Entre avatars virtuels, défilés dans le métavers et mannequins influenceurs, le secteur du mannequinat connaît une véritable métamorphose numérique. À travers une vidéo récapitulative réalisée pour une masterclass, et l’intervention d’un expert en création de mannequins IA, retour sur les nouveaux visages — bien souvent virtuels — de la mode.
Une industrie en pleine mutation
Le mannequinat tel que nous le connaissions n’est plus. Si les podiums parisiens ou new-yorkais font toujours rêver, ils cohabitent désormais avec des défilés dans le métavers, des égéries virtuelles générées par l’intelligence artificielle, et des avatars 3D ultra-réalistes créés pour incarner des marques. À travers une vidéo récapitulative présentée lors d’une masterclass sur le sujet, j’ai exploré les figures majeures de cette transformation : Lil Miquela, Shudu Gram, Noonoouri, Aitana Lopez, ou encore Candy, l’avatar digital de Prada pour son parfum éponyme. Autant de nouveaux « visages » qui bousculent la frontière entre réel et virtuel, incarnant une révolution à la fois esthétique, technologique et stratégique.
Du défilé virtuel aux avatars : comment la mode investit le digital
Dans cette vidéo, j’ai intégré des moments forts de cette évolution : le défilé Balenciaga dans le métavers, les avatars numériques de Bella Hadid pour Mugler, ou encore des égéries comme Kendall Jenner et Model Roz, figures réelles mais ultra-connectées, véritables marques à elles seules.
Nous avons également eu la chance de recevoir en intervention un professionnel créateur de mannequins IA pour des campagnes publicitaires. Sa vision est claire : le luxe restera attaché à ses égéries humaines, tandis que la fast fashion adoptera massivement les mannequins IA, pour des raisons de coût, de réactivité et de performance.
4 leviers de transformation du mannequinat à l’ère digitale
L’un des grands apports de cette transformation est qu’elle génère quatre gains majeurs pour les marques comme pour les mannequins : temps, argent, intelligence, marketing.
Gain de temps : castings en ligne et avatars à distance
Hier, les mannequins devaient se rendre physiquement aux castings, book sous le bras ou envoyé par CD. Aujourd’hui, les plateformes comme Models.com ou Casting Networks permettent une présélection en ligne rapide et efficace. Les agences scrutent aussi Instagram ou TikTok pour repérer les nouveaux talents. Mieux encore : certains shootings se font désormais en réalité virtuelle, via des avatars numériques créés sur mesure, réduisant ainsi les besoins logistiques et les déplacements.
Gain d’argent : vers un business model dématérialisé
Cette digitalisation permet aux marques de rationaliser les coûts. Fini les billets d’avion pour shooter une campagne à l’autre bout du monde. Grâce aux mannequins virtuels ou aux talents capables de shooter à distance, les marques gagnent en flexibilité. Par ailleurs, de nouvelles sources de revenus émergent pour les mannequins : monétisation directe via les réseaux sociaux, NFT de leur image, ou participation à des événements digitaux comme la “Metaverse Fashion Week”.
Gain d’intelligence : data, IA et nouveaux outils métiers
La technologie permet également une optimisation du matching entre les marques et les mannequins. Grâce aux bases de données enrichies par l’IA, les agences peuvent désormais identifier instantanément les profils correspondant à un brief précis.
Côté mannequin, l’analyse des performances sociales (engagement, taux de clics, portée des publications) devient un atout pour valoriser son profil et cibler les collaborations les plus stratégiques.
De plus, de nouveaux acteurs redéfinissent l’écosystème : des plateformes indépendantes comme Folio ou The Claw Models permettent aux mannequins de gérer eux-mêmes leur carrière, réduisant la dépendance aux agences traditionnelles.
Gain marketing : branding personnel et UX immersive
Aujourd’hui, être mannequin ne se limite plus à défiler : c’est aussi savoir gérer son image, fédérer une communauté, et s’inscrire dans un storytelling cohérent. C’est ce qu’on appelle le “personal branding”, et certaines figures y excellent.
- Kendall Jenner, avec ses 300 millions d’abonnés, incarne l’égérie 2.0 par excellence.
- Iskra Lawrence, militante pour la diversité corporelle, a su créer une communauté engagée.
- Model Roz, mannequin saoudienne installée aux États-Unis, est devenue la mannequin arabe la plus suivie sur Instagram.
Par ailleurs, les marques explorent des formats immersifs et interactifs pour offrir une expérience utilisateur enrichie : essayages en réalité augmentée sur Snapchat, défilés immersifs en 3D, ou création d’avatars personnalisés pour représenter le client dans le parcours d’achat.
L’avenir est-il virtuel ?
Si la transformation digitale a permis une forme de démocratisation du mannequinat, elle soulève aussi des questions : où est l’authenticité ? Quel impact sur la diversité corporelle réelle ? Les mannequins IA sont-ils une menace ou un complément aux mannequins humains ?
L’intervenant de notre masterclass l’a souligné : le mannequinat ne disparaîtra pas, il se transforme. Le virtuel ne remplace pas, il enrichit. Et même si les marques de luxe privilégient encore les figures humaines fortes, la tendance du digital model semble inévitable pour le “mass market ».
Un visage humain dans un monde digital
Le mannequinat est à l’image du marketing digital : en constante évolution. L’intelligence artificielle, le métavers et les réseaux sociaux ne sont pas des gadgets, mais des leviers puissants d’innovation pour un secteur historiquement basé sur l’image. Dans cette nouvelle ère, il ne s’agit plus seulement d’être photogénique. Il faut être stratégique, connecté, et, parfois, augmenté.
Jessica
EL MAALLEM
PT-4 FRIENDL-E