je prévois de développer mes social media pour renforcer mon positionnement, mais surtout avec un objectif de pédagogie autour de ce qu’est l’hypnose et comment elle peut aider pour différentes problématiques. J’ai préféré d’abord prioriser la mise en place d’activations pour de l’acquisition, pour me concentrer dans un second temps sur de l’organique et de la brand awareness.
5. Avec le recul, qu’est-ce que ton parcours en entreprise t’a appris que tu n’aurais pas pu apprendre autrement, et qu’est-ce qui t’a au contraire manqué au moment de te lancer ?
Il m’a appris qu’être une bonne hypnothérapeute ne suffit pas pour se lancer et vivre de son activité. Il faut maîtriser bien d’autres compétences pour se démarquer et développer une activité pérenne.
Je sais aussi à quel point les social media peuvent faire la différence, mais qu’il faut être stratégique pour qu’ils soient utiles pour développer son activité. Je veux créer une identité visuelle reconnaissable, construire un planning de contenus que je peux tenir sur la durée, créer du contenu pertinent pour ma cible et adapté à chaque plateforme sociale, etc. Je préfère donc prendre mon temps plutôt que de lancer un compte Insta dans la foulée et poster de façon irrégulière sans ligne directive ni objectif clair. J’ai également pu automatiser certaines tâches grâce à l’IA pour gagner du temps, me décharger mentalement et optimiser mon organisation afin de me concentrer sur ce qui reste le plus important pour moi : l’accompagnement en hypnose !
Un grand merci à Margaux pour toute la qualité de ses réponses !